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Mars 2006 - Sommaire
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01.03.2006
Israël et Territoires occupés
RUBRIQUE "EN MOUVEMENT" ISRAEL ET TERRITOIRES OCCUPES À la demande de la municipalité de Jérusalem, deux entreprises françaises s'apprêtent à construire un tramway dont le tracé confirmerait l'implantation de colonies israéliennes à Jérusalem-Est. Amnesty-France se saisit du dossier. Il aura fallu attendre l'approche des travaux pour que l'affaire s'ébruite. C'était en octobre 2005, associations et médias révélaient un contrat " honteux " entre un consortium d'entreprises françaises (Alstom et Connex pour 25 %) et israéliennes. Le quotidien Le Monde titrait alors " Le tramway de Jérusalem enchante le business et gêne le Quai d'Orsay ". Les contrats, eux, étaient signés depuis le mois de juillet. Une grande discrétion avait entouré ces négociations et pour cause. La première ligne de ce tramway doit relier le centre de Jérusalem-Ouest à deux colonies de l'Est, Pisgat Ze'ev et French Hill, installées depuis plus de trente ans sur des terres confisquées aux Palestiniens et dont l'annexion par Israël n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. Lors de sa visite en France, en octobre 2005, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'en était ému auprès de Jacques Chirac qui s'était engagé à se pencher sur la question. En guise de réponse, le Quai d'Orsay, bien embarrassé par cette affaire, fit alors cette déclaration laconique mais officielle : " La participation d'entreprises françaises à la construction du tramway de Jérusalem s'inscrit dans le cadre d'un marché international qui obéit à une logique commerciale. Leur participation à cette construction ne comporte à nos yeux aucune conséquence sur le statut de Jérusalem-Est. Notre position reste inchangée sur la colonisation en Cisjordanie et autour de Jérusalem-Est, qui est contraire au droit international ". Voilà qui est botté en touche. D'autres sections européennes d'Amnesty se sont engagées à faire pression sur les filiales des deux groupes français dans leurs pays respectifs. L'affaire est désormais sur la place publique. Gageons que les deux entreprises françaises redouteront la sanction de cette opinion publique informée ; sans oublier celle des actionnaires, puisque toutes deux sont cotées en bourse. Aurine Crémieu Vous pouvez vous abonner à notre mensuel :
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