Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains au Botswana en 2025.
De graves pénuries de médicaments essentiels ont entraîné une urgence de santé publique. De nouvelles lois menaçaient d’étendre le pouvoir des autorités concernant la réglementation des services en ligne et de l’utilisation d’Internet. Les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont fait l’objet de restrictions. Les violences fondées sur le genre sont restées monnaie courante, et le viol conjugal n’était toujours pas interdit. La peine de mort restait en vigueur.
Contexte
Après les élections d’octobre 2024 et l’accession de Duma Boko à la présidence, le parti Coalition pour le changement démocratique a formé un gouvernement, mettant fin à des décennies d’un régime de parti unique gouverné par le Parti démocratique du Botswana.
Les autorités ont transféré des débouté·e·s du droit d’asile d’un centre de détention de Francistown vers le camp de réfugiés de Dukwi, où l’accès au travail et aux services était limité.
Droits économiques et sociaux
En août, le président, Duma Boko, a déclaré un état d’urgence national en matière de santé publique après l’effondrement de la chaîne d’approvisionnement médicale, effondrement qui a entraîné de graves pénuries de médicaments essentiels dans les centres de santé et hôpitaux publics, notamment de traitements contre le cancer, le diabète, la tuberculose et certains problèmes de santé sexuelle, reproductive et mentale. Cette crise faisait suite à des mois d’arriérés considérables dus par le gouvernement à des fournisseurs privés, et à une pression financière plus générale liée au ralentissement du secteur du diamant. Des interventions chirurgicales non urgentes ont été reportées, le gouvernement a annoncé un financement d’urgence de 250 millions de pulas botswanais (environ 18 millions de dollars des États-Unis) pour réapprovisionner les établissements de santé et l’armée a été déployée pour participer à la distribution. Cependant, les pénuries ne se sont pas résorbées.
Liberté d’expression
En août, le Parlement a adopté la Loi relative aux services numériques et la Loi relative à la cybersécurité. Ces deux textes centralisaient le contrôle du secteur numérique entre les mains de l’exécutif sans prévoir de garanties solides et indépendantes pour protéger les droits au respect de la vie privée et à la liberté d’expression.
Le Botswana figurait au 81e rang sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 établi par Reporters sans frontières. L’organisation a déclaré que les journalistes avaient subi moins d’atteintes graves à leurs droits, mais que de multiples obstacles entravaient tout de même leur travail.
Liberté de réunion pacifique
Le 8 août, la police a refusé d’autoriser une manifestation organisée à Gaborone, la capitale, par des organisations affiliées au mouvement Student Power Botswana. Les étudiant·e·s voulaient remettre au ministère de l’Enseignement supérieur une pétition réclamant une augmentation de leurs allocations mensuelles alignée sur la hausse du coût de la vie. La police a affirmé que la manifestation était incompatible avec un autre événement. Une semaine plus tard, une autre tentative de dépôt de la pétition a été arbitrairement bloquée.
Violences fondées sur le genre
Particulièrement fréquentes, les violences fondées sur le genre ont été qualifiées d’urgence nationale par des organes des Nations unies. De leur côté, les autorités ne protégeaient pas efficacement les femmes et les filles. La loi n’érigeait notamment pas le viol conjugal en infraction.
Peine de mort
La peine capitale restait en vigueur au Botswana. Pour la quatrième année consécutive, aucune exécution n’a eu lieu, mais plusieurs hommes étaient toujours sous le coup d’une condamnation à mort. Des ONG locales ont publiquement appelé à un moratoire officiel sur les exécutions, en vue de l’abolition totale de la peine de mort.
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