Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que : 5,1 €/mois

Costa Rica

Les droits humains au Costa Rica en 2019

Le gouvernement a pris quelques mesures, bien que limitées, pour garantir les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles. 

Les milliers de personnes qui avaient fui la profonde crise des droits humains secouant le Nicaragua depuis avril 2018 pour demander une protection au Costa Rica rencontraient des difficultés dans l’exercice de leurs droits.

À la fin de l’année, le Costa Rica n’avait pas ratifié l’Accord d’Escazú pour l’accès à l’information, la participation publique et l’accès à la justice à propos des questions environnementales en Amérique latine et dans les Caraïbes.  

DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS 

En avril, le ministère de la Santé a délivré une autorisation concernant la commercialisation de contraceptifs d’urgence, qui sont devenus disponibles à la vente dans le pays sans ordonnance. La loi continuait de restreindre le recours à l’avortement au cas de l’avortement thérapeutique (pour préserver la vie ou la santé physique de la femme). En décembre, plusieurs mois après s’y être engagé, le gouvernement a publié un décret comportant des indications techniques pour la pratique de l’avortement thérapeutique dans les centres de santé privés et publics. Cependant, le décret a été critiqué par les défenseurs des droits des femmes, qui ont affirmé que ses dispositions étaient insuffisantes et inadaptées pour surmonter les obstacles rencontrés par les femmes dans le cadre de cette procédure. 

DISCRIMINATION  

À la fin de l’année, le Congrès n’avait pas adopté les modifications du cadre juridique national exigées par la Cour suprême dans une décision rendue en août 2018 visant à autoriser les mariages entre personnes du même sexe . Cette décision prévoyait l’annulation de l’interdiction en vigueur à compter de mai 2020. 

PERSONNES MIGRANTES ET RÉFUGIÉES 

Selon le gouvernement costaricain, en décembre 2019, plus de 70 000 personnes étaient entrées au Costa Rica en quête de protection depuis le déclenchement de la crise au Nicaragua. Si les autorités costaricaines continuaient de réagir positivement en autorisant l’entrée des personnes migrantes et réfugiées sans procéder à des expulsions massives, des défis majeurs restaient à relever pour garantir le respect de leurs droits fondamentaux et leur accès aux services essentiels. Selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme, parmi les difficultés rencontrées figuraient le coût élevé de l’accès à la procédure de demande d’asile par téléphone, le manque de conseils juridiques et d’informations sur les droits et la procédure de demande d’asile, et le long délai de traitement des demandes, atteignant parfois un an. Ces difficultés, ainsi que l'absence de titres provisoires pour les personnes demandeuses d'asile, entravaient l’accès à leurs droits économiques, sociaux et culturels, tels que le droit à un emploi légal, à l'éducation, à un logement décent et à la santé.  

DÉFENSEURS ET DÉFENSEURES DES DROITS HUMAINS 

Des organisations locales ont signalé des campagnes de diffamation et des attaques à l’encontre de défenseures et défenseurs des droits humains sur les réseaux sociaux, particulièrement à l’encontre de défenseures et défenseurs des droits des femmes, des personnes LGBTI, des droits territoriaux, des droits fonciers et environnementaux ainsi que de syndicalistes. 

En mars, le dirigeant indigène et défenseur des droits humains Sergio Rojas a été tué. Il avait signalé des menaces et des attaques contre lui et d’autres membres des communautés Bribri et Boran dans le cadre de conflits territoriaux. À la fin de l'année, il n’avait été fait état d’aucune avancée dans l'enquête sur ce meurtre et les mesures conservatoires ordonnées par la Commission interaméricaine des droits de l’homme pour la protection des communautés n’avaient pas été mises en œuvre.