47 personnes exécutées : le mépris total des droits humains de l'Arabie saoudite

Ali Mohammed Baqir al-Nimr, condamné à mort en Arabie Saoudite © privé
Ali Mohammed Baqir al-Nimr © privé

[04/01/2016]

 

 

 

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME : UN PRÉTEXTE POUR RÉGLER DES COMPTES

Nimr Baqir al Nimr, un dignitaire religieux chiite avait été déclaré coupable à l’issue d’un procès politique et inique devant un Tribunal pénal spécial. À l’exception de cet homme et de trois militants chiites, les autres personnes avaient été reconnues coupables d’implication auprès d’Al Qaïda.

Nimr al Nimr avait critiqué haut et fort le gouvernement saoudien. Avec 7 autres militants, ils avaient tous été arrêtés pour avoir participé à des manifestations pour avoir réclamé une réforme politique.
 
Les autorités saoudiennes ont indiqué que les exécutions avaient pour but de combattre la terreur et de préserver la sécurité. L’exécution de Nimr al Nimr en particulier semble toutefois indiquer qu’elles recourent également à la peine de mort sous couvert de lutte antiterroriste pour  régler des comptes et écraser la dissidence.

LE NEVEU D’AL NIMR LUI AUSSI CONDAMNÉ À MORT

Ali al Nimr, le neveu de Nimr al Nimr, Abdullah al Zaher et Dawood Hussein al Maroon, également condamnés à mort en raison de leur participation à ces manifestations, étaient tous mineurs au moment de leur arrestation. Tous trois continuent à risquer d’être exécutés d’un moment à l’autre, après avoir été déclarés coupables à l’issue de procès iniques, et affirmé avoir été soumis à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements.

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Le droit international prohibe le recours à la peine de mort contre les personnes âgées de moins de 18 ans.

LE TRISTE RECORD DE L’ARABIE SAOUDITE

L'Arabie saoudite compte depuis longtemps parmi les pays du globe qui exécutent le plus grand nombre de prisonniers. Entre janvier et novembre 2015, les autorités saoudiennes ont mis à mort au moins 151 personnes, soit le nombre d’exécutions le plus élevé enregistré en l’espace d’un an depuis 1995.

Sur le même sujet : Arabie saoudite : 151 exécutions en 2015

Dans de nombreux cas où les accusés encourent la peine capitale, ils ne sont pas autorisés à consulter un avocat et sont parfois reconnus coupables sur la base d'« aveux » arrachés sous la torture ou les mauvais traitements.

Amnesty International est opposée à ce châtiment en toutes circonstances, indépendamment des questions relatives à la culpabilité ou à l’innocence et quels que soient l'accusé, le crime commis et la méthode d’exécution.

LIRE / TÉLÉCHARGER  LE RAPPORT

Killing in the name of justice : the death penalty in Saudi Arabia 
(Rapport complet en anglais)

Index:
MDE 23/2092/2015
Date de publication : novembre 2015