Il est regrettable que le ministre de l’Intérieur revienne sur sa décision d’abandonner la pratique de la clé d’étranglement dont il avait lui-même rappelé la dangerosité lundi 8 juin 2020.
Cette technique peut provoquer la mort. Aux États-Unis, Eric Garner a été tué par une clé d’étranglement en juillet 2014, en France, Cédric Chouviat est décédé après avoir en subi une en janvier 2020. Dans un contexte d’interpellation, où la personne ne menace pas de façon grave et imminente la vie d’une autre personne, il est illégal au regard du droit international d’utiliser la clé d’étranglement car cette technique ne répond pas au principe de proportionnalité en raison de sa dangerosité. Compte tenu du fait qu’elle ne permet pas forcément d’immobiliser la personne, sa légitimité et sa nécessité sont aussi questionnables. Plusieurs polices l’interdisent, comme à New York ou en déconseille l’usage comme c’est le cas au Royaume Uni.
Pour Cécile Coudriou, Présidente d’Amnesty International France, «la gravité de la situation nécessite une réponse globale des autorités, et non des mesures par à-coups, se focalisant sur certaines armes ou techniques et annoncées en fonction de l’actualité. Créer un groupe de travail sur les techniques d’interpellation envoie un très mauvais signal, indiquant que le ministère de l’Intérieur se focalise sur l’usage de la force par les agents : la force n’est que le dernier recours et le travail de la police ne doit pas être réduit à cet enjeu. »
Pour un meilleur respect des droits humains, Amnesty International France demande une réforme du maintien de l’ordre qui soit transparente et qui inclue toutes les parties prenantes, y compris les associations de défense des droits humains, les élus, les populations concernées.
