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février 2010
01.02.2010
Expulsions forcées en Papouasie-Nouvelle-Guinée


Grâce à des enquêtes menées sur le terrain, Amnesty International a trouvé des preuves de violences policières et d’expulsions forcées de personnes vivant près de la mine de Porgera, en Papouasie-Nouvelle Guinée. Au moins cent trente bâtiments, dont des maisons en dur, ont été détruits par la police dans les villages de Wuangima et Kulapi entre le 27 avril et juillet 2009. Conséquences dramatiques pour les habitants puisque l’on a estimé à plus d’un millier le nombre de personnes sans abri. Délogée sans notification d’expulsion, sans avoir été consultée avant l’intervention de police, cette population n’a bénéficié d’aucune aide pour faire respecter ses droits.


Basée au Canada et possédant 95 % de la mine qu’elle exploite à travers la Joint Venture de Porgera (PJV), la société Barrick a tout d’abord condamné les propos d’Amnesty en prétendant que les maisons incendiées étaient des baraquements temporaires habités par une population itinérante. Après une rencontre avec l’organisation de défense des droits de l’Homme le 3 décembre, Barrick est toutefois revenue sur ses affirmations. Par ailleurs, des photographies des expulsions forcées de Wuangima montrent des membres du personnel de PJV, rassemblés à l’intérieur de la zone minière, d’où ils pouvaient voir les policiers dans les villages incendier les maisons.

Des témoignages concordants et des preuves crédibles montrent également que les policiers ont agi avec violence dans l’exercice de leurs fonctions, rouant de coups un homme chez lui en pleine nuit. Aujourd’hui, Barrick et PJV reconnaissent qu’il faut demander aux autorités de Papouasie-Nouvelle- Guinée l’ouverture d’une enquête. Cependant, ces sociétés affirment nécessaire de savoir si certains propriétaires fonciers locaux avaient donné leur accord pour une intervention policière. Sur ce point, Amnesty rappelle que les expulsions ne devraient intervenir qu’en dernier recours, une fois que toutes les autres alternatives ont été explorées, en respectant les procédures de consultation et d’information ainsi que la mise à disposition de voies de recours judiciaires. Dans le cas contraire, même si elle est consentie par le propriétaire, une expulsion forcée reste illégale en droit international.

Papouasie-Nouvelle-Guinée. Des sociétés reconnaissent que la police a contraint des habitants à partir de chez eux près de la mine de Porgera.
Réf. ASA 34/005/2009

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