Les "Guerreras por la Amazonia" avec des lycéennes de Riom / © Benjamin Girette – Paris 26/01/26

Quand quatre lycéennes de Riom rencontrent deux très jeunes militantes venues d’Équateur, les « Guerreras por la Amazonia », naît alors une complicité autour d’un même combat : protéger la planète et celles et ceux qui la défendent.

Cet article est publié en exclusivité pour le site d’Amnesty France, il sera à retrouver dans le numéro d’été du magazine La Chronique.

Lundi 26 janvier 2026. Il est cinq heures, Riom (Puy-de-Dôme) s’éveille. Sur le quai de la gare, Claire et Claude, militants d’Amnesty International, retrouvent quatre élèves du lycée Virlogeux et leur professeure, Anne Oddon. La fine équipe monte à bord d’un Intercités, direction Paris. Dans le wagon, Aurore, Mathilde, Victoire et Yousra retiennent leur enthousiasme pour ne pas déranger les passagers encore assoupis. Elles peaufinent les cartes postales qu’elles remettront à deux défenseuses de l’environnement équatoriennes en visite au siège d’Amnesty International France.

Copines, les quatre adolescentes font partie du club Unesco – l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture de leur établissement. À Riom, une quinzaine de lycéens membres de ce club se retrouvent toutes les semaines pour discuter de sujets qui les touchent – comme l’écologie – et monter des projets. Dans ce cadre, Anne Oddon, l’une de leurs professeures, avait demandé, en janvier 2025, au groupe local d’Amnesty International de venir parler aux lycéens du génocide à Gaza.

Rebelote huit mois plus tard. Cette fois, les militants d’Amnesty International viennent présenter la situation des Guerreras por la Amazonia (“Guerrières pour l’Amazonie ») : un groupe de 15 Équatoriennes issues de 6 peuples autochtones, âgées de 12 à 19 ans, qui luttent contre les torchères de gaz sur leur territoire, ces « monstres de feu », comme elles les ont baptisées, exposent les habitants de leur région à des odeurs nauséabondes, à des bruits incessants, à des émissions cancérigènes. En 2021, la justice équatorienne a donné raison aux militantes et sommé l’État d’en finir avec la pratique du torchage. Pourtant, les « monstres de feu » continuent de brûler et les tentatives d’intimidation se multiplient : en février 2024, une bombe artisanale a explosé dans la cour de la maison de l’une des militantes. « Nous avons choisi leur cas parce que nous avons pensé que le combat de ces jeunes filles de l’autre côté de la planète intéresserait nos jeunes ici », explique Claire Bladier, responsable de l’Éducation aux droits humains au sein du groupe Amnesty International à Riom.

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Santé, écologie, justice

Pari gagné. Les lycéens du club Unesco accrochent immédiatement à la situation des Guerreras.

C’est un peu cliché, mais, petite, je rêvais de sauver l’Amazonie. Alors, quand j’ai découvert les Guerreras, j’ai saisi l’occasion de les soutenir à distance ! 

Victoire, lycéenne de Riom

C’était fou de découvrir qu’à des milliers de kilomètres, malgré nos différences, des filles avaient les mêmes préoccupations que nous : la santé, l’écologie, la justice

Yousra, lycéenne de Riom

Les militants d’Amnesty International proposent aux lycéens de préparer des lettres de soutien. Une action d’autant plus pertinente que les défenseuses de l’Amazonie font partie des défenseurs des droits humains mis en avant dans le cadre de la campagne annuelle d’Amnesty International « Changez leur histoire ».

Fin 2025, Claude Courtadon, chargé des actions suivies dans le groupe local riomois d’Amnesty International, apprend que le siège de l’ONG a invité deux Guerreras à venir plaider leur cause auprès des députés et des médias français. Pourquoi ne pas organiser une rencontre entre les jeunes d’Amazonie et les lycéens auvergnats ? Pour limiter les frais et la logistique, Anne Oddon sélectionne quatre membres du club Unesco parmi les plus motivés. C’est moins facile pour les deux Équatoriennes, car les autorités françaises tardent à délivrer des visas à Dannya Bravo et à Lency Lusitande, ainsi qu’à leurs mères. Elles les obtiendront in extremis, quelques jours avant le départ.

Enfin, le 26 janvier, l’équipe de Riom arrive à Paris. Sur place, l’émotion est au rendez-vous. Les lycéennes offrent aux Guerreras les cartes qu’elles leur ont préparées : « Vous ne protégez pas seulement lAmazonie, mais nous tous » ou « Si la jungle pouvait écrire, elle vous remercierait ». « On sest tout de suite super bien entendues, raconte Aurore. Nous allons rester en contact par Internet. Leurs mamans ont même dessiné un maquillage traditionnel sur nos joues. » Un symbole qui signifie « la force des jeunes ».

© Benjamin Girette

Soutenir le combat des Guerreras por la Amazonia

Amnesty International se mobilise aux côtés de Lency, Dannya et de toutes les Guerreras pour amplifier leurs voix et faire interdire le torchage de gaz en Amazonie. Pour les soutenir, signez notre pétition !