Justice pour une jeunesse meurtrie en Guinée
Jusqu'au 30.08.2025
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Depuis 2019, des centaines de guinéen·ne·s sont victimes de violences policières lors de manifestations. Des vies ont été brisées, des familles dévastées, et des jeunes marqués à vie par de graves traumatismes. Agissez maintenant pour que les victimes obtiennent justice et des soins appropriés.
Quel est le problème ?
Au cours de manifestations en Guinée, les forces de l’ordre ont souvent répondu par une violence illégale, causant de nombreux morts et des blessés graves parmi les manifestant·e·s et les passant·e·s.
Parmi les personnes blessées lors de ces manifestations, se trouvent une majorité de jeunes dont les vies sont à jamais bouleversées et qui cherchent désespérément à se remettre des séquelles de leurs blessures.
Certains ont fini par perdre la vie n’ayant pas eu accès à des soins de santé adéquats ou faute de moyens financiers pour se soigner.
Amadou, 25 ans, ancien chauffeur, utilise des béquilles depuis qu’il a été blessé par balle en 2022. Lorsqu’il s’est rendu à l’hôpital, les médecins ont refusé de le soigner sans paiement préalable. Depuis, il lutte chaque semaine pour obtenir des soins médicaux adéquats avec le peu de moyens que lui et sa famille parviennent à réunir.
Boubacar, 27 ans, a perdu un œil après avoir été touché par balle par des personnes qu’il a identifiées comme étant des gendarmes. Il a subi plusieurs opérations et endure des douleurs chroniques. Il doit se rendre à l’hôpital quatre fois par semaine pour des traitements.
Thierno, 20 ans, a dû se faire amputer de la jambe après avoir été blessé par balle. En 2020, alors qu’il n’avait pas encore 18 ans, il raccompagnait un ami chez lui lorsque des hommes en uniforme ont ouvert le feu sur eux. Faute de soins prodigués à temps, des infections graves ont forcé les médecins à l’amputer.
Aicha, adolescente, a été touchée par une balle perdue alors qu’elle était chez elle. Elle aidait sa tante à préparer le repas quand une balle a traversé le toit pour venir se loger au niveau de la fesse. Elle a dû attendre toute la nuit avant de pouvoir recevoir des soins.
Elhadj, 20 ans, a perdu un œil à cause d’une cartouche de gaz lacrymogène. Il jouait au football avec ses amis dans son quartier quand les forces de l’ordre sont arrivées. Il a dû arrêter ses études et ses soins par manque de moyens financiers.
Alpha, 26 ans, a été blessé par des tirs de gaz lacrymogène et par balle. Il souffre de crises fréquentes et nécessite des soins constants.
Amadou, 18 ans, a perdu un pied du fait de blessures par balle et de soins reçus tardivement. Il avait 16 ans lorsqu’il a été blessé par balle. Les médecins ont refusé de le soigner avant l’arrivée de ses parents. Sa vie et ses rêves ont été brisés.
Ces jeunes ne représentent qu’une fraction des personnes blessées à vie dans le cadre des manifestations. Il est urgent que les autorités guinéennes fournissent un accès gratuit et sans condition à des soins médicaux adéquats pour les victimes de violations des droits humains commises par les forces de sécurité.
Les victimes et leurs familles méritent justice, réparation et une indemnisation juste.
Ce que vous pouvez faire
Rejoignez-nous pour exiger des mesures concrètes afin de protéger le droit de manifester pacifiquement en Guinée et de garantir la justice et l’accès aux soins pour les victimes de violences policières. Signez la pétition pour que les victimes comme Amadou, Boubacar, Thierno, Aicha, Elhadj et Alpha obtiennent des soins adéquats, réparation et pour prévenir de futures violations des droits humains en Guinée.
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous écrire pour exprimer ma profonde préoccupation concernant la répression des manifestations en Guinée, le traitement des personnes gravement blessées et leurs besoins en termes d’accès aux soins médicaux d’urgence et de plus long terme, et l’impunité des personnes responsables d’usage excessif ou autrement illégal de la force sous les régimes d’Alpha Condé puis du Comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) arrivé au pouvoir en septembre 2021. Amnesty International a collecté des informations et des preuves montrant que depuis 2019, au moins 110 personnes ont été tuées et des centaines d’autres grièvement blessées. Dans ce contexte, nous vous appelons instamment à :
– Garantir les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ;
– Amender la loi du 25 juin 2019 relative à l’usage des armes par la gendarmerie, afin d’indiquer clairement dans chaque article que les armes à feu ne peuvent être utilisées qu’en cas de menace imminente de mort ou de blessure grave, et si les autres moyens se sont avérés inefficaces ou ne peuvent aboutir à faire cesser la menace ;
– Garantir la lutte contre l’impunité des violations des droits humains, y compris l’usage illégal de la force lors des manifestations, et l’accès à la justice et la réparation adéquate pour les victimes et leurs familles ;
– Mettre en place des protocoles pour l’évacuation et la prise en charge médicale rapide des personnes blessées lors de manifestations et former les forces de défense et de sécurité en conséquence ;
– Garantir la disponibilité de matériels adéquats dans les structures de santé pour les soins de personnes grièvement blessées durant les manifestations et garantir le non-conditionnement des soins au paiement des frais médicaux ;
– Garantir un procès équitable devant des tribunaux compétents, indépendants et impartiaux des personnes accusées d’usage illégal de la force ;
– Interdire le déploiement d’éléments des forces de défense et de sécurité cagoulés, et de véhicules banalisés lors des manifestations ;
– Augmenter la part du budget de l’État à la santé pour atteindre 15% conformément aux engagements de la déclaration d’Abuja ;
– Accepter sans plus tarder la demande de visite du Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association ;
– Adresser une invitation aux procédures spéciales suivantes à se rendre dans le pays : le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire ; le Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression.
En vous remerciant par avance pour le temps et l’attention que vous aurez bien voulu accorder à la présente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma plus haute considération.
Téléchargez la version imprimable et faites-la signer autour de vous.
