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20.07.2010
Ibni Oumar Mahamat Saleh

TCHAD : Enlevé par les forces de sécurité au seul motif d’être dirigeant de l’opposition

 

1er juillet 2010 - une nouvelle avancée encourageante !
 
Le Tchad a enfin accepté que des experts internationaux participent au Comité de suivi chargé notamment de l'enquête sur la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh en février 2008.
Cette décision est conforme à ce que demandaient la Commission d'enquête tchadienne en 2008, Amnesty International et la résolution votée à l'unanimité par les députés français en mars 2010. Abderamane Djasnabaille, ministre tchadien des Droits de l'homme, a fait cette annonce durant la 14ème session du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU.

Cette ouverture à la présence internationale permettra de relancer l'enquête et de mieux garantir son impartialité.

Mais Amnesty International sera vigilant à ce que cette impartialité se traduise dans les faits.
Notamment, ce nouveau comité devrait se réunir régulièrement et rendre compte de ses travaux, afin que l'enquête aboutisse à l'inculpation des responsables et à la tenue d'un procès dans les meilleurs délais.

 


Ibni Oumar Mahamat Saleh
Ibni Oumar Mahamat Saleh, dirigeant du Parti pour les libertés et le développement(PLD) enlevé le 3 février 2008.
Les 2 et 3 février 2008, des groupes d’opposition armés ont lancé une offensive contre N’Djamena.
Des combats intenses ont éclaté dans plusieurs quartiers de la ville, avant que les forces gouvernementales ne reprennent le centre de la capitale et que l’opposition armée ne se retire à l’est du pays et de l’autre côté de la frontière au Soudan.


Le 3 février 2008, en fin d’après-midi, lorsque l’armée tchadienne a repris le contrôle de N’Djamena, les membres des forces de sécurité ont pénétré de force dans les domiciles de plusieurs dirigeants de l’opposition non-armée dont celui d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, dirigeant du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole d’une coalition de partis d’opposition.

 

Voici le récit d’un témoin oculaire concernant son arrestation :

« Le 3 février vers 19 h 30, un véhicule Toyota, à bord duquel se trouvaient huit militaires portant des turbans, s’est arrêté devant la porte d’entrée de la maison d’Ibni Oumar.
Auparavant, le véhicule avait sillonné le quartier ; certains des ses occupants étaient à pied et se renseignaient sur l’endroit exact de la résidence d’Ibni.
Devant la résidence, ils ont demandé si Ibni était à l’intérieur de la maison ; l’un d’entre nous a répondu qu’il ne le connaissait pas. Ils nous ont tenus en respect et quatre militaires sont allés frapper à la porte du salon.
Quelque temps après, Ibni Oumar est sorti avec les militaires.
L’un d’entre eux a tiré en direction de la personne qui avait dit qu’elle ne connaissait pas Ibni Oumar. »

 

Le gouvernement a déclaré que ces dirigeants de l’opposition avaient été arrêtés car ils soutenaient l’opposition armée.
En réalité, il semble qu’il a plutôt profité du conflit afin d’arrêter ceux qui dénonçaient sa politique.

Les disparitions forcées au Tchad continuent d’être une méthode utilisée afin de semer la terreur parmi la population et d’intimider les opposants politiques.

Malgré les demandes de la famille d’Ibni Oumar, d’organisations de défense de droits humains, de l’Organisation internationale de la Francophonie, et de l’Union européenne, on reste à ce jour sans nouvelles de lui.
Les responsables tchadiens ont sans cesse répondu aux proches et à Amnesty International qu’ils n’avaient aucune information sur son sort ni sur le lieu où il se trouvait.


Les autorités françaises auraient été au courant dès le 3 février 2008 qu’Ibni Mahamat Saleh avait été arrêté et où il se trouvait.
Elles ont pourtant nié avoir une quelconque information à ce sujet.

La Commission d’enquête, créée par le gouvernement tchadien, sous la pression internationale, (notamment celle de la France) pour examiner les violations des droits humains liées aux évènements de février 2008, n’a pas été en mesure d’établir ce qui est arrivé à Ibni Oumar.
Le rapport de la Commission déclare qu’il a été arrêté par des forces de sécurité gouvernementales mais celle-ci n’a pas pu déterminer l’endroit où il a été emmené ni la manière dont il a été traité.
La Commission s’est efforcée de vérifier si l’un des cadavres découverts durant les jours et les semaines qui ont suivi ces combats était celui d’Ibni Oumar, mais n’a pu conclure à son identification ; elle envisage cependant avec sérieux qu’il soit aujourd’hui décédé.

 



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En savoir plus EN SAVOIR PLUS

 







Communiqué de presse conjoint Amnesty International France et ACAT France - Paris, le 26 mars 2010 - réf : SF 10 M22
Tchad : les députés somment la France d’agir
Vote historique : les députés français ont adopté hier, à l'unanimité, une résolution en matière de droits de l’homme demandant au gouvernement de faire pression sur les autorités tchadiennes afin que toute la lumière soit faite sur la disparition de Ibni Oumar Mahamat Saleh , enlevé il y a maintenant deux ans par des militaires tchadiens.
L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) et Amnesty International France (AIF) félicitent les députés de la majorité comme de l’opposition qui, d’une voix commune, ont appelé à ce que vérité et justice soient faites.

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Hicham et Mohamed Saleh, fils du leader d?opposition tchadien disparu
Hicham et Mohamed Saleh, fils du leader d’opposition tchadien disparu ; Danièle Artur, coordinatrice Tchad AIF, Cécile Marcel, directrice des programmes de l’ACAT à l’Assemblée nationale 3/02/10
LIRE le Témoignage de Mohamed Saleh IBNI OUMAR, fils du dirigeant d’opposition disparu le 5 février 2008

Lire notre page sur la Conférence de presse du 3 février 2010


Qu’est devenu Ibni Oumar Mahamat Saleh ? Le Tchad et la France doivent rendre des comptes
Communiqué de presse conjoint ACAT-France et Amnesty International France du 3 février 2010
Il y a deux ans, le 3 février 2008, l’opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh était arrêté à son domicile par la garde présidentielle tchadienne au cours de la répression qui a suivi l’attaque de N’Djamena par des groupes armés d’opposition. Il n’a jamais été revu depuis.
A ce jour, les autorités tchadiennes n’ont apporté aucune réponse sur ce qui lui est arrivé, aucune enquête approfondie n’a été engagée et aucun agent de l’Etat responsable de cette disparition n’a été poursuivi.
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LIRE AUSSI notre page spéciale "Disparitions : Une pratique établie de longue date qui persiste", où vous pourrez notamment visionner une vidéo témoignage d’Ibni Oumar Mohamed Saleh, le fils d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, diffusée à l’occasion du 30 août 2009-Journée internationale des disparus.


Tchad. Double malheur. Aggravation de la crise des droits humains au Tchad
Rapport index AI : AFR 20/007/2008 - 18 décembre 2008
Ce rapport concerne les violations des droits humains et du droit humanitaire qui ont eu lieu à N’Djamena. Les 2 et 3 février 2008, des groupes d’opposition armés ont mené deux jours de combats intenses dans la ville. Le rapport attire l’attention sur les graves préoccupations concernant des violations présumées du droit international humanitaire commises aussi bien par les forces gouvernementales que par les groupes d’opposition armés. L’aggravation de la situation des droits humains au Tchad a des conséquences extrêmement préoccupantes pour les populations vivant au Tchad et pour l'ensemble de la région.