Fabrice COFFRINI / AFP

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies vient de faillir à sa mission envers le peuple afghan. Lors de l’ouverture de la session spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, aucune décision forte pour la protection des civils afghans et pour la création d’un mécanisme d’enquête sur des crimes commis par les talibans ces dernières semaines n’a été prise.

Malheureusement, les États membres du conseil font la sourde oreille face aux appels clairs et constants de la société civile (dont notre organisation) et d’acteurs des Nations unies. 

Enquêter sur les crimes commis par les talibans est urgent 

Pourtant, un mécanisme d’enquête robuste permettrait de suivre et de signaler des violations des droits humains, y compris des crimes du droit international, et d’aider à traduire en justice dans le cadre de procès équitables les personnes soupçonnées d’être pénalement responsables. Les États membres du conseil ont adopté sans vote une résolution faible qui requiert simplement la publication de nouveaux rapports et une mise à jour de la part de la haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies en mars 2022, ce qui n’améliore guère le processus de suivi déjà en place. 

Homicides récents par les talibans 

Une enquête, que nous avons récemment menée sur le terrain, prouve que les talibans ont massacré des hommes de l’ethnie hazara, après avoir pris le contrôle de la province de Ghazni, en juillet 2021. Ces meurtres ne représentent probablement qu’une infime partie de l’ensemble des homicides commis par les talibans jusqu’à présent. Il est malheureusement difficile d’avoir des chiffres précis sur l’ampleur de ces crimes. Les talibans se sont empressés de couper les services de téléphonie mobile dans un grand nombre des régions sous leur contrôle, empêchant ainsi la circulation de l’information. 

Nombreuses sont les personnes qui courent déjà un grave risque de représailles en Afghanistan. La communauté internationale doit renforcer de toute urgence les initiatives visant à garantir l’évacuation sûre des personnes souhaitant quitter le pays. Les États doivent désormais cesser de retarder et adopter des mesures qui permettront véritablement de les protéger et rectifier l’échec du 24 août lorsque le Conseil des droits de l’homme se réunira à nouveau dans quelques semaines. Nous continuerons à exiger la création d’un mécanisme d’enquête doté d’un mandat solide  montrant que des crimes et des violations des droits humains sont actuellement commis à travers l’Afghanistan. 

 

Demandons l'accueil et la protection des civils afghans en danger !

En deux minutes, nous vous proposons d’interpeller le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, pour lui demander de mettre en œuvre une politique d’accueil et d’accès à la protection adaptée à la gravité de la situation.