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mai 2007
26.04.2007
USA Le scandale de Guantánamo continue

Le scandale de Guantánamo continue


L’ouverture d’un nouveau camp sur la base américaine de Guantánamo ravive les critiques des défenseurs des droits humains.


«Il semble que les prisonniers soient placés dans des conditions de détention extrêmes, non pas en raison de leur comportement individuel, mais de procédures opératoires plus dures dans le camp. », dénonce Amnesty International à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport. La plupart des détenus subissent un régime très sévère, confinés dans des cages grillagées ou des cellules à sécurité maximale.


De plus, une nouvelle installation, ouverte en décembre 2006, connue sous le nom de Camp 6, a créé des conditions encore plus difficiles d’isolement extrême et de privation sensorielle. Les détenus sont confinés vingt-deux heures par jour, presque entièrement coupés de tout contact humain, dans des cellules d’acier individuelles.

Celles-ci ne possèdent pas de fenêtres extérieures, ce qui les prive de lumière naturelle ou d’air frais. Aucune activité ne leur étant proposée, les prisonniers se livrent seuls à des exercices, dans une cour entourée de murs élevés, où la lumière du jour filtre à peine ; de plus, les sorties ont souvent lieu la nuit.


Les États-Unis décrivent le camp 6 comme une « installation ultramoderne », plus sûre pour les gardiens et « plus confortable » pour les détenus mais Amnesty International estime que les conditions de détention, telles qu’elles apparaissent sur les photographies ou sont décrites par des détenus ou leurs avocats, contreviennent aux normes internationales pour un traitement humain. Elles semblent plus strictes encore que les niveaux les plus durs de « sécurité maximale » sur le territoire des États-Unis, critiqués par la communauté internationale comme incompatibles avec les traités relatifs aux droits humains.


La sécurité du camp aurait été considérablement renforcée après une grève de la faim prolongée et la mort de trois détenus, apparemment par suicide, en juin 2006. De nombreuses personnes transférées au Camp 6 se trouvaient auparavant au Camp 4, où elles vivaient dans des bâtiments communs et avaient accès à diverses activités. Le Camp 4 n’accueillerait plus que 35 détenus environ, contre 180 en mai 2006.

Environ 80 % des quelque 385 détenus actuels de Guantánamo seraient à l’isolement, ce qui constitue une inversion de tendance par rapport aux mesures précédentes visant à faciliter leur vie. Selon le Pentagone, à la mi-janvier 2007, 165 détenus ont été transférés au Camp 6 depuis d’autres installations de la base. Une centaine est maintenue à l’isolement au Camp 5, avec des dispositions de sécurité maximales. Un groupe d’une vingtaine de personnes serait détenu à l’isolement au Camp Echo, situé à l’écart des autres, où les conditions de détention ont été décrites par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) comme « extrêmement dures ».


Parmi les personnes à l’isolement dans les Camps 5 et 6 figurent des détenus devant être libérés ou transférés, dont un certain nombre de Ouïgours, des musulmans chinois qui ne peuvent être renvoyés en Chine à cause du risque de persécution. Les avocats ayant récemment rendu visite à des détenus au Camp 6 ont exprimé leur vive inquiétude quant aux conséquences des conditions de détention sur la santé mentale d’un certain nombre de leurs clients.


Amnesty International demande la fermeture de Guantánamo. Elle exige que les détenus soient inculpés et jugés après un procès équitable, ou qu’ils soient libérés. Les organisations de défense des droits humains et d’experts des Nations unies doivent pouvoir accéder à Guantánamo tout comme les professionnels de santé indépendants afin d’examiner, en privé, certains détenus. En attendant, les autorités doivent s’assurer qu’aucun détenu n’est soumis à une détention prolongée à l’isolement dans des conditions de privation sensorielle, et permettre aux prisonniers davantage de communication et d’activités, un contact régulier avec leurs familles, avec la possibilité de recevoir des visites ou des appels téléphoniques.


EN SAVOIR + : USA : Cruel and inhuman – Conditions of isolation for detainees in Guantánamo Bay  Index AI : AMR 51/051/2007.

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Extrait du numéro de mai 2007 

Edito

En progrès
Colombie Enquête ouverte
Pérou Protection accordée
Dafour Premières inculpations

En suivi
Russie L’après Anna Politkovskaïa

En couverture Liban
Enquête Le tribunal de tous les dangers
Reportage La mémoire interdite
Entretien Robert Fisk chronique la destruction d’une nation


En recension
Roland Topor « Je ne suis pas angoissé, je suis paniqué. »

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Égypte Dommages collatéraux de la « guerre contre le terrorisme »
États-Unis Le scandale de Guantánamo continue
Zimbabwe Haro à Harare sur l’opposition

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