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Le 28 novemebre 2016 à Alep © AFP/Getty Images

Le 28 novemebre 2016 à Alep © AFP/Getty Images

Conflits armés et populations
faits & chiffres

5 choses à savoir sur Alep

Alors qu'Alep connait un véritable enfer depuis 4 ans, 5 choses à savoir sur cette ville syrienne qui vit sous la menace constante de nouvelles atrocités.

Une ville divisée

A l’Ouest, près de 1,2 millions d’habitants vivent sous contrôle du régime syrien. A l’Est, 250.000 personnes résidaient dans des quartiers contrôlés par les rebelles.

Dans la province d'Alep, les combats impliquent plusieurs factions : djihadistes du groupe Etat islamique (EI), plusieurs groupes armés de l’opposition, l'armée gouvernementale et les milices pro-régime ainsi que les combattants Kurdes.

Notre dossier : l'enfer à Alep

Quatre ans de souffrance pour la population

Tout au long de la bataille d’Alep, les civils ont subi des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire.

En 2012, lors de protestations pacifiques, des manifestants et des passants ont été tués et blessés par les tirs à balles réelles des forces de sécurité et des milices shabiha armées par le gouvernement. Des centaines de manifestants et ceux qui les soutenaient ont été traqués par les forces gouvernementales et tués, ou bien ont été arrêtées et victimes de disparitions forcées.

Alors que la situation en Syrie se transformait en conflit armé interne, les forces gouvernementales et les milices pro-gouvernementales ont exécuté sommairement des combattants des groupes d’opposition, leurs proches et des civils. Elles ont détruit leurs maisons et leurs commerces.

En août 2012, les forces du gouvernement Syrien ont commencé à réaliser des bombardements aériens sur les zones contrôlées par les forces d’opposition dans la ville d’Alep et la campagne environnante. Elles ont utilisé notamment des armes comme les bombes à sous-munitions ou des missiles balistiques sol-sol.

Au milieu de l’année 2013, les forces gouvernementales à Alep ont eu recours à des bombes-barils dans le cadre d’une campagne meurtrière qui a continué en 2015.

En parallèle, le gouvernement syrien a continué à faire disparaître des personnes de force, ou de les détenir arbitrairement et de les soumettre à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements dans des centres de détention d’Alep.

Lire aussi : des années de crise en Syrie

Des écoles, des transports publics, des marchés… pris pour cible

Lors d'une attaque à Alep en avril 2016 © AFP/Getty Images

L'ampleur de la dévastation dans l'Est d'Alep ces derniers mois fait froid dans le dos. Les infrastructures civiles ont été prises pour cible sans cesse.

Nous avons documenté des centaines d’attaques sur des écoles, des transports publics, des marchés et des mosquées. Cibler les hôpitaux de façon délibérée et systématique, comme c’est le cas dans le gouvernorat d’Alep, depuis septembre 2015, est une violation flagrante du droit international humanitaire et fait partie d’une véritable stratégie militaire. Les attaques systématiques visant le personnel de santé et les hôpitaux ont détruit des dizaines d’établissements médicaux et tué des centaines de médecins et d’infirmiers depuis le début du conflit.

Des atteintes au droit international humanitaire

Les attaques délibérées contre des civils qui ne prennent pas directement part aux hostilités et contre des biens à caractère civil, notamment des hôpitaux et d’autres établissements médicaux, violent le droit international humanitaire, ou « lois de la guerre ». Ces actes sont des crimes de guerre. En vertu des lois de la guerre, les hôpitaux et les unités médicales doivent bénéficier d’une protection spéciale. Ces lieux ne perdent leur droit à une protection contre les attaques que s’ils sont utilisés à des fins autres qu’humanitaires, pour commettre des « actes nuisibles à l’ennemi » comme le fait de stocker des armes. Même dans ce cas, un avertissement doit être donné, un délai raisonnable doit être fixé et une attaque ne peut avoir lieu que si cette mise en garde n’est pas prise en considération. Tous les professionnels de la santé et centres médicaux doivent être respectés et protégés. Selon le ministère russe de la Défense, des avions de guerre russes ont mené des frappes contre des « objets terroristes » à Alep mais ont nié avoir pris des civils pour cible.

Les autorités russes continuent à nier avoir tué des civils ou avoir endommagé des infrastructures civiles en Syrie, malgré de nombreux éléments attestant des centaines d’homicides dans ces circonstances et de nombreuses attaques contre des bâtiments civils. Lors d’attaques recensées par nos chercheurs dans l'Est d'Alep, les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie ont violé le droit international en utilisant de façon parfaitement illégale des armes telles que les bombes à sous-munitions.

Des armes interdites ont été utilisées

Illustration de destruction par les bombes-barils © Amnesty International (Photo: Mujahid Abu al-Joud)

Les bombes-barils sont des armes grossières mais meurtrières, fabriquées à partir de barils de pétrole, de réservoirs d’essence ou de bonbonnes de gaz, remplis d’explosifs, de combustible et de fragments de métal, et larguées depuis des hélicoptères et des avions. Elles manquent par définition de précision et ne doivent en aucun cas être utilisées à proximité de civils. Les forces gouvernementales syriennes ont largué des milliers de barils d’explosifs sur Alep, causant des carnages et des destructions massives. Et pourtant le gouvernement syrien ne reconnaît aucune perte civile dans de telles attaques – dans une interview à la presse en février 2015, le président Bachar al-Assad a nié catégoriquement l’utilisation de barils d’explosifs par les forces syriennes. En 2014, une attaque au baril d’explosifs a été menée dans un marché très fréquenté du quartier de Sukkari. Tout près de là, 150 personnes faisaient la queue à un point de distribution d’aide humanitaire pour obtenir un colis de nourriture.

Il y avait l’homme qui tenait la boutique de glaces, l’homme qui tenait la boutique de sandwichs, l’homme qui tenait la boutique de jouets... Tous ont été tués.

Un témoin de l’attaque du quartier de Sukkari

Des armes à dispersion ont été également utilisées à Alep. Le recours à des bombes à sous-munitions est interdit en vertu du droit international car elles sont non discriminantes par nature. Cela signifie qu’elles visent indifféremment combattants et civils. Et compte tenu de la proportion élevée de munitions non explosées, elles représentent une menace durable pour les civils. Nous avons également recensé l’utilisation répétée et illégale d'armes explosives imprécises par les groupes armés, notamment des mortiers et des roquettes improvisées, fabriquées à partir de bombonnes de gaz et tirées avec des dispositifs appelés « canons de l’enfer ».

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