La paralysie européenne contraint des dizaines de milliers de demandeurs d’asile à vivre dans des conditions épouvantables Un an après les engagements visant à réinstaller plus de 66 000 demandeurs d’asile se trouvant en Grèce, moins de 6 % de ces personnes ont été relocalisées.
Un an après que les dirigeants européens ont convenu d’un plan de relocalisation d’urgence pour partager les responsabilités concernant les personnes en quête d’asile, des dizaines de milliers de demandeurs d’asile sont toujours bloqués en Grèce dans des lieux où les conditions de vie sont épouvantables, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public le 22 septembre.
Le rapport intitulé Our hope is broken présente des études de cas détaillées, des éléments de preuve et des données sur l’insécurité et les grandes difficultés auxquelles sont condamnées des personnes extrêmement vulnérables en raison du manque de volonté politique des gouvernements européens. Il révèle que moins de 6 % des engagements de relocalisation depuis la Grèce ont été honorés.
« À ce rythme, cela prendra 18 ans pour que soient respectés les engagements en matière de relocalisation pris il y a un an. Il est honteux que l’Europe n’arrive pas à laisser de côté les considérations politiques afin de résoudre cette crise humanitaire en partageant équitablement les responsabilités pour un nombre relativement faible de réfugiés », a déclaré Monica Costa, chargée de campagne sur les questions de migration à Amnesty International.
« Les gouvernements européens doivent respecter leurs engagements et apporter aux demandeurs d’asile la protection, l’espoir et la dignité auxquels ils ont droit. Ils doivent à cette fin augmenter le nombre de places de relocalisation, accélérer le processus, accorder des visas humanitaires et mettre en place des procédures accélérées et accessibles de regroupement familial. »
Notes aux rédacteurs
En septembre 2015, les Etats européens se sont engagés à accueillir 160 000 demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie sur deux ans. Un an plus tard, 3 856 personnes ont été accueillies depuis la Grèce et 1 156 depuis l’Italie sur l’ensemble de l’Europe. La France, pour sa part, s’est engagée à accueillir 31 000 personnes dans le cadre de ce programme de relocalisation d’urgence. Depuis, 1 425 personnes ont pu être accueillies via la Grèce et 231 personnes via l’Italie sur le territoire de l’hexagone.
Le rapport Our hope is broken est disponible en téléchargement au lien ci-dessous.
