Inde

Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Inde en 2025.

La situation des droits humains s’est nettement détériorée tandis que les autorités ont continué de s’attaquer à toute opposition. Les lois relatives à la sédition et à la lutte contre le terrorisme ont été utilisées pour poursuivre en justice des journalistes, des comédien·ne·s, des universitaires et des étudiant·e·s qui exerçaient leur droit à la liberté d’expression. Les autorités ont ordonné aux réseaux sociaux de bloquer les voix critiques. Des manifestant·e·s pacifiques ont été placés en détention. Des journalistes et des militant·e·s ont été arrêtés et jugés, tandis que celles et ceux déjà détenus – comme les militant·e·s dans l’affaire Bhima Koregaon, Umar Khalid et d’autres militant·e·s musulmans – sont restés derrière les barreaux. Les minorités ethniques et religieuses étaient de plus en plus persécutées, et des personnes musulmanes ont notamment été prises pour cible au travers de lois discriminatoires relatives au mariage. Des milliers de musulman·e·s ont perdu leur domicile à la suite d’expulsions forcées de masse menées dans l’État de l’Assam, et les démolitions punitives ont continué dans l’État du Maharashtra et le territoire de Jammu-et-Cachemire. Des Rohingyas et des musulman·e·s d’origine bengalie ont été expulsés ou renvoyés illégalement, et de nouvelles règles en matière d’immigration ont privé de protection les demandeurs et demandeuses d’asile. Les modifications apportées à la politique environnementale ont supprimé les garanties qui s’appliquaient aux peuples autochtones, les exposant à des déplacements. Cette année encore, des centaines de personnes ont trouvé la mort dans des inondations et des glissements de terrain ou pendant les canicules, mettant en évidence le manque de détermination du gouvernement à prendre des mesures décisives pour lutter contre la crise climatique. Les politiques et objectifs climatiques sont demeurés « hautement insuffisants », et le pays restait dépendant du charbon. Les dalits ont continué de subir des violences fondées sur la caste.

Contexte

En avril, des hommes armés ont ouvert le feu à Pahalgam, destination touristique du Cachemire, tuant 26 personnes, des touristes pour la plupart. Les autorités indiennes ont utilisé la législation sur la sédition et la Loi de 1967 relative à la prévention des activités illégales (UAPA) pour arrêter des journalistes, des universitaires et des étudiant·e·s qui demandaient des comptes quant à cette défaillance du dispositif de sécurité, ou pour dresser des procès-verbaux introductifs contre eux. L’opération Sindoor a été lancée contre le Pakistan en représailles de cette attaque, et au moins 16 civil·e·s ont trouvé la mort au milieu des tirs transfrontaliers. En novembre, une voiture a explosé près du Fort rouge à Delhi. Au moins 13 personnes ont été tuées et une trentaine ont été blessées.

Les autorités ont mobilisé l’armée pour réprimer les manifestations contre la Loi portant modification du waqf, causant la mort d’au moins trois personnes et au moins 150 arrestations. Le texte, adopté par le Parlement, centralisait le contrôle par l’État des biens et donations des musulmans en Inde.

Le 3 mars, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé des craintes quant aux violences et aux déplacements forcés dans l’État du Manipur, et au rétrécissement de l’espace civique dans le territoire de Jammu-et-Cachemire. Ces craintes ont été accueillies avec mépris par le gouvernement. En mars, le sous-comité d’accréditation de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme a recommandé d’abaisser à « B » le statut de la Commission nationale des droits de l’homme, en raison de doutes quant à son indépendance, sa transparence et son efficacité. En octobre, l’Inde a été élue membre du Conseil des droits de l’homme pour 2026-2028. À la fin de l’année, au moins 19 demandes de visite émanant de procédures spéciales des Nations unies étaient encore en attente, dont une de la rapporteuse spéciale sur la torture, adressée pour la première fois à l’Inde en 1999 et réitérée à de multiples reprises depuis.

Liberté d’expression

Les autorités ont continué de prendre pour cible des artistes, des universitaires et des journalistes par le biais d’une censure élargie, d’une instrumentalisation du droit pénal et de restrictions en ligne.

