Accéder au contenu
Menu
Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que: 5.1/mois
Kamel Daoudi © Amnesty International

Kamel Daoudi © Amnesty International

Kamel Daoudi © Amnesty International

Actualité

Le procès de Kamel Daoudi ou les dérives de la lutte contre le terrorisme

Le 20 décembre aura lieu le procès de Kamel Daoudi au tribunal de grande instance de Saintes. Il est poursuivi pour deux retards de pointage à la gendarmerie et risque la prison. Le cas de Kamel est l’exemple typique des dérives de la lutte antiterroriste.

Assigné à résidence depuis dix ans pour une durée indéterminée, Kamel Daoudi, vit à 450 km de sa femme et de ses enfants. Il doit se présenter trois fois par jour à la gendarmerie et respecter un couvre-feu. Il est actuellement poursuivi pour deux retards de 31 et 50 minutes, pour lesquels, il risque respectivement un an et trois ans de prison.

Sa mesure d'assignation à résidence est administrative, et n'est donc liée à aucune procédure judiciaire. Kamel Daoudi nous a confié au sujet de sa femme et de ses enfants : « C’est comme s’ils étaient eux-mêmes assignés à résidence. »

Lire aussi : Kamel Daoudi, le plus ancien assigné de France

Une situation kafkaïenne

L’assignation à résidence illimitée de Kamel Daoudi et ses modalités sont contraires aux obligations de la France au regard du droit international et demande la levée de toute urgence de cette mesure.

Cette procédure judiciaire engendrée par une mesure administrative elle-même abusive alimente une spirale kafkaïenne.

Cette situation est emblématique des dérives de la lutte contre le terrorisme et de l’utilisation de procédures administratives qui ne garantissent pas une procédure équitable.

Lire aussi : Antiterrorisme en France : une punition sans procès

Un No man’s land juridique

En 2002, le ministère de l’Intérieur a retiré la nationalité française à Kamel Daoudi. En 2008, Kamel Daoudi est sorti de prison et a été placé en rétention administrative, en vue de son éloignement avec fixation de l’Algérie comme pays de renvoi.

En 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a empêché son expulsion vers l’Algérie, jugeant que ce transfert mettrait la vie de Kamel Daoudi en danger.

Puis, Kamel Daoudi a été assigné à résidence sur la base du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

En juin 2018, les autorités ont refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour. Kamel Daoudi est donc sans-papiers. Les autorités françaises ne peuvent pas envoyer Kamel Daoudi en Algérie, mais ne veulent pas lever les restrictions auxquelles il est soumis pendant qu’il est en France.

Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation. Gérer les paramètres