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Mohammad Mahdi Karami, 22 ans, parle dans une salle d'audience avant d'être exécuté par pendaison, à Téhéran, en Iran, le 20 décembre 2022 / image obtenue à partir d'une vidéo de WANA (West Asia News Agency) / via Reuters

Mohammad Mahdi Karami, 22 ans, parle dans une salle d'audience avant d'être exécuté par pendaison, à Téhéran, en Iran, le 20 décembre 2022 / image obtenue à partir d'une vidéo de WANA (West Asia News Agency) / via Reuters

Peine de mort et torture

Iran : la peine de mort pour étouffer le soulèvement  

Vendredi 19 mai au matin, Majid Kazemi, Saleh Mirhashemi et Saeed Yaghoubi ont été exécutés, en lien avec le soulèvement déclenché par la mort de Mahsa (Zhina) Amini. Avant eux, au moins quatre manifestants avaient déjà été exécutés. Plusieurs personnes risquent de subir le même sort. Les autorités iraniennes utilisent la peine de mort pour instiller la peur et faire taire les voix dissidentes.

Les exécutions en lien avec le soulèvement ont démarré le 8 décembre 2022. Mohsen Shekari est le premier manifestant à avoir été exécuté. Cinq jours plus tard, Majidreza Rahnavard a été exécuté sur une place publique à Machhad. Début janvier, Mohammad Mahdi Karami, 22 ans et Seyed Mohammad Hosseini, 39 ans ont été exécutés. L’horreur s'est poursuivie le 19 mai, avec l'exécutions de trois Iraniens, Majid Kazemi, 30 ans, Saleh Mirhashemi, 36 ans, et Saeed Yaghoubi, 37 ans, pour leur lien avec le soulèvement. Tous ont été condamnés suite à des procès iniques et expéditifs.

Saper le soulèvement : voici l’objectif des autorités iraniennes en condamnant à mort des manifestants.

« Ce sont des jeunes qui sont tués, c’est effrayant. »

La peine de mort est l’arme de plus utilisée par les autorités iraniennes dans sa répression sanglante. Depuis le début du soulèvement, déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini le 16 septembre, on compte plus de 300 morts dans le pays, dont 41 enfants, et des milliers d’arrestations. Mais le bilan humain pourrait être bien plus élevé.

Aussi, pour instiller la peur auprès de la population, les autorités ont accéléré les procédures de condamnations à mort afin d’exécuter plus rapidement. 

L’État iranien est engagé dans une politique de terreur que l’on retrouve dans la rue et dans les tribunaux.

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International  

Les autorités iraniennes se servent de la peine de mort comme d’un outil de répression politique dans le but de mettre fin au soulèvement populaire et d’instiller la peur parmi la population qui ose encore descendre dans la rue pour demander, simplement, plus de libertés.

Les Iraniens qui se trouvent aujourd’hui dans le couloir de la mort sont pour la plupart âgés de moins de 30 ans : « Ce sont des jeunes qui sont tués, ce sont des enfants. C’est effrayant. C’est tout une génération que l’Etat est en train de détruire » a réagi Agnès Callamard, notre secrétaire générale. La société civile et les Etats doivent faire ce qui est dans leur pouvoir pour se tenir aux côtés de ces manifestants et pour exercer une forte pression sur les autorités iraniennes afin de faire cesser les exécutions et d’annuler les peines de mort.

La peine de mort en Iran  

Recourir à la peine de mort n’est pas nouveau dans le pays des Mollahs. L’Iran est le deuxième pays qui la pratique le plus, après la Chine. En 2022, l'Iran a mené au moins 576 exécutions.

Lire aussi : 2022, nouvelle année record pour les exécutions

Depuis 1977, notre organisation se bat pour l’abolition universelle de la peine de mort.

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Dossier : Le droit de manifester en péril dans le monde

Ne les abandonnons pas

« Il faut envoyer un message très clair aux dirigeants iraniens et aux acteurs iraniens qui tuent. Le moment viendra où ils devront rendre des comptes. », a déclaré Agnès Callamard, notre secrétaire générale. Plus d'un million de personnes ont signé notre pétition adressée aux États membres du Conseil des droits de l'homme de l’ONU pour demander l’ouverture d'un mécanisme indépendant d’enquête sur les crimes commis en Iran.

Résultat : le 24 novembre 2022, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a créé une mission chargée d’enquêter sur les violations des droits humains liées aux manifestations en Iran. Une décision forte qui doit ouvrir la voie à de futures poursuites