Ukraine

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Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Ukraine en 2025.

La Russie a poursuivi ses attaques aveugles contre des zones densément peuplées. Elle a visé des infrastructures civiles vitales et s’en est apparemment prise de façon délibérée à des civil·e·s. Dans les territoires occupés par la Russie, où la répression frappait toujours durement les personnes revendiquant une identité autre que russe, les prisonniers·ères de guerre et les détenu·e·s civils ukrainiens faisaient l’objet d’actes de torture, de disparitions forcées et de détentions au secret. Des journalistes d’investigation ont signalé avoir été la cible de campagnes de dénigrement. Les autorités ont restreint le droit à la liberté de religion. Les objecteurs de conscience n’avaient pas le droit d’effectuer un service de substitution et certains ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Les procès pour collaboration suscitaient une certaine inquiétude concernant le respect des principes d’équité.

Contexte

La Russie a poursuivi sa politique des gains territoriaux, tout en renforçant l’intensité et l’ampleur de ses frappes en profondeur partout en Ukraine. Cette guerre d’usure a eu des conséquences considérables dans les deux camps. L’Ukraine a élaboré, produit et déployé des tactiques et des logiciels militaires innovants, cherchant à réduire sa très forte dépendance aux armes et aux munitions fournies par des pays étrangers. Ses négociateurs et négociatrices n’ont pas cédé aux pressions des États-Unis, qui les exhortaient à faire des concessions, notamment territoriales, dans le cadre d’un accord de paix avec la Russie.

Le nombre de victimes civiles restait élevé : 14 999 personnes ont été tuées et 40 601 blessées entre le 24 février 2022 et septembre 2025. Juin et juillet 2025 ont été les mois les plus meurtriers pour la population civile ukrainienne depuis avril 2022.

L’économie restait fragile et très dépendante de l’aide étrangère, notamment de l’aide financière. Les tentatives des autorités d’adopter de nouvelles lois affaiblissant les institutions de lutte contre la corruption se sont heurtées à la contestation populaire. Alors que le pays était confronté à une vague croissante de graves pénuries d’électricité, le Bureau national de lutte contre la corruption d’Ukraine et un service spécialisé du parquet auraient découvert un système de pots-de-vin dans le secteur de l’énergie. Un certain nombre d’arrestations et de démissions de personnes haut placées ont été annoncées. L’adhésion à l’UE restait une priorité, tandis que l’intégration du pays dans l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) paraissait de plus en plus incertaine.

Violations du droit international humanitaire

Attaques illégales

Les attaques aériennes de plus en plus intenses menées par la Russie sur le territoire ukrainien ont souvent frappé de manière aveugle des zones densément peuplées ou visé délibérément des infrastructures civiles vitales et des civil·e·s. Ces actes constituaient, de fait, des crimes de guerre. Mise en place par l’ONU, la Commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine a estimé que les attaques de drones russes visant des civil·e·s dans la région de Kherson étaient constitutives du crime contre l’humanité de meurtre et de crimes de guerre.

En décembre, selon la Mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine [ONU], 67 % des victimes civiles avaient été recensées près de la ligne de front, dont près de 30 % avaient été touchées par des attaques de drones à pilotage immersif (FPV). Avec l’arrivée du froid, la Russie s’en est prise presque quotidiennement aux infrastructures énergétiques. En novembre, on estimait, selon des chiffres officiels, que la production d’électricité n’atteignait même pas la moitié de ce qu’elle était avant février 2022. Des millions de personnes ont subi des coupures de chauffage et d’électricité. Le courant n’était certains jours rétabli que pendant trois heures, alors que la température baissait rapidement. L’Ukraine a riposté à partir de septembre par des attaques contre des infrastructures énergétiques situées en Russie, qui ont entraîné localement des coupures temporaires.

Selon les Nations unies, 472 civil·e·s ont été tués et 1 188 autres blessés par des mines ou d’autres engins explosifs entre février 2022 et décembre 2025.

