Les migrants retenus dans le centre de rétention administrative Pamandzi sont victimes de conditions de détention inqualifiables qui peuvent être assimilées à des traitements inhumains et dégradants.
Amnesty International a reçu une vidéo anonyme tournée dans le centre de rétention de Pamandzi à Mayotte (*).
Ce film montre des personnes, hommes, femmes, enfants et nourrissons, entassées sur des nattes dans des salles fermées par des grilles.
Il montre aussi une cuisine et des sanitaires dans un état de saleté effroyable.
Une situation connue et déjà dénoncée !
La Commission nationale de déontologie de la sécurité décrit le centre de rétention de Pamandzi :
« Il comprend trois grandes pièces pour les retenus, sans lit, les personnes sont allongées sur des pauvres nattes qui recouvrent parfois un sol en béton brut dégradé. Les sanitaires sont composés de quatre douches et six w-c communs aux hommes et femmes, l’état de ces équipements est pitoyable. »
Selon le chef du centre cité par la CNDS, « la capacité théorique de soixante places est très régulièrement dépassée […] pour atteindre deux cent vingt personnes ; cette situation est ingérable pour les fonctionnaires et les personnes retenues ».
L’avis de la CNDS précise que « depuis 1999, il est question de reconstruire le centre de rétention ».
Le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe a formulé des recommandations, suite à sa visite en France du 21 au 23 mai 2008.
Il appelle les autorités françaises « à ce que les droits de l’homme et la dignité humaine soient respectés dans l’ensemble des centres de rétention administratifs et que les conditions de vie offertes aux étrangers retenus à Mayotte soient immédiatement améliorées ». LIRE SON RAPPORT
La Défenseure des enfants dans son rapport intitulé Regard de la Défenseure des enfants sur la situation des mineurs à Mayotte, faisant suite à sa visite sur l’île du 6 au 8 octobre 2008, insiste sur l’urgence des travaux à réaliser et rappelle également le fait que les enfants, qui n’ont pas commis d’infraction, n’ont pas à être placés dans un lieu privatif de liberté. LIRE SON RAPPORT
La Cimade en fait cette description dans son rapport annuel 2007 :
« Le centre de rétention administrative (CRA) est composé de 3 pièces : l’une d’environ 60 m2 est réservée aux femmes, une autre est allouée aux hommes et mesure environ 50 m2, une troisième pièce vide au moment de notre visite servirait, nous a-t-on dit aux “regroupements” avant les départs. Au milieu du centre de rétention : une cellule de garde à vue.
Il n’y a pas de lits, les gens dorment à même le sol.
Aucun nécessaire de couchage ni aucun nécessaire de toilette, prévus dans le modèle de règlement intérieur, n’est distribué aux personnes retenues.
Aucun espace réservé aux familles n’est prévu, ni aucun espace “enfants” (pas de table à langer, pas de lit pour bébé, pas de jeux).
Et cela malgré, nous le rappelons, le nombre impressionnant de très jeunes enfants placés en rétention. »
LIRE aussi LE RAPPORT (du 15/04/2008) de la commission nationale de la déontologie et de la sécurité.
( * ) La configuration de ces lieux et leur état concordent avec la description faite du centre de rétention de Pamandzi à Mayotte par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, dans son Mémorandum daté du 20 novembre 2008, par la Commission nationale de déontologie de la sécurité dans son avis n°2007-135/2007-136 daté du 14 avril 2008, ainsi que par la Cimade dans son rapport 2007.
Pour en savoir plus
Centre de rétention de Mayotte
Amnesty International demande aux autorités françaises
de mettre un terme aux conditions de rétention, indignes et inhumaines Communiqué de presse du 18 décembre 2008