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Conflits armés et populations
récit

Idlib : des civils toujours en danger

Les civils à Idlib, en Syrie, sont toujours en danger alors que la date-butoir concernant la zone « démilitarisée » approche. Kumi Naidoo, le nouveau secrétaire général d'Amnesty International s’est rendu sur place.

Ce que j'ai vu à Raqqa m'a profondément choqué. La ville est une coquille : des bâtiments détruits par les bombardements, très peu d'eau potable et d'électricité, l'odeur nauséabonde de la mort flottant dans l'air. Qu'il soit encore possible d’y vivre défie l'entendement et témoigne de la remarquable résilience des habitants civils de la ville.

Les attaques de la coalition que dirigent les États-Unis ont tué des centaines de civils, et déplacé des dizaines de milliers de personnes, qui retournent aujourd’hui dans une ville en ruines, tandis que beaucoup d'autres attendent dans des camps.

Ce sort terrible, c’est aussi celui des civils qui ont survécu dans tant d'autres villes où les forces syriennes et russes ont détruit des hôpitaux et des centres médicaux, des écoles et des infrastructures, privant les habitants de leurs droits fondamentaux, ainsi que de leurs habitations.

Alors que la date butoir pour la création d'une zone démilitarisée à Idlib expire dans trois jours, je crains que la population civile de cette ville ne subisse le même sort si les parties au conflit renoncent à l'accord. Comme l'a mentionné le président Bachar el Assad dans sa dernière déclaration aux médias, cet accord n'est que temporaire, ce qui signifie que les civils ne seront sans doute pas protégés pendant longtemps, surtout ceux qui vivent en dehors de la zone désignée. 

Le peuple syrien s'est habitué aux promesses non tenues en matière de sécurité, particulièrement à celles des gouvernements russe et syrien. Nous surveillerons la mise en place de la zone démilitarisée et continuerons de dénoncer les violations du droit international humanitaire commises par toutes les parties au conflit contre les civils vivant à l'intérieur et à l'extérieur de la zone. Nos yeux sont tournés vers Idlib et le reste de la communauté internationale ne doit pas détourner le regard. Nos craintes pour la population civile d'Idlib sont attisées par le fait que le gouvernement syrien a déjà montré son mépris total pour les principes d'humanité fondamentaux. 

Toutes les parties impliquées, y compris le gouvernement syrien et ses alliés et la coalition que dirigent les États-Unis, doivent fournir aux victimes et à leurs familles des réparations pleines et entières. Force est de constater qu’ils ne s'acquittent pas de cette obligation, et que le gouvernement en Syrie continue de se livrer à des crimes de guerre, en attaquant délibérément les civils dans la Ghouta orientale et à Daraa, en forçant des milliers de personnes à quitter leur foyer et en empêchant les organisations humanitaires d’apporter une aide vitale à ceux qui se trouvent encore sur place.

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