Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Suède en 2025.
La répression de militant·e·s pour le climat ayant mené des actions de désobéissance civile continuait d’être source d’inquiétude. La législation nationale ne protégeait toujours pas suffisamment les droits des personnes autochtones. L’utilisation dans le système de protection sociale d’un modèle de détermination des risques qui s’est avéré discriminatoire a été abandonnée. Le gouvernement a proposé des réformes qui fragiliseraient les droits des personnes migrantes et réfugiées dans divers domaines.
Liberté de réunion pacifique
En juillet, la Cour suprême a relaxé 11 militant·e·s pour le climat accusés de sabotage après avoir bloqué une route, en concluant que cette action n’avait pas atteint le niveau de perturbation sociale requis pour les déclarer coupables. Au cours de l’année, cependant, d’autres personnes ont été arrêtées et poursuivies pour des actes de désobéissance civile. En septembre, six militantes de Greenpeace déclarées coupables d’intrusion pour avoir protesté contre l’agrandissement d’une raffinerie de pétrole en 2020 ont formé un recours contre la Suède devant la Cour européenne des droits de l’homme pour faire reconnaître que leur droit à la liberté d’expression avait été violé.
Droits des peuples autochtones
Il n’existait toujours pas de dispositions législatives exigeant l’obtention du consentement préalable, libre et éclairé des institutions sâmes avant de lancer des projets d’utilisation des terres qui pourraient avoir un impact significatif sur les droits de ce peuple. En octobre, le bureau du médiateur pour l’égalité a critiqué le non-respect par la Suède des droits des Sâmes.
Le règlement européen sur les matières premières critiques a permis une intensification de l’exploitation minière des terres ancestrales des Sâmes, qui menaçait encore davantage leurs droits.
Discrimination
En novembre, l’Autorité pour la protection de la vie privée a annoncé que l’Agence d’assurance sociale n’utilisait plus l’outil d’intelligence artificielle dont elle se servait auparavant pour établir le profil de risque des demandeurs et demandeuses dans le système automatisé de protection sociale de l’État. Les algorithmes intrusifs avaient en effet fait subir des discriminations à des personnes sur la base de leur genre, de leur « origine étrangère », de leurs revenus et de leur niveau d’éducation.
Droits des personnes réfugiées ou migrantes
Le gouvernement a continué de proposer des modifications des lois relatives à l’asile et à l’immigration qui seraient préjudiciables pour les personnes concernées. On s’inquiétait notamment d’un possible changement des règles concernant la résidence permanente, le regroupement familial, les retours, l’accès aux prestations sociales, la citoyenneté et l’aide juridictionnelle dans le cadre des procédures d’asile.
En avril, une commission d’enquête mise sur pied par le gouvernement a proposé d’intégrer une obligation de « bonne conduite » définie en termes vagues dans la Loi relative aux étrangers. Une telle disposition entraînerait le risque que des permis de séjour soient refusés ou annulés en raison d’un comportement ni illégal ni passible de poursuites pour les citoyen·ne·s suédois. Le bureau du médiateur pour l’égalité s’est opposé à ces propositions, estimant qu’elles comportaient un risque de discrimination.
Droits sexuels et reproductifs
En décembre, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution.
Droit à un environnement sain
Selon les données publiées en mars par le Conseil de la politique climatique suédois, les politiques existantes étaient insuffisantes pour atteindre les objectifs climatiques du pays et les engagements de l’UE pour 2030. Des préoccupations similaires ont été exprimées le même mois par l’Organisation de coopération et de développement économiques.
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