Justice pour Nasu, expulsé de force
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Nasu Abdulaziz a vu sa vie basculer le 9 novembre 2016: ce jour-là, les autorités tentent d’expulser de force, sans préavis, les habitants du bidonville d’Otodo Gbame, une communauté installée depuis plus d’un siècle dans la mégalopole de Lagos.
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Des bulldozers débarquent au milieu de la nuit, détruisant des centaines de maisons. Certains habitants fuient le quartier, d’autres se retrouvent sans abri, emménagent chez leurs voisins ou érigent des abris de fortune. En dépit d’un arrêté de la Haute Cour de l’État de Lagos affirmant que ces démolitions constituent «un traitement cruel, inhumain et dégradant», la communauté d’Otodo Gbame a de nouveau été envahie le 17 mars 2017. Le 8 avril, veille de l’expulsion finale, des voyous attaquent Otodo Gbame et tirent sur Nasu Abdulaziz, alors âgé de 22 ans.
Au final, plus de 30000 personnes ont vu leur maison, leur commerce détruits et quinze personnes ont été portées disparues. Au moins deux hommes ont été touchés par balle dont Daniel Aya, 20 ans, décédé des suites de ses blessures. Selon les résidents, neuf autres personnes seraient mortes noyées en fuyant les coups de feu.
«J’ai vécu toute cette expérience comme si c’était une guerre»
Des milliers de familles restent à ce jour sans abri, séparées et privées de leur moyen de subsistance. Nasu, lui, veut garder espoir.
Il prépare un documentaire pour dénoncer les expulsions forcées et lutte aux côtés de la Nigerian Slum / Informal Settlement Federation pour faire respecter son droit à un logement décent.
Monsieur le Gouverneur,
Nasu Abdulaziz et les habitants de son quartier ont été expulsés de force entre novembre 2016 et avril 2017. Les autorités ont envoyé des bulldozers, mis le feu à leurs habitations et tirées à balles réelles sur les résidents. Au total, 30 000 personnes se sont retrouvées sans abri et 15 autres portées disparues. Des milliers de familles continuent d’être séparées et restent privées de moyen de subsistance. Nasu a lui aussi perdu sa maison et il a reçu une balle dans le bras. Il a rejoint la Nigerian Slum/Informal Settlement Federation, un mouvement regroupant des personnes déterminées à lutter pour faire respecter leur droit à un logement décent.
Monsieur le Gouverneur, nous vous demandons de :
• mener une enquête sur l’expulsion forcée de Nasu et des autres habitants de son quartier et veiller à ce que ces personnes soient réinstallées et obtiennent pleinement réparation ;
• arrêter les expulsions forcées dans l’État de Lagos.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Gouverneur, l’expression de ma très haute considération.
