L’annonce du président de la République d’accueillir d’ici 2019, 10 000 personnes au titre de la réinstallation est un signal positif alors que le monde est toujours marqué par une crise de l’accueil des réfugiés. Amnesty International France demande toutefois des précisions sur cet engagement, alors que les promesses d’accueil du gouvernement précédent n’ont été que partiellement honorées.

« Développer des voies légales et sûres pour que des personnes vulnérables puissent se mettre à l’abri sans risquer leur vie, ni la remettre entre les mains de trafiquants ou de criminels, constitue indéniablement l’une des solutions pour résoudre la crise que traverse le monde actuellement avec plus de 22 millions de réfugiés », déclare Jean-François Dubost, responsable du programme Protection des populations à Amnesty International France. 

Cette annonce doit toutefois être précisée pour mieux connaître la nature exacte de l’engagement français. « Le gouvernement doit rapidement clarifier si cette nouvelle promesse s’ajoute aux engagements déjà pris par la France, ou les reprend en partie. Dans ce cas, l’annonce du Président s’avérerait décevante », souligne Jean-François Dubost.

Selon les informations recueillies par Amnesty International France, plus de 3 000 personnes précédemment identifiées pour la réinstallation en France seraient toujours en attente de leur transfert. Ce retard semble être essentiellement dû à des questions d’organisation administrative.

 « Il est désormais temps pour la France de se doter d’un dispositif d’accueil qui, à la fois anticipe au maximum les besoins et organise, au plus près du terrain, l’accueil rapide et concret de ces personnes par les citoyens, les communes, les organisations non gouvernementales en lien avec tous les services de l’Etat concernés. Nous attendons beaucoup désormais de la délégation interministérielle aux réfugiés et à leur intégration annoncée au début de l’été par le Premier ministre. »

Par ailleurs, Amnesty International France s’inquiète du lien qu’opère le président de la République entre d’un côté l’accueil des réfugiés depuis le Niger et le Tchad et de l’autre l’objectif de « prévenir un afflux de migrants économiques non éligibles au droit d’asile ».

« La protection des réfugiés et le recours à la réinstallation ne doivent pas devenir un prétexte pour déployer une politique de contrôle des migrations avec des pays tiers, qui pourrait entraîner des atteintes aux droits des personnes migrantes », affirme Jean-François Dubost.