Le 24 mars, la police de l’État du Maharashtra a dressé un procès-verbal introductif contre le comédien Kunal Kamra en raison d’une parodie faisant partie de son spectacle de stand-up Naya Bharat (Nouvelle Inde), dans laquelle il qualifiait « un dirigeant de Thane » de gaddar (traître). Ces propos ont été largement compris comme une allusion au Premier ministre du Maharashtra, Eknath Shinde, et à sa défection politique en 2022.

Le 20 mai, le gouvernement a retiré à la Britanno-Cachemirienne Nitasha Kaul son statut de citoyenne indienne d’outre-mer. L’universitaire avait dénoncé à plusieurs reprises la montée de l’autoritarisme en Inde.

Poursuivant la censure numérique imposée de manière croissante ces dernières années, les autorités ont obligé les réseaux sociaux à bloquer les comptes des personnes publiant des critiques à l’égard des politiques gouvernementales. Parmi les comptes suspendus figurait The Savala Vada, une page de mèmes satiriques sur laquelle étaient fréquemment publiés des contenus en lien avec le rétrécissement de l’espace civique et la persécution des minorités religieuses. Le 8 juillet, le gouvernement a ordonné à la plateforme X de bloquer la visibilité de plus de 2 000 comptes en Inde, y compris le média international Reuters.

Le 9 juillet, le gouvernement du Maharashtra a adopté la Loi spéciale relative à la sécurité publique du Maharashtra, qui érigeait en infraction pénale l’opposition au pouvoir en place sous prétexte de sûreté publique. Le 6 août, le gouvernement de Jammu-et-Cachemire a interdit 25 livres écrits par des journalistes, historien·ne·s, féministes et spécialistes de la paix respectés, les accusant « de glorifier le terrorisme et d’inciter à la violence ».

Journalistes

Les autorités ont intensifié leurs représailles contre les journalistes qui cherchaient à exposer la corruption ou à exprimer leur désaccord, en instrumentalisant le droit pénal pour réprimer et affaiblir la liberté d’expression.

Le 24 mars, la police de l’Assam a arrêté le journaliste Dilwar Hussain Mozumdar pour avoir couvert une manifestation qui dénonçait des irrégularités financières présumées dans une banque publique gérée par le gouvernement de l’État. Le journaliste avait à plusieurs reprises révélé des problèmes financiers dans cette banque, dont le Premier ministre de l’Assam occupait les fonctions de directeur.

Le 9 mai, la police de Nagpur, au Maharashtra, a arrêté Rejaz M. Siddique parce qu’il aurait critiqué l’opération Sindoor sur Instagram. Le jeune homme de 26 ans a été inculpé au titre de l’UAPA.

Le 16 septembre, un tribunal de Gandhinagar, dans l’État du Gujarat, a cité les journalistes Abhisaar Sharma et Raju Parulekar à comparaître. Les deux hommes étaient accusés d’avoir diffusé des contenus faux et diffamatoires en vue de ternir la réputation du groupe Adani, conglomérat d’entreprises très proche du Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party), au pouvoir. Ils avaient critiqué la vente de terres en Assam au groupe Adani pour un montant apparemment faible.

À la suite de l’explosion d’une voiture près du Fort rouge à Delhi le 10 novembre, l’Agence d’enquête de l’État de Jammu-et-Cachemire a effectué une perquisition dans les bureaux du Kashmir Times, journal dirigé par la journaliste Anuradha Bhasin, accusant le média d’activités « menaçant la souveraineté de l’Inde ». Un livre écrit par Anuradha Bhasin avait été interdit trois mois auparavant. Aucun procès-verbal introductif n’a été établi.

Défenseur·e·s des droits humains

Les autorités ont continué d’appliquer abusivement les lois relatives à la lutte contre le terrorisme et d’autres lois draconiennes pour maintenir des défenseur·e·s des droits humains en détention.

En janvier, la haute cour de Bombay a prononcé la libération sous caution de Sudhir Dhawale et Rona Wilson, après six ans d’incarcération. En novembre, la Cour suprême a accordé à Jyoti Jagtap la libération sous caution provisoire et, en décembre, la haute cour de Bombay a également libéré Hany Babu sous caution. Tous deux avaient passé plus de cinq ans en prison. Ces quatre personnes faisaient partie des 16 défenseur·e·s des droits humains arrêtés et placés en détention sans jugement, au titre de l’UAPA, pour leur implication présumée dans l’affaire Bhima Koregaon. À la fin de l’année, trois de ces 16 personnes étaient toujours en détention sans avoir été jugées.

