Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Finlande en 2025.
Les populations marginalisées ont été touchées de manière disproportionnée par des coupes opérées dans le budget de la sécurité sociale. Des modifications législatives ont porté atteinte aux droits des personnes demandeuses d’asile. La police a restreint le droit de manifester. L’action climatique de l’État était insuffisante. Les femmes faisaient preuve de méfiance à l’égard du système judiciaire et de la police. Les droits des Sâmes ont été favorisés par l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi.
Contexte
La Finlande a informé officiellement les Nations unies de son intention de se retirer de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, ce qui mettait la vie de civil·e·s en danger. Aux termes de la Convention, ce retrait devait prendre effet six mois après sa notification, soit en janvier 2026.
Droits économiques, sociaux et culturels
En février, pour la première fois depuis plus de dix ans, le gouvernement a signalé une augmentation du nombre de personnes sans abri. Au cours de l’année, de nombreuses expulsions ont eu lieu et l’on a observé une augmentation inquiétante du nombre de personnes ayant des difficultés à faire face à leurs frais de logement et ayant besoin de services liés au logement.
Le gouvernement a annoncé en septembre de nouvelles coupes dans les budgets attribués à l’aide sociale et aux logements sociaux, malgré les mises en garde de la société civile concernant les risques que ces coupes impliquaient pour les populations marginalisées. Comme prévu, elles ont nui de manière disproportionnée aux droits de différentes catégories de la population marginalisées telles que les personnes en situation de handicap, en particulier celles ayant un faible revenu.
Droits des personnes réfugiées ou migrantes
Le gouvernement a poursuivi la fermeture de tous les points de passage frontaliers entre la Finlande et la Russie, alléguant que cette dernière « instrumentalisait » les personnes demandeuses d’asile.
En juin, le Parlement a prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 une loi d’urgence autorisant le gouvernement à limiter le nombre de demandes d’asile à la frontière et à accorder aux gardes-frontières le pouvoir d’empêcher, y compris par la force, l’entrée dans le pays, sans réelle possibilité de recours pour les personnes concernées.
Le gouvernement a continué d’adopter des modifications de la législation supprimant des mesures de protection prévues par les politiques en matière de migration et d’asile. Ces modifications compromettaient l’équité des procédures d’asile en revenant sur la possibilité de vérifier l’exactitude des procès-verbaux des entretiens, restreignaient le droit des personnes sous protection internationale d’effectuer une visite dans le pays qu’elles avaient fui, soumettaient l’obtention de la citoyenneté à des exigences discriminatoires et durcissaient les conditions d’obtention du permis de séjour permanent.
Liberté de réunion pacifique
La police a eu recours à une force disproportionnée lors d’une manifestation du 1er mai à Tampere : elle a continué à lancer des projectiles à impact cinétique sur une manifestante alors que celle-ci ne représentait plus aucun danger pour autrui. Un passant a également été touché.
En juin, à Helsinki, la capitale, un homme observant le déroulement d’une manifestation pour le climat a été agressé par un passant devant des policiers qui ne sont pas intervenus.
En juillet, à Jyväskylä, la police a fait savoir à quatre militant·e·s pour le climat qu’ils avaient fait l’objet d’une surveillance pendant quatre jours l’été précédent. L’autorisation judiciaire ayant permis cette surveillance était fondée sur des informations inexactes fournies par la police. Une cour d’appel a confirmé cette décision en novembre.
En septembre, la police a refusé d’accorder une autorisation de collecte de fonds à une ONG promouvant des technologies bas-carbone au motif que l’un des membres de son bureau avait reçu des amendes en 2023 en lien avec des manifestations pacifiques organisées avec un autre mouvement pour le climat.
Droit à un environnement sain
En janvier, la Cour administrative suprême a rejeté un recours formé par des ONG concernant l’inaction du gouvernement quant au climat. Le rapport annuel du gouvernement sur le climat a confirmé en juin que la Finlande n’avait pas atteint les objectifs définis dans sa Loi sur le climat en raison de la diminution des puits de carbone, due en grande partie à l’exploitation forestière intensive. En septembre, le ministère de l’Environnement a signalé que la biodiversité avait continué de se dégrader. La Finlande risquait à nouveau de ne pas contribuer à hauteur de ce qui lui incombait au financement climatique destiné aux pays en développement en raison de coupes dans le budget alloué à la coopération pour le développement.
Violences sexuelles ou fondées sur le genre
Une étude publiée en mars a révélé qu’en Finlande, 61 % des femmes doutaient de la capacité du système judiciaire à traiter de manière équitable les victimes de viol. Des femmes marginalisées ou racisées exprimaient une méfiance encore plus marquée à l’égard de la police en raison du racisme et de la discrimination qu’elles avaient subis.
Droits des personnes LGBTI
Le Parlement a adopté en mars une initiative d’origine citoyenne visant à interdire les pratiques de conversion. La ministre de la Justice a répondu que le ministère avait d’autres priorités et qu’il n’aurait donc pas le temps de préparer le texte de loi nécessaire.
Droits des peuples autochtones
La réforme attendue de longue date de la Loi relative au Parlement sâme est entrée en vigueur en août. Elle renforçait le droit des Sâmes à l’autodétermination et au respect du principe de consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause.
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