Exécutions extrajudiciaires

Selon des informations parues dans la presse, à la date du 10 décembre, le parquet général avait recensé depuis le début du conflit à grande échelle 322 cas d’exécution par les forces russes de prisonniers·ères de guerre ukrainiens. Vladyslav Nahornyi a été capturé en août près de Pokrovsk, une ville de la région de Donetsk. Il a raconté à la presse ukrainienne qu’il faisait partie d’un groupe de huit prisonniers de guerre et qu’ils avaient tous été torturés par des militaires russes, qui auraient finalement tué ses sept compagnons. La gorge tranchée, Vladyslav Nahornyi a survécu et a réussi à rejoindre en rampant les positions ukrainiennes.

Torture et autres mauvais traitements

La Russie a, comme les années précédentes, refusé d’autoriser des observatrices et observateurs internationaux à rencontrer les prisonniers·ères de guerre détenus dans les zones occupées d’Ukraine et ailleurs, qui étaient systématiquement soumis à des disparitions forcées et placés en détention au secret (voir Russie). Des prisonniers·ères libérés dans le cadre d’échanges ont témoigné de l’usage généralisé de la torture et d’autres mauvais traitements (privation de soins, malnutrition, etc.) et de la fréquence des décès. Amnesty International a pu interroger un homme qui avait passé 33 mois en captivité aux mains des Russes, plusieurs semaines après sa libération en janvier. Il ne pesait plus que 40 kilos. Un autre ex-prisonnier âgé de 46 ans est mort en novembre en raison de son état de santé, six mois après sa libération.

Des prisonniers de guerre russes détenus par l’Ukraine dans deux camps distincts et qui ont pu recevoir la visite d’une délégation d’Amnesty International en avril et en septembre ont décrit des mauvais traitements subis au moment de leur capture. Certains ont également exprimé des doléances mineures concernant la manière dont ils étaient traités en détention, déplorant par exemple le peu de choix de denrées alimentaires dans les magasins des camps. Des captifs non russes ont fait état d’injures racistes de la part de codétenus et de surveillants.

Liberté d’expression

L’Ukraine continuait de déroger à ses obligations au titre de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui concernait la liberté d’expression.

Des journalistes d’investigation se sont plaints d’avoir fait l’objet de campagnes de diffamation et de procédures-bâillons de la part de responsables des pouvoirs publics et d’hommes ou de femmes d’affaires que leurs enquêtes dérangeaient. Ainsi, pour avoir réalisé un reportage sur un projet de parc éolien contesté, la journaliste écologiste Olena Moudra a été visée dans la presse en ligne par une série d’articles calomnieux illustrés d’images trafiquées.

Le militant anticorruption Vitaliy Chabounine a fait l’objet d’une information judiciaire pour fraude. Beaucoup considéraient cette action comme un acte de représailles, car Vitaliy Chabounine avait souvent critiqué les pratiques du ministère de la Défense et de la Présidence en matière d’achats d’armements.

Liberté de réunion pacifique

Des manifestations spontanées ont éclaté en juillet, notamment à Kiev, pour dénoncer un texte de loi affaiblissant d’importantes institutions chargées de lutter contre la corruption. Malgré les restrictions imposées par la loi martiale et la menace des frappes aériennes russes sur les rassemblements en extérieur, des centaines de manifestant·e·s sont descendus dans la rue pendant 10 jours, jusqu’à ce que les autorités leur donnent satisfaction.

