Les gouvernements ne doivent pas laisser passer l’occasion de transcrire l’avis consultatif rendu en 2025 par la Cour internationale de justice (CIJ) sur les obligations des États en matière de changement climatique en une action climatique forte, a déclaré Amnesty International en amont des discussions visant à finaliser la nouvelle résolution des Nations unies sur le changement climatique.

Les consultations informelles sur le projet de résolution présenté par le Vanuatu débutent le 13 février 2026. Les États membres de l’ONU devraient se prononcer sur la résolution fin mars, trois ans après que l’Assemblée générale des Nations unies a demandé pour la première fois l’avis de la CIJ.

« Cette résolution s’efforce de transformer l’interprétation par la CIJ de normes juridiques clés en une feuille de route concrète en matière de responsabilisation des États, au risque de susciter une crispation politique de la part des pays à revenu élevé et à fortes émissions, réticents à assumer leur responsabilité historique et financière », a déclaré Candy Ofime, chercheuse sur la justice climatique et conseillère juridique à Amnesty International.

Amnesty International appelle les gouvernements à parrainer cette résolution et à assurer son adoption dans sa version actuelle.

Le projet de résolution soutient sans réserve l’avis consultatif et engage les États à respecter les obligations juridiques qu’il a clarifiées, notamment :

  • adopter des plans nationaux d’action climatique, ou « Contributions déterminées au niveau national (CDN) », afin de maintenir le réchauffement climatique en dessous du seuil de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels ;
  • prendre des mesures efficaces afin de réduire les émissions : notamment supprimer les subventions accordées à la prospection, à la production et à l’exploitation des énergies fossiles ;
  • respecter pleinement leurs obligations de ne pas renvoyer les personnes déplacées dans un pays où les effets du changement climatique constituent un risque pour la vie, et envisager la mise en place d’itinéraires sûrs, légaux et non discriminatoires, et de cadres de protection pour les personnes déplacées en dehors de leur pays du fait de facteurs liés au climat ;
  • pour les États ayant manqué à leurs obligations, accorder des réparations complètes et rapides pour les préjudices subis.

« Dans son avis consultatif historique, la Cour internationale de justice (CIJ) a clairement indiqué que le plein exercice des droits humains ne peut être garanti sans que le système climatique et les autres conditions constitutives de l’environnement ne soient protégés contre les préjudices liés au bouleversement climatique causé par les activités humaines. Nous savons que l’extraction et la combustion des combustibles fossiles en sont la cause profonde, mais les récentes mesures prises par les principaux dirigeants mondiaux, notamment l’abrogation par le président états-unien Donald Trump de l’« endangerment finding » (constat de mise en danger) sur les gaz à effet de serre affaiblissent l’action climatique mondiale. Ainsi, des organismes internationaux majeurs dans le domaine du climat ne sont plus financés et la coopération multilatérale en matière de climat recule, a déclaré Candy Ofime.

Les États du monde se trouvent à un tournant et doivent afficher leur soutien à la justice climatique – au lieu de retarder, d’affaiblir ou de tourner le dos à leurs obligations légales et à leur devoir moral.

Candy Ofime, chercheuse sur la justice climatique et conseillère juridique à Amnesty International

« Il est essentiel qu’une coopération mondiale soit menée par les premiers responsables du changement climatique, en vue d’éliminer progressivement et équitablement les combustibles fossiles, de financer une transition juste pour les travailleurs et toutes les personnes touchées par cette transformation, de protéger les groupes et les communautés en première ligne de la crise climatique, et de financer la reprise après les pertes et dommages liés au changement climatique. Faute de quoi, les conséquences climatiques telles que la hausse du niveau des océans, la salinisation et l’érosion côtière, la chaleur extrême, l’insécurité alimentaire, les incendies de forêts, les violentes tempêtes, les inondations et les pénuries en eau potable, gagneront en intensité.

« Les États du monde se trouvent à un tournant et doivent afficher leur soutien à la justice climatique – au lieu de retarder, d’affaiblir ou de tourner le dos à leurs obligations légales et à leur devoir moral. Le monde n’a plus de temps à perdre. L’humanité doit triompher. »

Complément d’information

L’avant-projet a désormais été transmis à tous les États membres de l’ONU et sera examiné lors de consultations informelles les 13 et 17 février à l’Assemblée générale à New York ; chaque gouvernement aura ainsi la possibilité de contribuer à élaborer cette résolution cruciale. Une version révisée est attendue début mars, suivie d’une période pendant laquelle les États pourront ajouter leur parrainage et faire avancer le projet en vue de son adoption plus tard dans le mois.

L’équipe Justice climatique d’Amnesty International se tiendra à la disposition des médias pour des commentaires et des interviews tout au long de ce processus ; elle proposera des analyses au fur et à mesure de l’évolution du projet et invitera les gouvernements à renforcer, au lieu d’édulcorer, cette initiative historique en faveur de la justice climatique mondiale.

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