Centre de rétention de Mayotte
18.12.2008
AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
SF 08 M 130
18 décembre 2008
CENTRE DE RETENTION DE MAYOTTE
Amnesty International demande aux autorités françaises
de mettre un terme aux conditions de rétention, indignes et inhumaines
Dans le cadre de la Journée internationale des migrants, Amnesty International (AI) a adressé le 17 décembre 2008 aux ministres de l’Intérieur et de l’Immigration une vidéo et des photos prises à l’intérieur du centre de rétention de Pamandzi à Mayotte (1). La vidéo montre des migrants, hommes, femmes, enfants et nourrissons, entassées dans des salles fermées par des grilles à l’intérieur des locaux insalubres du centre.
Pour AI, ces conditions de maintien en rétention peuvent être assimilées à des traitements inhumains et dégradants pour les personnes qui les subissent.
Le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, à l’issue de sa visite en mai 2008, a appelé les autorités françaises « à ce que les droits de l’homme et la dignité humaine soient respectés dans l’ensemble des centres de rétention et que les conditions de vie offertes aux étrangers retenus à Mayotte soient immédiatement améliorées ».
La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), qui s’est rendue sur place en janvier 2008, a condamné « une organisation du centre, qui, faute de structures et de moyens logistiques et financiers correspondants au nombre de personnes retenues [engendre] une zone de non droit où le déni de la dignité est accepté par la puissance publique ». La CNDS cite le chef du centre : « la capacité théorique de soixante places est très régulièrement dépassée […] pour atteindre deux cent vingt personnes ; cette situation est ingérable pour les fonctionnaires et les personnes retenues ». L’avis de la CNDS précise que « depuis 1999, il est question de reconstruire le centre de rétention ».
La Défenseure des enfants pour la France, suite à sa visite sur l’île en octobre 2008, a insisté sur l’urgence des travaux à réaliser et souligne que « les enfants, qui n’ont pas commis d’infraction, n’ont pas à être placés dans un lieu privatif de liberté ».
Pour Amnesty International, les autorités françaises, qui se sont abstenues d’intervenir pour empêcher ces atteintes graves aux droits humains des migrants, ont aujourd’hui la responsabilité de prendre d’urgence les mesures qui s’imposent pour mettre un terme à cette situation.
Pour en savoir plus sur la Journée internationale des migrants : http://www.amnesty.fr/droitsdesmigrants
Pour accéder à notre page spéciale Centre de rétention à Mayotte : http://www.amnesty.fr/mayotte
Amnesty International lance une campagne mondiale contre la détention des migrants. Elle a publié « Les détentions liées à la migration : une préoccupation mondiale » - respect des droits humains, détention des migrants et recommandations.
(1) Des copies de ces alertes ont été adressées au Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, au président de la Commission nationale de déontologie de la sécurité, à la Défenseure des enfants et au Contrôleur général des lieux de privation de liberté.
Service presse Amnesty International France
Aurélie Chatelard / Laure Delattre 01 53 38 65 77 - 65 41 / 06 76 94 37 05