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Adrien : « On m’arrête, je dis que je suis journaliste, on me répond que je m’expliquerai au commissariat, sans aucune explication »

Adrien Adcazz, 24 ans, reporter depuis 3 ans, statut pigiste, accrédité pour médias QG - environ 34 heures de garde à vue, classement sans suite

Samedi 12 décembre à Paris, Adrien a été arrêté alors qu’il faisait un reportage sur la manifestation contre la proposition de loi « Sécurité Globale » et contre le projet de loi « confortant les principes républicains ». Plus de 34 heures dans une cellule, privé de libertés, pour avoir fait son travail de journaliste.  Comment la police a-t-elle justifié son interpellation ? Dans quelles conditions s’est faite son arrestation ? Comment a-t-il vécu sa garde à vue ? Voici son témoignage.  

15h35 – Boulevard Sébastopol   

La manifestation

J’ai été contrôlé sept fois avant la manif. Ils ont fouillé les sacs. Ils n’ont rien pris. J’ai tout passé sans problème. Au départ, la manif était très calme.Puis il y a eu des charges, sans sommations. J’ai filmé tout ça, j’ai filmé du matraquage… les policiers m’avaient vu faire, ils savaient ce que je faisais. À un moment, je sens quelqu’un qui me tire dans le dos. On me sortait de la manifestation.   

L’interpellation 

Je dis que je suis reporter, on me dit que je m’expliquerai au commissariat.On ne me donne pas vraiment les raisons. On devait être huit, dont deux mineurs. Ils m’ont mis les serflex, ils ont arraché la batterie de ma caméra pour ne pas que ça continue à filmer.Ils ont tout mis dans mon sac et ils m’ont mis le sac sur la tête. On a attendu environ 30 min, le temps qu’ils fassent des interpellations pour remplir le camion.   

Le commissariat 

Vers 17h, on se retrouve dans le commissariat. On nous fait souffler (test d’alcoolémie), chacun un par un on s’est mis dans une salle, en caleçon, on vérifie les affaires, on se rhabille et on va en cellule. On était d’abord trois, puis quatre en cellule.   

L’audition 

J’ai vu mon avocat le soir même. Il a demandé à ce qu’on voit l’officier de police judiciaire (OPJ) directement. C’est ce qu’on a fait. Ça s’est bien passé, le mec était compréhensif.  Il me dit que ça risque de bien se passer. Puis ils m’ont remis en cellule et jusqu’à tard le matin je nai plus aucune nouvelle de ce qui se passe. Moi on me reprochait une dissimulation de visage, refus d’obtempérer à un ordre de dispersion et participation à un attroupement en vue de commettre des violences.   

La cellule   

Le lendemain, on demande des nouvelles quasiment toutes les deux heures.On devient un peu impatient.On ne sait pas comment se déroule le temps : est-ce qu’on est le matin, le soir ? On se demande comment ça se passe. Plus on demande, moins ils viennent. Alors on arrête de poser des questions. Puis à un moment, ils viennent nous chercher, tous, ils nous mettent dans des salles.Ils nous disent que nos gardes à vue sont prolongées. Tous sauf une personne et les deux mineurs. Ils ne nous ont pas dit pourquoi ils prolongeaient.   

Libération 

Je suis remis en cellule pendant 4 ou 5 heures, puis on vient me chercher et on me dit « vous êtes libre ». À la sortie je suis dégouté parce que je n’ai pas ma caméra, je n’ai pas mes images. Je ne vais pas pouvoir faire mon reportage. Je n’ai pas mon portable non plus, je ne peux pas prévenir les gens. Mon matériel était sous scellés. Je suis retourné le chercher deux fois mais je n’ai pas pu le récupérer, alors que l’affaire est classée depuis le 28 décembre. J’ai filmé des interpellations de personnes vraiment pacifiques, et je ne peux pas les récupérer parce qu’ils gardent mon matériel  ! 

Agir

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