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Vue de Raqqa © CNES 2018, Distribution AIRBUS DS

Vue de Raqqa © CNES 2018, Distribution AIRBUS DS

Vue de Raqqa © CNES 2018, Distribution AIRBUS DS

Syrie : une application pour recenser les frappes aériennes

A l’aide d’images transmises par satellite, des militants à travers le monde vont déterminer comment les bombardements de la coalition dirigée par les États-Unis ont détruit près de 80 % de la ville syrienne de Raqqa. .

Cet outil innovant, baptisé « Strike Tracker », est la prochaine étape d’une enquête approfondie menée par notre organisation, en partenariat avec Airwars, sur l’ampleur choquante des pertes civiles résultant de quatre mois de bombardements américains, britanniques et français ayant pour objectif de chasser le groupe armé se faisant appeler État islamique (EI) de Raqqa.

Les recherches de terrain et notre analyse depuis la fin de cette campagne militaire, en octobre 2017, ont fourni des preuves accablantes de violations manifestes du droit international humanitaire (aussi appelé lois de la guerre) commises par la coalition dirigée par les États-Unis. Celles-ci ont conduit la coalition à revoir à la hausse son bilan des victimes civiles, qui est passé de 23 morts à plus de 100 – une augmentation de 300 %.

Des victoires qui doivent en appeler d’autres

Grâce à notre enquête méticuleuse sur le terrain, aux centaines d’entretiens réalisés au milieu des ruines de Raqqa et à l’analyse militaire et géospatiale de nos experts, nous avons réussi à pousser la coalition dirigée par les États-Unis à reconnaître presque toutes les pertes civiles que nous avons constatées jusqu’à présent.

Cependant, au vu du fait que des corps continuent d’être retrouvés sous les décombres et dans des charniers plus d’un an après, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Il reste une montagne d’éléments à passer en revue, et l’ampleur des dommages civils est trop grande pour que nous le fassions seuls. Avec l’aide des milliers de “Strike Trackers” volontaires sur ce dossier pour nous aider à définir précisément quand et où les frappes aériennes et les tirs d’artillerie de la coalition ont détruit des bâtiments, nous pouvons améliorer notre capacité à dresser la carte des destructions apocalyptiques à Raqqa.

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Comment ça marche ?

 « Strike Tracker » (« chasseur de frappes ») va permettre à toute personne munie d’un smartphone ou d’un ordinateur portable de contribuer aux recherches essentielles d’Amnesty International sur les dommages civils systématiques – comprenant probablement des violations des lois de la guerre – que la coalition n’a pas pu ou pas voulu reconnaître jusqu’à présent.

Selon les données fournies par l’ONU, plus de 10 000 bâtiments ont été détruits ou abîmés à Raqqa au cours de la bataille qui a eu lieu en 2017. « Strike Tracker » aidera Amnesty International à dater plus précisément chacune de ces destructions, de quelques mois à quelques semaines près – voire quelques jours près. Les volontaires observeront un bâtiment sur une succession d’images transmises par satellite pendant la bataille, en repérant les changements et en notant les dates avant et après la destruction du bâtiment.

Entre 3 000 et 5 000 militants en ligne devraient participer à ce projet qui durera plusieurs mois. Afin de garantir la qualité des données, l’objectif est de faire analyser plusieurs fois par plusieurs volontaires chaque bâtiment détruit.

Et ensuite ?

Les résultats de « Strike Tracker » contribueront à l’ensemble des efforts d’Amnesty International visant à :

·      faire connaître l’impact dévastateur sur les civils pris au piège à Raqqa pendant la bataille ;

·      faire évoluer la position de la coalition dirigée par les États-Unis sur les pertes civiles, qui est actuellement de refuser d’accepter une plus grande responsabilité et d’enquêter en bonne et due forme ; et

·      aider les familles de victimes et les rescapés à demander justice et réparation.

Les données que nous collectons avec “Strike Tracker” nous permettront d’avancer dans la révélation de l’ampleur ahurissante des pertes civiles et s’appuieront sur l’obligation légale et morale de la coalition d’assumer pleinement la responsabilité de ses actions. Elle doit enfin reconnaître ces cas et enquêter dessus comme il se doit, afin d’ouvrir la voie à la justice et la réparation.

Nous publierons les résultats de « Strike Tracker » dans le cadre d’une plateforme numérique interactive au début de l’année 2019.

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L'enquête participative « Strike Tracker » est la prochaine étape d’une enquête approfondie menée par notre organisation, en partenariat avec Airwars