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Communiqués de presse
Conférence sur les Enfants Soldats 08.02.2007

COMMUNIQUE DE PRESSE de AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE
8 février 2007
Réf : SF07M71

La Conférence de Paris qui s’est tenue les 5 et 6 février a porté sur la protection des enfants dans les conflits armés.
A cette occasion, 30 ONG, 58 Etats et 70 représentants d’organisations intergouvernementales ont réaffirmé leur préoccupation sur le sort des centaines de milliers d’enfants qui sont encore recrutés pour combattre autour du globe.

Deux textes majeurs ont ainsi émergé de ces deux journées de travail.
Le premier vise à mettre à jour les Principes du Cap de 1997 en intégrant l’expérience et les progrès réalisés depuis dix ans en matière de réintégration d’enfants et de prévention du phénomène des enfants soldats.
Ces Principes de Paris, véritable guide à l’intention des Etats et des acteurs de terrain devront désormais servir de référence pour les futurs programmes formels ou informels de démobilisation d’enfants.
Les innovations résident principalement dans trois domaines.
Les filles soldats vont être désormais plus prises en compte car elles ont eu une expérience particulière dans les mouvements armés et leur réinsertion devra aussi être spécifiquement adaptée aux violences sexuelles qu’elles ont subies.
Les communautés d’accueil bénéficient dans ces Principes d’une place prépondérante. Elles sont considérées comme le pilier de la réinsertion des enfants et seront, à ce titre, assistées et accompagnées sur le long terme.
Enfin, la lutte contre l’impunité est aussi au centre des préoccupations. Aucun recruteur d’enfants ne devra plus être à l’abri de poursuites judiciaires. Amnesty International se félicite ainsi de la confirmation du procès de Thomas Lubanga, accusé par la Cour pénale internationale de criminel de guerre pour le recrutement d’enfants de moins de 15 ans.

Les Principes de Paris s’accompagnent d’une déclaration politique, signée par les 58 Etats présents à la Conférence, et intitulée «les engagements de Paris».
Ils traduisent les préoccupations des gouvernements et leur volonté de s’engager plus en avant dans la lutte contre l’utilisation d’enfants lors de conflits.
Les avancées majeures portent sur la libération sans condition des enfants recrutés, le contrôle des ventes d’armes légères, l’importance de la justice réparatrice et de la réinsertion sociale, la protection des enfants réfugiés, l’inclusion de la question des enfants soldats dans les accords de paix et la mise en place de programme de démobilisation et de réinsertion d’enfants le plus tôt possible, même si le conflit n’a pas encore pris fin.

Plus de 300.000 enfants, dont un tiers de filles, participent encore aux conflits autour du globe.
Ils sont soldats, messagers ou espions (une grande partie des filles sont des victimes sexuelles).
Les Principes et les Engagements de Paris sont une avancée fondamentale dans la prise en compte de cette situation dramatique. Les aspects techniques qui ont été développés vont permettre des améliorations essentielles dans la réinsertion des enfants soldats.
Cependant, beaucoup reste encore à faire et la Conférence de Paris a échoué sur des questions préoccupantes.
L’accent a ainsi été mis sur le recrutement d’enfants par des groupes armés irréguliers mais peu a été dit sur les forces armées gouvernementales.
On peut rappeler que les mineurs représentent jusqu’à 30% des recrues annuelles dans certaines armées occidentales.
Par ailleurs, le contrôle des armes légères a été évoqué mais pas le Traité International sur le Commerce des armes classiques. Enfin, la conférence aurait dû être l’occasion de tendre vers le « double 18 » qui interdit toute forme de participation (directe et indirecte) et de recrutement (forcé ou volontaire) d’enfants en dessous de l’âge de 18 ans.

Amnesty International France se félicite cependant de la prise de conscience internationale de la situation des enfants soldats.
La Conférence de Paris a montré que seule la mobilisation d’Etats et des organisations internationales permettra de mettre fin à l’une des pires violations des droits des enfants.




Note :
L’agence TBWA Paris a proposé une campagne de sensibilisation, à l'occasion de la journée internationale des enfants soldats du 12 février,pour tenter d'illustrer ce que vivent ces enfants.
Cette campagne de 3 visuels, réalisée comme un photoreportage, veut nous faire plonger dans le quotidien et l'horreur vécue par ces enfants.
Et est signée, «300 000 enfants soldats rêvent juste d’être des enfants – Agissez avec Amnesty International »
Pour cette campagne, Amnesty International bénéficie d'espace gracieux, offerts aux alentours du 12 février, grâce à la générosité des supports qui ont souhaité soutenir ce combat. Cette campagne va être également décliné au travers de bannières sur Internet.
VOIR CETTE CAMPAGNE

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE de AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE
8 février 2007
Réf : SF07M71