Liberté de religion et de conviction

De nouvelles mesures ont été prises pour dissoudre l’Église orthodoxe ukrainienne. Le Service d’État pour l’ethnopolitique et la liberté de conscience lui a demandé de « couper tous liens » avec l’Église orthodoxe russe. L’Église orthodoxe ukrainienne a refusé, affirmant l’avoir déjà fait. Une action en justice concernant son diocèse de Kiev a été engagée en septembre, mais aucune décision n’avait encore été rendue à la fin de l’année. En octobre, plusieurs expert·e·s de l’ONU ont critiqué les dispositions sur lesquelles s’appuyaient ces mesures, estimant qu’elles manquaient de sécurité juridique et assimilaient à tort l’appartenance religieuse à une menace pour la sécurité nationale. Les expert·e·s ont également exprimé leurs craintes d’une « persécution » de l’Église orthodoxe ukrainienne, qualifiant de « sanction collective » les poursuites engagées contre des membres du clergé, un journaliste et une avocate, et appelant l’Ukraine à renoncer à de telles actions en justice et à revoir un certain nombre de lois répressives.

Droits des objecteurs de conscience

Le 1er mai, la Cour Suprême a estimé que les citoyens ne pouvaient pas refuser en temps de guerre d’effectuer leur service militaire pour des raisons de convictions religieuses et que le service de substitution n’était une option qu’en temps de paix. La Cour a toutefois précisé que les convictions des objecteurs de conscience devaient néanmoins être « prises en considération », afin de leur permettre de remplir leurs devoirs de conscrits « sans avoir à porter d’armes ni en utiliser ». Cet arrêt a confirmé la condamnation du requérant, qui était témoin de Jéhovah, mais a réduit sa peine de trois années de privation de liberté à un an de mise à l’épreuve.

Droits des personnes âgées

Les personnes âgées souffraient toujours de façon disproportionnée de l’agression russe. Elles constituaient une part particulièrement importante des victimes dans les zones proches du front, où elles étaient nombreuses à avoir choisi de rester, car elles craignaient de rencontrer des problèmes de logement, de ne pas pouvoir accéder à certains services et de se retrouver isolées si elles partaient. Une frappe aérienne russe menée le 9 septembre sur le village de Iarova (région de Donetsk) a fait 25 morts et 19 blessés, essentiellement parmi des retraité·e·s qui faisaient la queue devant un véhicule de la poste.

Plus de la moitié des personnes hébergées dans des foyers temporaires (qui accueillaient environ 2 % des déplacé·e·s) étaient âgées de plus de 60 ans. Selon le HCR, en janvier, 70 % des foyers d’accueil ne disposaient pas d’installations sanitaires accessibles à toutes et à tous et 65 % d’entre eux n’étaient pas équipés d’un abri antiaérien permettant d’accueillir les personnes à mobilité réduite.

Les pensions de base versées aux personnes ayant atteint l’âge de la retraite étaient inférieures au revenu minimum mensuel de subsistance, fixé à 7 461 hryvnias ukrainiens (178 dollars des États-Unis), et 62 % des retraité·e·s touchaient moins de 5 000 hryvnias (119 dollars) par mois.

Droits des enfants

Selon l’ONU, entre mars et mai, le nombre d’enfants tués dans des frappes russes a augmenté de plus de 200 % par rapport au trimestre précédent.

Des mineur·e·s auraient été clandestinement recrutés en ligne pour mener des attentats contre des objectifs militaires, des actes de sabotage ou des activités de renseignement. Au moins deux jeunes garçons seraient morts et un troisième aurait été blessé en accomplissant ce genre de mission. L’ONU a en outre recensé 103 mineur·e·s en détention en mai (91 garçons et 12 filles). Quarante-deux mineur·e·s ont été déclarés coupables d’actes relevant du terrorisme, de l’espionnage ou du sabotage. Sept au moins ont été emprisonnés.

Torture et autres mauvais traitements

Les agents des centres territoriaux de recrutement ont continué d’arrêter des hommes dans l’espace public pour les incorporer dans l’armée. Des vidéos montrant ces agents en train de commettre des violences ont circulé et des cas d’atteintes aux personnes, notamment à leur intégrité physique, ayant parfois entraîné la mort de la victime, ont été signalés.

Roman Sopine a été arrêté à Kiev le 18 octobre et conduit au centre de recrutement local. Hospitalisé le lendemain pour une grave lésion à la tête, il est mort le 23 octobre. Le centre de recrutement a déclaré qu’il avait fait une chute. La police a attendu six jours pour ouvrir une enquête, sous la pression de l’opinion publique. À la fin de l’année, cette enquête n’avait semble-t-il pas encore abouti.

