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© BRAD WAUGH/epa/Corbis

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Australie

Les droits humains en Australie en 2019

L’Australie a maintenu sa politique draconienne à l’égard des personnes réfugiées, en particulier celles qui étaient détenues dans des centres de traitement situés à l’étranger.

Le gouvernement a continué de placer en détention sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et à Nauru les personnes réfugiées et demandeuses d’asile arrivées par bateau. Cela faisait sept ans que le pays avait repris sa politique de délocalisation de la gestion et de l’installation des réfugiés. En août, des réfugiés ont été transférés à Port Moresby et le centre de détention situé sur l’île de Manus a effectivement été fermé.

L’Australie a continué de repousser en mer les bateaux transportant des personnes en quête de sécurité et de renvoyer de force des gens dans les pays qu’ils avaient fuis.

Le taux d’incarcération des autochtones était toujours élevé, y compris pour les mineurs, dont certains n’avaient pas plus de 10 ans. Quatre Aborigènes sont morts en prison ou aux mains de la police. Dans le cas le plus récent, datant du mois de novembre, un policier a été inculpé d’homicide.

Personnes réfugiées ou demandeuses d’asile

Depuis le 13 août 2012, 4 177 personnes ont été envoyées à Nauru ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée dans le cadre de la politique australienne de délocalisation de la gestion des réfugiés. Au 30 septembre, 612 personnes réfugiées et demandeuses d’asile se trouvaient toujours en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Nauru ; 47 d’entre elles étaient détenues dans des conditions déplorables au centre pour migrants de Bomana, financé par l’Australie et situé non loin de Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Des organisations humanitaires ont tiré la sonnette d’alarme, signalant qu’un grand nombre de ces personnes souffraient de troubles psychologiques et avaient besoin de soins de santé mentale, ces troubles ayant été provoqués ou aggravés par plusieurs années de détention, l’absence de contacts avec leur famille et l’incertitude quant à la durée de leur incarcération. Les actes d’automutilation et les tentatives de suicide demeuraient fréquents.

Douze personnes réfugiées et demandeuses d’asile sont mortes sur l’île de Manus et à Nauru depuis 2013, dont Reza Berati, victime d’un meurtre. Sayed Mirwais Rohani, un médecin, s’est suicidé en octobre. Il était détenu sur l’île de Manus depuis 2013 et avait été transféré en Australie pour y recevoir des soins de santé mentale en 2018.

Plus de 150 autres réfugiés et demandeurs d’asile ont été transférés en Australie pour y être soignés, mais ce uniquement parce que leurs avocats avaient menacé d’engager une procédure de référé.

Parmi ces personnes se trouvaient des enfants, âgés pour certains de seulement 10 ans, qui souffraient de graves troubles mentaux ; plusieurs d’entre eux avaient tenté de se suicider. Au 21 octobre, 135 personnes avaient été transférées en Australie au titre de la loi Medevac, adoptée en février, qui permettait aux réfugiés détenus à l’étranger de recevoir des soins de santé adéquats sur le continent australien. Le transfert de 39 autres personnes avait été approuvé et était en instance. Cependant, 10 d’entre elles étaient détenues par la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Au total, au 30 septembre, 1 117 personnes avaient été transférées en Australie pour raisons médicales ou pour d’autres motifs. Malheureusement, le gouvernement australien a abrogé la loi Medevac le 4 décembre, contraignant ainsi les personnes réfugiées détenues à l’étranger à déposer un recours auprès de la Haute Cour pour obtenir des soins médicaux qui n’étaient pas disponibles en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou à Nauru.

En février, un coroner (officier de justice chargé d’enquêter en cas de mort violente, subite ou suspecte) a ouvert une enquête sur le décès du demandeur d’asile Omid Massoumali, mort des suites des brûlures qu’il s’était lui-même infligé à la suite du report de son transfert en Australie, où il devait recevoir des soins médicaux.

La mise en œuvre de l’accord portant sur la réinstallation de certains réfugiés aux États-Unis ne progressait que lentement : 632 personnes seulement avaient été envoyées dans ce pays depuis la conclusion de cet accord, en 2016.

La haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a demandé à l’Australie de respecter ses obligations internationales, en particulier en ce qui concerne les personnes réfugiées et en quête de sécurité.