Plusieurs tribunaux ont refusé la demande de libération sous caution d’Umar Khalid et d’au moins cinq autres étudiant·e·s et militant·e·s musulmans. À la fin de l’année, ils étaient encore détenus dans l’attente de leur procès pour leur implication présumée dans un épisode de violences qui avait éclaté dans le nord-est de Delhi en février 2020, au cours duquel 53 personnes, dont 38 musulman·e·s, avaient été tuées.

Le 16 mai, la police de Nagpur, au Maharashtra, a dressé un procès-verbal introductif pour sédition contre trois personnes après une récitation du poème Hum Dekhenge, du célèbre poète Faiz Ahmed Faiz. Parmi elles figurait Pushpa Sathidar, veuve du militant Vira Sathidar.

Le 26 septembre, la police du territoire du Ladakh a arrêté le militant Sonam Wangchuk au titre de la Loi relative à la sécurité nationale. Il avait organisé une manifestation pour réclamer que le Ladakh obtienne le statut d’État, manifestation qui avait dégénéré. La veille de son arrestation, le permis accordé à son ONG Students Educational and Cultural Movement of Ladakh avait été annulé au titre de la Loi relative à la réglementation des contributions étrangères.

Arrestations et détentions arbitraires

Le 27 avril, la police du quartier de Hazratganj, à Lucknow (Uttar Pradesh), a dressé un procès-verbal introductif contre la chanteuse folk Neha Singh Rathore. Cette dernière était accusée d’avoir tenu un discours considéré comme répréhensible sur les réseaux sociaux à propos de l’attaque à Pahalgam, en violation de plusieurs dispositions du Bharatiya Nyaya Sanhita (Code pénal) et de la Loi de 2000 relative aux technologies de l’information concernant la sécurité nationale, l’incitation à commettre une infraction, le maintien de l’harmonie collective et l’ordre public.

Le 18 mai, la police de l’État de l’Haryana a établi deux procès-verbaux introductifs contre Ali Khan Mahmudabad, professeur à l’université Ashoka, pour des publications sur les réseaux sociaux concernant l’opération Sindoor. L’enseignant a été arrêté et inculpé d’infraction aux dispositions du Code pénal sur le maintien de l’harmonie collective, l’incitation à commettre une infraction et l’outrage aux convictions religieuses. Il a été libéré sous caution par la suite.

Liberté de réunion pacifique

Les autorités ont limité le droit de réunion pacifique en ayant recours à la détention administrative, en refusant d’autoriser des manifestations et en dispersant violemment les rassemblements qui appelaient à la justice et au respect de l’obligation de rendre des comptes.

Le 13 février, la police de Delhi a placé en détention 12 étudiant·e·s de l’université Jamia Millia Islamia qui protestaient contre les demandes de justification adressées en 2024 à deux étudiant·e·s en doctorat accusés d’avoir « créé des slogans sans autorisation des autorités de l’université ou sans les en avoir informées ».

Le 18 juin, la police de Mumbai a placé en détention 19 personnes qui avaient participé à un rassemblement en soutien aux Palestiniens et Palestiniennes sur l’Azad Maidan, un terrain de sport. La veille, la police avait refusé d’autoriser ce rassemblement, contraignant l’équipe organisatrice, dont le Parti communiste indien (marxiste), à solliciter l’aval de la haute cour de Bombay. Celle-ci a initialement rejeté leur demande, avant de finalement donner son accord deux mois après la date prévue, une fois les objections de la police retirées.

Le 11 août, la police de Delhi a placé des dizaines d’opposant·e·s politiques en détention, y compris le chef de l’opposition, Rahul Gandhi, pour avoir manifesté sans autorisation contre des irrégularités électorales.

Entre le 13 et le 18 août, à Chennai et Madurai, la police de l’État du Tamil Nadu a dispersé de force près de 800 agent·e·s des services d’assainissement qui avaient organisé un sit-in pacifique pour réclamer un salaire équitable.

Le 9 novembre, la police de New Delhi a placé en détention des manifestant·e·s pacifiques, dont des mineur·e·s, qui s’étaient rassemblés devant la porte de l’Inde pour réclamer des mesures urgentes afin de lutter contre l’aggravation de la pollution atmosphérique dans la capitale.

