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A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation nationale en France, Amnesty International s’alarme des nombreuses mesures sécuritaires annoncées par le gouvernement et dénonce un glissement vers des pratiques autoritaires. L’organisation appelle les autorités françaises à garantir la liberté de réunion pacifique et à respecter leurs obligations en vertu du droit international. Nathalie Godard, Directrice du plaidoyer chez Amnesty International France, a déclaré :
« Ces derniers jours, les autorités françaises ont multiplié déclarations et mesures extrêmement préoccupantes pour nos droits fondamentaux. Cette surenchère uniquement sécuritaire se fait au détriment de nos libertés, mettant gravement en péril le droit de manifester pacifiquement et faisant craindre une nouvelle escalade du niveau de violence dans notre pays. »
« Les interdictions de manifestations et couvre-feux sont annoncés en série à travers le pays et constituent des restrictions graves au droit de manifester et de circuler librement. Des centaines de milliers de personnes sont ainsi empêchées de manifester pacifiquement pour revendiquer leurs droits sociaux et économiques.
« C’est pourtant dans notre contexte actuel d’inégalités exacerbées que le droit de manifester, pilier des libertés fondamentales consacrées par la France et le droit international, doit plus que jamais être protégé et garanti. Les mesures d’interdiction ne doivent, elles, être déployées que si elles sont strictement nécessaires, proportionnées et adoptées en dernier recours. »
« Nous craignons également une escalade de brutalité dans l’encadrement des manifestations, après un usage déjà abusif ces dernières semaines de nasses, gaz lacrymogènes, grenades mutilantes et autres techniques de maintien de l’ordre dont nous demandons l’interdiction depuis des années. Cette stratégie de maintien de l’ordre ne permet pas le libre exercice du droit de manifester et a, au contraire, un effet dissuasif. »
« Au lieu de défendre nos droits fondamentaux, le gouvernement glisse vers des pratiques autoritaires en alimentant un climat de peur qui justifierait toutes les restrictions de libertés. En adoptant une logique uniquement sécuritaire, il nie ses responsabilités dans l’échec de la stratégie de maintien de l’ordre française et ne répond pas aux revendications légitimes des manifestants. » « Amnesty International appelle le gouvernement à changer enfin sa doctrine de maintien de l’ordre défaillante et à adopter une stratégie de désescalade. Des « risques de violences » ne sauraient justifier les entraves au droit de manifester pacifiquement et l’usage excessif de la force dont nous sommes toutes et tous témoins, et encore moins dans un pays historiquement associé à la défense de nos libertés. »
