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Un manifestant lève trois doigts, signe de la protestation au Myanmar, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire au Myanmar, à Taipei (Taiwan), le 2 mai
Un manifestant lève trois doigts, signe de la protestation au Myanmar, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire au Myanmar, à Taipei (Taiwan), le 2 mai 2021 © REUTERS/Ann Wang

Un manifestant lève trois doigts, signe de la protestation au Myanmar, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire au Myanmar, à Taipei (Taiwan), le 2 mai 2021 © REUTERS/Ann Wang

Un manifestant lève trois doigts, signe de la protestation au Myanmar, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire au Myanmar, à Taipei (Taiwan), le 2 mai 2021 © REUTERS/Ann Wang

Contrôle des armes

Au Myanmar, un embargo sur les armes vital pour les populations

Pour faire obstacle à la frénésie meurtrière de l’armée au Myanmar, avec 200 organisations de la société civile, nous appelons le Conseil de sécurité de l’ONU à passer de la parole aux actes en imposant un embargo sur les armes.

Depuis le coup d’État militaire du 1er février, au moins 769 manifestants auraient été tués illégalement par l’armée et des milliers de personnes seraient détenues de manière arbitraire. Parmi eux, se trouvent des membres du gouvernement civil élu, des défenseurs des droits humains, des militants, des journalistes et des personnes qui ont dénoncé ce putsch.

Des armes de plus en plus meurtrières

Après avoir examiné plus de 50 vidéos sur la répression en cours, nous avons conclu que l'armée du Myanmar met en œuvre, un peu partout dans le pays, des tactiques et des armes de plus en plus meurtrières, normalement réservées aux champs de bataille. Or, ces armes seraient utilisées contre des personnes qui manifestent pacifiquement ou ne font que passer à proximité de manifestations. Nombre de ces homicides s'apparentent à des exécutions extrajudiciaires.

Lire aussi : Au Myanmar, le week-end le plus meurtrier depuis le coup d'État

Une condamnation internationale…

À plusieurs reprises, la communauté internationale a condamné ces actes sanglants. Par exemple, le secrétaire général de l’ONU a affirmé que la répression menée par l’armée « est tout à fait inacceptable et exige une réponse internationale ferme, unifiée et déterminée ».

Pour sa part, en mars 2021, la présidente du Conseil de sécurité de l’ONU a déclaré qu’elle « condamne fermement les violences commises contre des manifestants pacifiques […] demande à l’armée de faire preuve la plus grande retenue ».

Les leaders de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ne sont pas en reste. Le 24 avril, ils ont publié une déclaration appelant à « la cessation immédiate des violences au Myanmar ».

… Largement insuffisante

La seule condamnation de la communauté internationale n’a eu aucun effet. Les généraux défient les demandes unanimes du Conseil de sécurité de l’ONU et des États membres de l’ANASE voisins du Myanmar pour mettre un terme au bain de sang. Il est temps que le Conseil de sécurité de l’ONU passe à l’étape supérieure et se serve de ses pouvoirs uniques en imposant un embargo total sur les armes.

Comprendre : Qu'est-ce qu'un embargo sur les armes ?

En avril 2021, la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a averti que la situation au Myanmar faisait clairement écho à celle de la Syrie en 2011. Là-bas aussi, il y a eu « des manifestations pacifiques accueillies par une force inutile et clairement disproportionnée. La répression brutale et persistante de l’État à l’encontre de son propre peuple a conduit certains individus à prendre les armes et a été suivie d’une spirale de violence descendante et en expansion rapide dans tout le pays », a-t-elle déclaré.

Si le Conseil de sécurité avait instauré et fait respecter un embargo sur les armes en Syrie il y a 10 ans, les balles seraient épuisées depuis longtemps. Aujourd’hui, le Conseil doit agir avant que la situation très grave au Myanmar ne dégénère en une catastrophe similaire.

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