Yémen : les transferts d’armes à la coalition menée par l’Arabie saoudite doivent être stoppés

Un soldat saoudien ©  AFP/Getty Images
Un soldat saoudien © AFP/Getty Images

[22/03/2016]

Un an après le début de l’intervention militaire menée par l’Arabie saoudite au Yémen,  les combats ont fait au moins 3000 morts parmi les civils, selon le Haut-commissariat aux droits de l'homme des Nations unies.  La majorité des civils a été tuée par des frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite.

Malgré des rapports détaillés sur les violations des droits humains, y compris de possibles  crimes de guerre commis par l’ensemble des parties au conflit au Yémen, la France et d’autres pays continuent à conclure des contrats d’armement avec les belligérants. 

La résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en avril 2015, a bien instauré un embargo sur les ventes d’armes aux combattants loyalistes pro-Houthis, mais pas sur celles destinées aux pays de la Coalition menée par l’Arabie Saoudite. 

Pourtant, le Traité sur le commerce des armes, entré en vigueur fin 2014 et que la France a activement promu, et ratifié, empêche voire interdit tout transfert d’armes qui risqueraient de servir à commettre des crimes de guerre ou d’être utilisées dans d’autres atteintes graves au droit international. 

Demandez  avec nous à François Hollande de suspendre immédiatement les transferts d’armes et les soutiens militaires à l’Arabie saoudite ainsi qu’à ses alliés de la coalition, lorsqu’ils mettent en danger la vie des civils au Yémen !

Monsieur le Président,

Le 25 mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite a lancé une campagne de frappes aériennes au Yémen. Elle a également envoyé des troupes au sol dans le sud du pays et imposé un blocus aérien et maritime.

Amnesty International a recueilli des informations faisant état de victimes civiles et rassemblé des preuves de violations du droit international humanitaire tout au long du conflit. Depuis le 25 mars 2015, près de 3 000 civils, dont au moins 700 enfants, ont été tués, et 5 659 ont été blessés.

Toutes les parties au conflit ont commis de graves atteintes aux droits humains et des violations du droit international humanitaire, notamment en ne prenant pas les mesures nécessaires afin d'épargner les civils et les biens de caractère civil. 

La France ne doit pas, en violation du Traité sur le Commerce des Armes qu’elle a promu et ratifié, autoriser des transferts d’armes risquant d’être utilisées pour tuer des civils, détruire des maisons, des écoles, des hôpitaux. 

Je vous exhorte à n'autoriser aucun transfert d’armes ou munitions aux parties au conflit yéménite tant que des informations crédibles et facilement accessibles continueront d'indiquer que ces armes sont, ou risquent d'être, utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, ou détournées à cette fin. Ces restrictions doivent s’appliquer tant aux armes classiques, munitions et pièces et composants, qu’au soutien logistique et financier pour de tels transferts. 

Je vous demande également d’agir de façon à ce que l’Union européenne adopte un embargo sur les armes et d’œuvrer pour que soit étendu à toutes les parties au conflit au Yémen l’embargo sur les armes mis en place par la résolution 2216 du Conseil de sécurité des Nations unies. 

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à ma démarche,  je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Amnesty International France protège vos données et vous tiendra informé(e) des futures campagnes.

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