En réaction à la nouvelle tragique de la mort de près de 80 personnes qui tentaient de rejoindre l’Europe lors d’un naufrage au large des côtes grecques mardi 13 juin, à la suite duquel des centaines d’autres personnes restent portées disparues en mer, Adriana Tidona, chercheuse sur les questions migratoires à Amnesty International, a déclaré :
« Il s’agit là d’une tragédie aux proportions inimaginables, d’autant plus qu’elle était totalement évitable. Nous demandons qu’une enquête approfondie, indépendante et impartiale soit menée de toute urgence pour déterminer ce qui a abouti à cette catastrophe, et qu’une assistance et un soutien soient apportés aux survivants. De nombreuses questions attendent une réponse. Pourquoi les opérations de recherche et de sauvetage n’ont-elles pas été lancées bien plus tôt ? Qu’est-ce qui a fait chavirer le bateau ? Les personnes qui ont perdu la vie, les survivants et leurs familles méritent la transparence, la vérité et la justice. »
« Les garde-côtes grecs ont indiqué que des personnes à bord du bateau, sans qu’il soit précisé lesquelles, avaient “refusé” l’assistance de la Grèce et souhaité continuer vers l’Italie. Il y avait des centaines de passagers et il est impossible qu’ils aient tous été consultés pour connaître leurs souhaits. Les autorités grecques avaient des responsabilités précises à l’égard de tous les passagers du navire, qui était à l’évidence en détresse. »
« Il faut qu’une enquête soit ouverte en urgence pour éclaircir les circonstances de cette tragédie, qui s’ajoute à une longue série de naufrages en Grèce et ailleurs en Europe qui auraient pu être évités. Aujourd’hui, des familles pleurent leurs morts et d’autres cherchent leurs proches qu’elles n’arrivent pas à joindre. Les responsables politiques européens auraient pu empêcher que cela arrive en mettant en place des voies sûres et légales pour venir en Europe. Celles-ci sont le seul moyen d’éviter que de telles tragédies se produisent si souvent. »
Complément d’information
Amnesty International appelle les autorités grecques à communiquer de plus amples informations sur les circonstances qui ont abouti à leur décision de ne pas secourir plus tôt le navire. L’organisation engage également l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) à rendre publiques les informations et les images aériennes obtenues dans le cadre de son observation des événements. Ces informations sont essentielles pour reconstituer les faits, car son avion de surveillance a signalé avoir détecté le bateau dans la matinée de mardi.
Pour les personnes rescapées de cet épisode traumatisant, Amnesty International exhorte les autorités de la Grèce à s’assurer que les survivants et les familles touchées aient accès à un soutien psychologique en bonne et due forme, à des soins et à des moyens de communiquer avec leurs proches et de signaler les personnes disparues. Tous les survivants doivent être logés dans un environnement où ils sont en sécurité.