Procès inéquitables

Des centaines de personnes reconnues coupables de « collaboration » ont été condamnées, certaines à des peines d’emprisonnement. Selon le HCDH, plusieurs dizaines d’entre elles ont été condamnées pour des actes susceptibles d’avoir été « légalement imposés par l’occupant ». Les observateurs et observatrices des droits humains ont souligné le manque de cohérence de ces procédures et le fait que des charges formulées en termes vagues étaient parfois retenues à tort contre des personnes ayant assuré des services essentiels ou ayant simplement tenté de survivre en territoire occupé.

Viktoria Krykounova a été condamnée le 8 octobre à cinq ans d’emprisonnement pour avoir brièvement travaillé en 2022 pour une caisse de retraite contrôlée par la Russie, alors qu’elle avait déclaré avoir agi ainsi pour financer la réinstallation de sa famille en zone sous autorité ukrainienne.

Droits des personnes LGBTI

Dans le cadre de son programme d’adhésion à l’UE, approuvé en mai, l’Ukraine s’est engagée à adopter un projet de loi de 2023 sur les unions civiles (y compris entre personnes de même sexe), mais elle ne l’avait toujours pas fait à la fin de l’année. Dans une décision sans précédent, un tribunal de Kiev a reconnu en juin qu’un couple de personnes de même sexe constituait « une famille de fait » aux termes du droit ukrainien.

Kiev a accueilli le 14 juin une marche des fiertés qui a réuni plus de 1 500 personnes. En raison de la loi martiale, le nombre de participant·e·s était limité et l’inscription préalable était obligatoire.

Une enquête parue en juin indiquait que plus de 50 % de la population était favorable à l’union de personnes de même sexe et que plus de 70 % se prononçait en faveur de l’égalité des droits des personnes LGBTI, ce qui traduisait une nette évolution des mentalités.

Droit à un environnement sain

Les émissions liées au conflit depuis le début de l’invasion à grande échelle auraient atteint en février l’équivalent de 230 tonnes métriques de CO2. La guerre d’agression menée par la Russie continuait d’avoir des conséquences environnementales majeures et risquait d’entraîner des catastrophes écologiques. Les autorités ukrainiennes ont annoncé le 14 février qu’un drone russe avait frappé pendant la nuit l’arche de protection du réacteur endommagé de Tchornobyl, augmentant le risque de fuite de matières radioactives.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a déploré en septembre les menaces qui pesaient sur les sept grands principes de la sécurité nucléaire sur le site de la centrale de Zaporijjia, occupée par la Russie.

Selon des informations parues dans la presse, des drones russes auraient détruit le 8 novembre la première centrale ukrainienne fonctionnant à la biomasse, l’un des symboles de la politique énergétique verte de l’Ukraine.

Territoires occupés par la Russie (gouvernement russe)

Liberté d’expression

La liberté d’expression restait extrêmement limitée, des restrictions pesant notamment sur l’accès à la presse indépendante et sur la circulation de l’information. La législation et la politique appliquées par la Russie prévoyaient de graves sanctions, y compris des peines d’emprisonnement, pour celles et ceux qui tentaient d’exercer leurs droits dans ce domaine (voir Russie).

Déchéance arbitraire de la nationalité

La Russie a adopté en mars une loi obligeant les ressortissant·e·s ukrainiens ne bénéficiant pas officiellement du droit de résider dans la Fédération de Russie à partir ou à « régulariser leur situation juridique » avant le 10 septembre, sous peine de faire l’objet d’une obligation de quitter le territoire. Pour régulariser leur situation et éviter une expulsion, les résident·e·s des territoires occupés devaient obtenir un passeport russe ou un permis de séjour en tant que « citoyen·ne·s étrangers ».

