Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains aux Fidji en 2025.
Des lois répressives ont continué de restreindre les libertés civiques, alors que l’ONU examinait la situation des droits humains dans le pays. Des attaques contre des lieux de cultes hindous ont menacé la liberté de religion. Les violences faites aux femmes ont augmenté. Les Fidji ont salué l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur le changement climatique et signé le traité du Fonds de résilience du Pacifique, qui visait à améliorer la résilience climatique.
Contexte
En août, un arrêt de la Cour suprême a confirmé la validité de la Constitution de 2013 et l’immunité des personnes impliquées dans le coup d’État de 2006, entre autres. La Cour a également revu à la baisse les conditions requises pour modifier la Constitution.
Malgré le génocide perpétré à Gaza par Israël et les autres crimes de droit international commis dans le Territoire palestinien occupé (TPO), les Fidji se sont abstenues ou ont voté contre des résolutions des Nations unies sur le soutien aux réfugié·e·s palestiniens, sur le statut d’État de la Palestine, sur le cessez-le-feu, sur l’accès à l’aide humanitaire et sur la fin de l’occupation illégale du TPO par Israël.
Liberté d’expression et de réunion
À l’issue de la publication, en janvier, de l’EPU de la situation des droits humains dans le pays, le gouvernement a rejeté les recommandations l’invitant à réformer les lois répressives limitant les libertés civiques. Le Réseau de solidarité des Fidjien·ne·s pour la Palestine a manifesté tout au long de l’année pour dénoncer le génocide commis par Israël à Gaza et le non-respect par le gouvernement fidjien de ses obligations juridiques, notamment la restriction des actions de protestation aux Fidji.
Liberté de religion
Un homme a été arrêté et transféré en soins psychiatriques après avoir commis des actes de vandalisme contre un sanctuaire hindou en juillet. Le mois suivant, le temple Shree Baba Ragho Dass Vishnu, à Sawani, a été visé par des jets de pierres. Ces graves attaques contre des lieux de culte ont amené des personnalités de la communauté hindoue à demander plus de protection et des mesures décisives de la part du gouvernement en matière de liberté de religion et de discrimination raciale.
Violences fondées sur le genre
De très nombreuses femmes ont encore été victimes de violences liées au genre en 2025, comme l’a souligné en juillet le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU]. En avril, trois femmes sont mortes et une quatrième a été grièvement blessée dans une série d’affaires de violence domestique. En mai, le chef de la police a fait état d’une hausse de 19 % du nombre de cas de violence contre les femmes par rapport à 2024, ce qui suscitait des inquiétudes quant à la persistance des normes patriarcales dans le pays et au besoin urgent de réformes systémiques.
Droit à un environnement sain
En juillet, le ministère de la Justice a salué l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les obligations des États en matière de changement climatique, confirmant l’engagement des Fidji envers la responsabilisation des États dans ce domaine. En septembre, plusieurs dirigeant·e·s de nations du Pacifique ont signé le traité du Fonds de résilience du Pacifique lors du Forum des îles du Pacifique, qui s’est tenu dans les Îles Salomon. Ce traité prévoyait la création d’un fonds régional visant à renforcer la résilience climatique et la préparation aux catastrophes naturelles dans le Pacifique. La question de savoir si ce fonds représentait de nouveaux financements, venant s’ajouter à ceux qui existaient déjà pour faire face à la crise climatique, n’a pas été clarifiée.
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