Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Slovénie en 2025.
Une nouvelle loi faisait craindre une censure des médias. Environ 140 000 personnes étaient toujours privées d’accès aux soins de santé primaires en raison de la pénurie de médecins de famille. Les Roms étaient en butte à une discrimination systémique, en particulier en matière de logement et d’éducation. Les couples gays, les personnes transgenres et les hommes célibataires étaient exclus des techniques d’assistance médicale à la procréation. L’accumulation de dossiers en attente au sein des tribunaux retardait le traitement des demandes d’asile. Des subventions ont continué d’être accordées aux combustibles fossiles.
Liberté d’expression
La nouvelle Loi sur les médias, adoptée en septembre, donnait à deux organismes gouvernementaux le pouvoir de déterminer si les contenus publiés pouvaient être interprétés comme des incitations à la violence, des « discours de haine » ou du « terrorisme ». On pouvait craindre que cet examen des contenus ne soit pas impartial, ce qui risquait de donner lieu à une censure des médias. Par ailleurs, le nouveau mécanisme d’aide financière d’État aux médias proposé par cette loi suscitait des inquiétudes quant à un éventuel parti pris politique.
Droit à la santé
Environ 140 000 personnes n’avaient toujours pas de médecin de famille désigné, dont plus de 30 000 adultes qui continuaient de recevoir des soins primaires dans des centres de santé supplémentaires mis en place pour les patient·e·s sans médecin traitant déclaré. En raison d’un grave manque de capacités et d’autres problèmes systémiques, ces centres de santé ne pouvaient pas garantir des soins primaires adéquats à toutes les personnes qui en avaient besoin.
Discrimination
Personnes « effacées »
Plus de 25 000 citoyens et citoyennes de l’ex-Yougoslavie restaient exclus du registre officiel des résident·e·s permanents après en avoir été inconstitutionnellement radiés en 1992, quand la Slovénie était devenue indépendante. Ces personnes n’avaient toujours aucun moyen d’obtenir la résidence permanente, ce qui entraînait des violations persistantes de leur droit à la nationalité, ainsi que l’impossibilité pour elles de participer à la vie politique et de bénéficier de services essentiels. Malgré des décisions de justice en faveur des personnes « effacées », aucune solution juridique effective ne leur a été apportée.
Roms
Les Roms restaient en butte à une discrimination systémique, notamment en matière de logement et d’éducation. La Loi relative aux mesures d’urgence pour assurer la sécurité publique (« Loi Šutar ») a été adoptée en novembre dans le cadre d’une procédure accélérée, deux semaines après un homicide survenu à Novo Mesto, dont l’auteur présumé était rom. Ce texte élargissait les pouvoirs de la police et de la justice, supprimait des garanties procédurales et permettait de déduire les amendes des prestations sociales. Ces mesures étaient susceptibles de toucher les Roms de manière disproportionnée et d’aggraver leur exclusion sociale.
Personnes LGBTI
En juin, les couples de lesbiennes ont officiellement obtenu le droit de bénéficier des techniques d’assistance médicale à la procréation, conformément au droit de toutes les femmes à un traitement non discriminatoire. En revanche, les couples gays, les personnes transgenres et les hommes célibataires en étaient toujours exclus. Le ministère de la Santé a confirmé qu’un traitement médical n’était pas nécessaire pour une reconnaissance du genre à l’état civil, et a officiellement demandé au ministère de l’Intérieur de modifier la Loi sur l’état civil pour tenir compte de ce changement.
Droits des personnes réfugiées ou migrantes
La Loi sur les étrangers a été modifiée en avril pour permettre aux personnes demandeuses d’asile ayant occupé officiellement un emploi ou été couvertes par la sécurité sociale pendant trois des quatre mois précédents de demander un permis combiné de séjour et de travail.
L’accumulation de dossiers en attente dans les tribunaux prolongeait fortement les délais d’attente des décisions finales sur les demandes d’asile.
Malgré des informations faisant état de violences policières et de renvois forcés illégaux de demandeurs et demandeuses d’asile survenus en Croatie, la Slovénie a continué de transférer des personnes vers ce pays en vertu du règlement de Dublin de l’UE, suscitant des craintes quant à la sécurité et la légalité de ces transferts.
Droit à un environnement sain
La Loi sur le climat adoptée en 2025 contraignait juridiquement la Slovénie à atteindre la neutralité climatique et à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais les émissions du secteur du transport routier ont augmenté. Des subventions ont par ailleurs continué d’être accordées aux combustibles fossiles. En conséquence, le coût des émissions de CO2 est resté faible, ce qui ne jouait pas en faveur de la transition vers les énergies renouvelables. La lenteur de la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables dans tous les secteurs était aussi une menace pour la qualité de l’air.
Transferts d’armes irresponsables
Une cargaison de matériel militaire a été envoyée en Israël en août, sept jours seulement après l’interdiction par le gouvernement de l’importation, de l’exportation et du transit d’équipements militaires à destination d’Israël. Des représentant·e·s de la compagnie de fret ont affirmé que l’entreprise n’était pas au courant de cette nouvelle législation, ce qui a suscité de réelles craintes quant à son respect de ses responsabilités en matière de droits humains et à l’application de la loi par la Slovénie.
Droit à la vérité, à la justice et à des réparations
Le poste de défenseur·e des droits est resté vacant à partir de février, et le défenseur des droits adjoint n’était pas autorisé à exercer toutes les fonctions de supervision liées à ce poste.
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