Droits des peuples autochtones / Justice pénale

Les autochtones étaient toujours très largement surreprésentés dans le circuit judiciaire, souvent pour des infractions mineures telles que le défaut de paiement d’amendes. Alors qu’ils ne représentaient que 2 % de la population du pays, les Aborigènes et les populations des îles du détroit de Torrès constituaient 28 % de la population carcérale d’âge adulte. Les femmes autochtones représentaient 34 % de la population carcérale féminine, et les enfants autochtones plus de 50 % de la population carcérale mineure.

L’Australie plaçait en détention des enfants dont l’âge ne dépassait parfois pas 10 ans. En moyenne, près de trois enfants sur cinq (59 %) âgés de 10 à 17 ans passant une nuit en détention étaient des enfants autochtones, alors que les mineurs autochtones ne représentaient que 5 % de l’ensemble de la population âgée de 10 à 17 ans. Les enfants autochtones âgés de 10 à 17 ans étaient en moyenne 26 fois plus susceptibles que les enfants non autochtones de dormir en prison.

Seul un nombre infime des recommandations formulées en 2017 par la Commission royale sur la protection et la détention des mineurs dans le Territoire du Nord ont été appliquées. La Commission a recommandé la fermeture du centre de détention de Don Dale, mais ce centre est resté ouvert. Il avait fait l’objet d’un scandale relatif à des mauvais traitements : la Commission avait découvert que des enfants portaient des cagoules anticrachats, ce qui constituait une sanction cruelle, inhumaine et dégradante, et étaient placés à l’isolement et soumis à d’autres formes de mauvais traitements. Au mois de mai, tous les mineurs placés en détention dans le Territoire du Nord étaient des enfants autochtones.

Quatre Aborigènes ont perdu la vie dans des prisons ou aux mains de la police durant l’année. Le 13 mars, Alf Deon Eades a été attaqué par d’autres détenus et est mort des suites de ses blessures. Le 12 juin, J. B. s’est suicidé dans la prison d’Acacia, en Australie-Occidentale, quelques jours seulement après que sa mère eut prévenu les autorités de ses tendances suicidaires. Le 17 septembre, Joyce Clarke a été tuée par la police devant son domicile, à Geraldton, une ville d’Australie-Occidentale. Le 8 novembre, Kamanjayi Walker a été tué par la police à Yuendemu, dans le Territoire du Nord. Un policier a été inculpé d’homicide.

Liberté d’expression

La liberté des médias a été attaquée quand la police fédérale australienne a effectué une descente au domicile d’une journaliste et au siège d’un organe de presse, à la suite de la publication d’informations sur des atteintes aux droits humains commises par les forces de défense australiennes en Afghanistan, et sur le projet du gouvernement d’élargir les pouvoirs en matière de surveillance.

Face à l’ampleur croissante des manifestations contre le changement climatique dans tout le pays, le Premier ministre a menacé de recourir aux pouvoirs permettant de réprimer l’action militante et les mouvements de protestation. Des lois contre les manifestations ont été adoptées dans le Queensland, réprimant pénalement des pratiques de manifestation non violentes et portant atteinte aux droits des habitants du Queensland à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Elles prévoyaient pour les contrevenants des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement.

Autres préoccupations relatives aux droits humains

Le gouvernement a créé une Commission royale sur la prise en charge des personnes âgées, chargée d’examiner la qualité des services de soins aux personnes âgées, à la suite de nombreuses accusations de mauvais traitements. L’avocat-conseil de la Commission a estimé que les autorités « manquaient à l’appel » dans ce dossier, compte tenu des informations faisant état de négligence, et a souligné l’absence systématique de reddition de comptes et de transparence de la part des instances gouvernantes et de surveillance, ainsi que des organismes prestataires de soins. Fin octobre, la Commission a rendu un rapport d’étape dénonçant la médiocrité et la dangerosité des soins. L’une des priorités pointées dans ce rapport concernait la nécessité de restreindre le recours à la camisole chimique.

Une Commission royale chargée d’enquêter sur la violence, la maltraitance, la négligence et l’exploitation dont peuvent faire l’objet les personnes handicapées a également été mise en place. Son rapport était attendu pour le milieu de l’année 2020.

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