jeune lycéen 15 ans blessé, Lens, 5 octobre 2026
Les autorités françaises doivent respecter leurs obligations en matière de droits humains et mettre fin à la répression policière disproportionnée observée ces derniers jours lors des manifestations étudiantes, a déclaré Amnesty International à la veille des manifestations nationales prévues demain.

« Alors que des enfants et des jeunes s’apprêtent à descendre dans les rues partout en France demain, les autorités doivent garantir leur sécurité et leur sûreté, et protéger et faciliter l’exercice de leur droit de manifester pacifiquement. Toute intervention policière doit être légale, nécessaire et proportionnée, et les autorités doivent éviter tout recours inutile et excessif à la force », a déclaré Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France.

« Les images et les témoignages largement relayés au cours de la semaine dernière soulèvent des inquiétudes alarmantes quant à l’utilisation dangereuse de gaz lacrymogènes, de matraques et de techniques de maintien de l’ordre par la police. Des grenades lacrymogènes ont été lancées de manière imprudente, et des tirs de LBD ont causé des blessures graves. » « Les autorités doivent veiller à ce que toute intervention face aux manifestations soit nécessaire et proportionnée, et à ce que les enfants et les jeunes qui revendiquent pacifiquement leur droit à l’éducation soient protégés plutôt frappés, aspergés de gaz lacrymogène ou placés en détention arbitraire. La priorité doit être donnée à l’apaisement des tensions et les autorités doivent prendre toutes les mesures de précaution possibles pour éviter d’avoir recours à la force. »

Contexte Depuis le 21 septembre, des lycéens de toute la France sont descendus dans la rue pour réclamer le respect de leur droit à l’éducation, notamment par une augmentation des effectifs d’enseignants, des classes moins chargées et des établissements scolaires dignes de ce nom, entre autres revendications. Les manifestations ont donné lieu à un recours inutile et disproportionné à la force de la part de la police, notamment par l’utilisation illégale en droit international de grenades lacrymogènes et LBD. Le ministère de l’Intérieur a annoncé que plus de 5 000 manifestants avaient été interpellés et précisé que 85 % des personnes interpellées étaient des mineurs.