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Elle n'a pas commis de crime reconnu par le droit international et a été sanctionnée uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion. © Justice for Iran

Elle n'a pas commis de crime reconnu par le droit international et a été sanctionnée uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion. © Justice for Iran

Elle n'a pas commis de crime reconnu par le droit international et a été sanctionnée uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion. © Justice for Iran

Droits sexuels et reproductifs
Actualité

Iran : une dessinatrice satirique contrainte de subir un "test de virginité"

Atena Farghadani, dessinatrice satirique, affirme avoir été contrainte de subir un « test de virginité et de grossesse » avant d’être jugée pour « relations sexuelles illégitimes » parce qu'elle a serré la main de son avocat. Une nouvelle violation qui illustre le bilan catastrophique des violences faites aux femmes en Iran.

Atena Farghadani, dessinatrice satirique, affirme avoir été contrainte de subir un « test de virginité et de grossesse » avant d’être jugée pour « relations sexuelles illégitimes » parce qu'elle a serré la main de son avocat. Une nouvelle violation qui illustre le bilan catastrophique des violences faites aux femmes en Iran.C’est par une note écrite en prison qui a été divulguée et qu'Amnesty International a pu consulter, qu’Atena Farghadani déclare que les autorités judiciaires l'ont emmenée dans un centre médical en dehors de la prison le 12 août, et l'ont contrainte à subir ces tests. Ces tests font suite aux plaintes d’Atena Farghadani contre les insultes à caractère sexuel et les gestes obscènes des membres de l’administration pénitentiaire. En septembre 2015, elle observe une grève de la faim « sèche », c'est-à-dire sans eau ni nourriture, pour protester contre ces mauvais traitements. Toutefois, les actes de harcèlement se poursuivent.

Les tests de viriginité, une forme de violence

Les « tests de virginité » pratiqués sous la contrainte sont reconnus au niveau international comme une forme de violence et de discrimination à l'égard des femmes et des jeunes filles. Ils bafouent l'interdiction absolue de la torture et des autres traitements cruels, inhumains ou dégradants garantie par le droit international. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) exhorte les autorités sanitaires dans le monde à mettre fin à la pratique des « tests de virginité » en toutes circonstances et interdit aux professionnels de santé de pratiquer ces tests discriminatoires et dégradants.

En exploitant la honte associée aux violences sexuelles et liées au genre, les autorités visent à intimider, sanctionner et harceler les militantes. Au lieu d'exploiter les tabous liés aux violences sexuelles pour effrayer les femmes et les dissuader de militer politiquement, les autorités iraniennes doivent prendre des mesures pour mettre fin aux violences et aux discriminations que subissent les femmes et garantir leur accès à des procédures légales permettant de rendre justice dans les cas de violences fondées sur le genre.

A propos d'Atena Farghadani

Atena Farghadani est une prisonnière d'opinion. Elle n'a pas commis de crime reconnu par le droit international et a été sanctionnée uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion. Incarcérée depuis janvier 2015, Atena Farghadani a été condamnée en juin à 12 ans et neuf mois de prison pour son militantisme pacifique, notamment pour avoir rencontré des familles de prisonniers politiques et dessiné les législateurs sous les traits de singes, de vaches et d’autres animaux. Son dessin satirique dénonçait un projet de loi visant à ériger en infraction la stérilisation volontaire et à restreindre l'accès à la contraception et aux services de planification familiale. En décembre 2014, alors qu'elle se trouvait en liberté sous caution, elle a posté sur YouTube une vidéo dans laquelle elle dénonçait le fait que des gardiennes à la prison d'Evin l'avaient frappée, insultée et contrainte à se déshabiller pour une fouille au corps. Au lieu d'enquêter sur ces allégations, les autorités iraniennes l'ont de nouveau arrêtée en janvier 2015, probablement à titre de représailles pour cette vidéo.

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