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21.12.2009
Lamba Soukouna

FRANCE : Victime de violences policières, attend toujours que justice lui soit rendue


Lamba Soukouna
Lamba Soukouna blessé à la tête après avoir été tabassé par la police.
Lamba Soukouna a été maltraité par des policiers dans la soirée du 8 mai 2008 devant chez lui, à Villepinte, dans la banlieue de Paris.

Lamba souffre de drépanocytose, une maladie génétique grave, et a dû être hospitalisé trois jours.

Voici son témoignage :

Alors qu’il rentre chez lui, il remarque un groupe de policiers anti-émeutes devant l’immeuble d’en face charger un groupe de jeunes, qui se dispersent dans toutes les directions.
Il entre alors dans le hall de son immeuble, mais des policiers arrivent en courant.
L’un d’eux l’attrape par-derrière, le plaque au mur et le frappe au front avec la crosse de son flashball. Lamba tombe à terre et s’évanouit.
Quand il revient à lui, il sent du sang ruisseler sur son front.
Malgré l’intervention d’un voisin qui leur signale que Lamba est atteint d’une maladie grave, les policiers lui donnent des coups de pied dans le dos et les côtes.


Alors qu’il se rend avec son frère à la gendarmerie pour porter plainte, il reconnait sur les lieux d’un accident de voiture certains des policiers qui l’ont agressé.
Il s’arrête pour mieux les identifier.
Un autre policier, voyant ses blessures, lui dit d’aller voir les secours arrivés sur les lieux.
Tandis qu’il s’y dirige, un de ses agresseurs l’agrippe par le cou et le fait monter de force dans un fourgon de police, où il est menotté.
Les policiers disent à son frère qu’ils l’emmènent « à l’hôpital ». En réalité, on le conduit au commissariat.



Lamba Soukouna
Lamba Soukouna découvre les messages de soutien qui lui ont été envoyé par les participants au Marathon des lettres en décembre 2009
Là, il demande plusieurs fois les médicaments indispensables à sa santé, sans succès.
Après plusieurs heures, il est finalement emmené à l’hôpital, où il reçoit plusieurs points de suture au front et une incapacité totale de travail de six jours.
Renvoyé au commissariat, il est alors placé en garde à vue pour outrage et rébellion.


Le policier qui l’a agressé affirme que Lamba l’a insulté et a essayé de le frapper, et que lui-même l’aurait frappé dans un acte de légitime défense ; que Lamba a essayé de s’enfuir et a encouragé d’autres jeunes à attaquer les policiers.
Lamba nie l’ensemble des accusations portées contre lui, notamment la fuite, car, en raison de sa maladie chronique et de deux opérations aux hanches, il est tout-à-fait incapable de courir, donc de s’enfuir.
Réclamant de nouveau en vain ses médicaments, il est victime d’une crise, caractérisée par des difficultés à respirer et de violentes douleurs.
Il reste hospitalisé trois jours.

 


Lamba Soukouna
Lamba Soukouna participe à une conférence à Sciences-Po Paris le 7 décembre 2009
Lamba a déposé une plainte auprès de l’Inspection générale des services (IGS), classée sans suite sans qu’aucune enquête n’ait été menée.

Lamba attend de savoir quelles sont les charges qui pourraient être retenues contre lui, dans le cadre de la plainte déposée par la police.


Sans pouvoir se prononcer sur la véracité de son témoignage, Amnesty International, après recherche, estime les faits relatés suffisamment graves et étayés pour qu’une enquête soit conduite dans les meilleurs délais.

Par ailleurs, ces dernières années, Amnesty International note une tendance à ce que les personnes portant plainte contre la police pour mauvais traitements soient elles-mêmes injustement poursuivies pour outrage et rébellion. T
out porte à croire qu’il s’agit d’une tactique de certains policiers pour décourager les plaintes à leur encontre.

 



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Lamba Soukouna
Lamba Soukouna est venu témoigner dans les locaux d'Amnesty International France le 12 décembre 2009