Droits des personnes déplacées

La Russie a confirmé sa volonté de faire aboutir un projet de loi visant à priver les habitant·e·s des territoires qu’elle avait annexés illégalement en 2022 de leurs propriétés et d’autres droits s’ils refusaient d’adopter la nationalité russe. Ce projet constituait une violation manifeste du droit de la guerre. L’État russe a actualisé en mars sa loi interdisant aux citoyennes et citoyens d’Ukraine et d’autres « pays hostiles » d’enregistrer leurs droits de propriété de biens immobiliers situés dans ces territoires jusqu’en 2028. Une nouvelle loi passée en juillet a invalidé les documents ukrainiens attestant de droits de propriété dans ces territoires, à l’exception des documents certifiés officiellement (pour les documents postérieurs à septembre 2022) ou bénéficiant d’une exemption. Une loi adoptée en décembre a autorisé la saisie et la redistribution des biens immobiliers dits « sans propriétaire ». Cette mesure visait expressément les personnes déplacées des territoires ukrainiens occupés.

Détention arbitraire et disparitions forcées

Des civil·e·s ukrainiens étaient régulièrement victimes, entre autres, d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, de détention au secret prolongée, de disparition forcée et d’autres traitements inhumains. Ces violations des droits humains restaient courantes aussi bien dans les territoires occupés qu’en Russie (pour les personnes transférées).

La Commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine a indiqué en mars que les autorités russes s’étaient livrées à des disparitions forcées et à des actes de torture constitutifs de crimes contre l’humanité « dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile et en application d’une politique concertée de l’État ».

Les services du défenseur des droits ukrainien ont déclaré en mai qu’ils avaient recensé près de 16 000 cas de détention arbitraire imputables aux autorités russes d’occupation depuis 2014, et que plus de 1 800 personnes étaient détenues en Russie au moment de cette annonce.

Torture et autres mauvais traitements

Selon un rapport du HCDH paru en septembre, sur 216 détenu·e·s civils libérés et interrogés entre juin 2023 et septembre 2025, plus de 92 % ont décrit en détail et de façon crédible des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements dont ils auraient été victimes en captivité. Toujours selon ce rapport, 38 civil·e·s sont morts en détention des suites d’actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements, en raison des conditions déplorables de détention ou parce qu’ils s’étaient vu refuser les soins que leur état exigeait.

Droit à l’éducation

Les autorités d’occupation ont, comme les années précédentes, restreint ou supprimé les enseignements dans une langue autre que le russe dans le cadre de l’application des programmes russes imposés dans l’ensemble des territoires occupés. Les enfants étaient ainsi soumis à un véritable endoctrinement et ne pouvaient pas bénéficier d’un enseignement de qualité. Les cours en langues ukrainienne ou tatare de Crimée étaient de moins en moins nombreux en raison d’obstacles systémiques et des pressions dissuasives subies par les familles. Au début de l’année scolaire, en septembre, toutes les matières impliquant l’étude ou la pratique de « la langue maternelle (l’ukrainien) » ont disparu des programmes des établissements scolaires russes. L’ukrainien ne pouvait plus être étudié que comme une activité extrascolaire.

Droit à l’eau

Donetsk, Marioupol, Makiivka et plusieurs autres villes occupées ont été confrontées à une aggravation de la crise de l’eau. Les infrastructures hydrauliques d’avant-guerre qui traversaient la ligne de front, comme le canal Siverskyi Donets-Donbass, étaient en ruines, les réservoirs étaient à sec, et les autorités d’occupation n’ont pas mis en place de sources d’approvisionnement de substitution fiables. À la fin de l’année, certaines localités n’étaient semble-t-il approvisionnées en eau via les canalisations que pendant trois ou quatre heures tous les trois jours, et cette eau n’était pas potable. Rares et irrégulières, les livraisons par camion et diverses autres solutions de fortune donnaient lieu à de longues files d’attente et à des violences. Des observateurs et observatrices ont qualifié la situation d’urgence humanitaire.

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