Expulsions forcées

Les autorités étatiques ont continué de procéder à des expulsions forcées en Assam et à des démolitions de logements au Maharashtra et dans le territoire de Jammu-et-Cachemire, à titre de punition collective et arbitraire, et ce malgré les lignes directrices établies en 2024 par la Cour suprême, qui prescrivaient aux autorités d’y mettre un terme.

Entre le 12 et le 17 juillet, près de 1 800 familles majoritairement musulmanes ont été privées de logement après une campagne d’expulsions menée par le gouvernement de l’Assam dans la réserve forestière de Paikan, dans le district de Goalpara. L’objectif officiel était d’éliminer les « empiètements illégaux » sur des zones forestières protégées. Au cours de ces expulsions, des habitant·e·s auraient réagi en jetant des pierres, déclenchant des tirs policiers qui ont fait un mort. Les habitant·e·s ont affirmé que cet endroit n’avait été que récemment désigné comme zone forestière, et qu’aucune opportunité de réinstallation ou autre mesure de réparation ne leur avait été proposée avant l’expulsion.

Le 29 juin, le gouvernement de l’Assam a lancé une campagne d’expulsion de grande ampleur dans le secteur d’Uriamghat, dans la réserve forestière de Rengma (district de Golaghat), afin de récupérer près de 2 000 hectares de terres protégées. Au moins 2 000 foyers ont été touchés, principalement des personnes musulmanes d’origine bengalie qui, d’après le gouvernement, auraient migré depuis le Bangladesh. Les habitant·e·s ont affirmé vivre dans cette région depuis les années 1970 et posséder des documents d’identité officiels. La Cour suprême a interrompu les expulsions le 22 août.

Le 14 novembre, en réponse à l’attentat perpétré près du Fort rouge, les forces de sécurité ont détruit, sans avertissement, le domicile du principal suspect, Umar Nabi, à Pulwama (territoire de Jammu-et-Cachemire). Les personnes qui habitaient cette maison, dont les parents d’Umar Nabi et d’autres proches, étaient en train de dormir et ont été évacuées juste avant la démolition.

Le 27 novembre, l’Autorité de développement de Jammu a détruit le domicile du journaliste Arfaz Daing, quelques semaines après que ce dernier a révélé l’existence d’un trafic de drogue transfrontalier dans lequel serait impliqué un agent de police. Arfaz Daing n’avait été informé de la démolition que la veille.

Discrimination

Sous prétexte de protéger les femmes et d’assurer la sécurité, les gouvernements de plusieurs États ont adopté des lois qui ont accentué la discrimination envers les personnes de confession musulmane et les couples interconfessionnels.

Le 20 janvier, l’État de l’Uttarakhand a adopté un règlement d’application du Code civil unifié (UCC) sans tenir compte du rapport du comité désigné pour l’élaborer. L’UCC imposait de faire enregistrer les unions libres auprès des autorités étatiques, prétendument pour lutter contre la conversion religieuse par des mariages frauduleux.

L’État du Rajasthan a promulgué le 9 octobre une loi interdisant la conversion religieuse sous diverses formes de coercition, y compris le mariage. Le texte prévoyait une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement. Adopté sous prétexte d’empêcher le « djihad de l’amour » (croyance péjorative et infondée selon laquelle des hommes musulmans séduiraient des femmes hindoues pour les convertir), il ciblait de fait toutes les relations interconfessionnelles, y compris quand elles étaient consensuelles. Le 14 février, l’État du Maharashtra a adopté une résolution visant à former un comité chargé de suggérer des mesures de lutte contre le « djihad de l’amour ».

Entre le 22 avril et le 8 mai, l’Association de protection des droits civils, une ONG locale, a recueilli des informations sur au moins 184 crimes de haine visant des personnes musulmanes et cachemiriennes.

La Commission ministérielle des Affaires politiques a annoncé le 30 avril sa décision de réaliser un recensement des castes, le premier depuis l’indépendance du pays. À la fin de l’année, cette décision restait à mettre en œuvre par le biais de l’adoption de lois et règlements appropriés.

En mai, les autorités ont expulsé vers le Bangladesh au moins 300 musulman·e·s qui vivaient en Assam, dans le nord-est de l’Inde, les soupçonnant d’être des « ressortissant·e·s d’un autre pays ».

Le 28 mai, le gouvernement de l’Assam a annoncé qu’il accorderait des permis de port d’arme aux habitant·e·s autochtones des régions vulnérables et isolées, notamment dans les districts majoritairement musulmans à la frontière avec le Bangladesh. Le but était de leur donner un sentiment de sécurité.

L’ONG locale Citizens for Justice and Peace a recensé au moins 113 cas de violences commises à l’encontre de dalits entre janvier et juin, en particulier des agressions, des violences sexuelles, des actes de discrimination et des meurtres.

Droits des personnes réfugiées ou migrantes

L’hostilité du gouvernement envers les personnes réfugiées rohingyas et musulmanes s’est accentuée. En mai, après que l’attaque à Pahalgam a ravivé des sentiments antimusulmans à travers le pays, les autorités indiennes ont envoyé au moins 40 musulman·e·s rohingyas dans les îles Andaman-et-Nicobar après leur avoir bandé les yeux. Elles les ont ensuite transférés sur un navire de la marine indienne pour traverser la mer d’Andaman, avant de les jeter par-dessus bord et de les contraindre à nager pour atteindre une île appartenant au Myanmar.

Le 2 septembre, le ministère de l’Intérieur a abrogé quatre lois par le biais d’une nouvelle loi relative à l’immigration et aux étrangers et de son décret d’application, qui classaient les demandeurs·euses d’asile dans la catégorie des « migrant·e·s illégaux » sujets à expulsion, en violation du principe de « non-refoulement ». Le gouvernement a étendu le contrôle des pouvoirs publics en exigeant l’obtention préalable d’une autorisation pour les cinéastes étrangers et les ONG recrutant des personnes étrangères. Il a également ordonné la création de tribunaux pour étrangers. Ces tribunaux avaient été critiqués par le passé pour avoir rendu des millions de personnes apatrides en Assam, en raison d’un manque de garanties d’une procédure régulière.

Torture et autres mauvais traitements

Le 4 février, Makhan Din, 25 ans, aurait été torturé par la police du territoire de Jammu-et-Cachemire en raison de « plusieurs contacts suspects au Pakistan et dans d’autres pays étrangers ». Le jeune homme s’est suicidé peu après.

Droits des peuples autochtones

En septembre, le ministère de l’Environnement a assoupli la réglementation relative au changement d’affectation des zones forestières, affaiblissant ainsi les protections dont bénéficiaient les populations autochtones. Les garanties liées aux projets d’infrastructure ont été supprimées, ce qui a exacerbé le risque de déplacement forcé, notamment dans des secteurs non désignés comme zones forestières.

Le Premier ministre de l’État du Manipur, Biren Singh, a démissionné en février, 21 mois après la mort de plus de 250 personnes dans un contexte de violences ethniques. Les personnes déplacées à l’intérieur du pays étaient toujours hébergées dans des camps de secours où elles vivaient dans des conditions inhumaines, avec un accès limité aux soins de santé, à des installations sanitaires et à une alimentation adéquate.

Droit à un environnement sain

Entre juin et septembre, au moins 423 personnes ont trouvé la mort à la suite de pluies torrentielles, de crues soudaines et de glissements de terrain dans les États de l’Himachal Pradesh et du Pendjab, ainsi que dans le territoire de Jammu-et-Cachemire. Pendant l’été, les canicules ont provoqué au moins 84 décès excédentaires, selon l’ONG HeatWatch. Le gouvernement n’a pas enregistré de données instantanées sur les décès provoqués par les canicules, et des spécialistes ont suggéré que leur nombre réel était probablement beaucoup plus élevé que les estimations. Ce sont les dalits qui travaillaient dans le secteur de l’assainissement qui ont le plus souffert des canicules.

En octobre et en novembre, une augmentation de la pollution atmosphérique à New Delhi a gravement menacé la santé de la population, selon le Bureau central de contrôle de la pollution. La capitale est devenue la ville la plus polluée du monde.

L’outil Climate Action Tracker a estimé que les objectifs et politiques climatiques du gouvernement étaient « très insuffisants » et qu’ils n’étaient pas à la hauteur de l’ambition de contenir le réchauffement en dessous de 1,5 °C. L’Inde a été classée 23e dans l’Indice de performance climatique 2025, perdant 13 places en raison de sa dépendance au charbon et de ses politiques limitées en matière d’abandon des combustibles fossiles.

L’Inde a soumis son premier Plan national d’adaptation à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques en novembre.

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