Les forces russes et syriennes doivent mettre fin aux attaques délibérées contre les hôpitaux

[15/02/2016]

Les attaques contre au moins deux centres médicaux en Syrie le 15 février 2016 s'inscrivent dans une série de frappes selon toute apparence délibérées contre des hôpitaux, des cliniques et du personnel médical, commises en violation flagrante du droit international humanitaire, a déclaré Amnesty International. 

« Les forces russes et syriennes savent très bien que les attaques délibérées contre des infrastructures médicales constituent des crimes de guerre. Toutes les parties au conflit doivent mettre un terme à ces attaques, cesser de détruire des infrastructures médicales et permettre aux professionnels de santé de poursuivre leur action vitale sans avoir peur d'être blessés ou tués dans l'exercice de leurs fonctions », a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International. 

Selon l'ONG humanitaire Médecins sans Frontières, un hôpital de campagne qu'elle soutient, situé à Maaret al Numan dans le gouvernorat d'Idlib, a été touché par quatre missiles ce matin dans le cadre de frappes aériennes menées par la Russie dans le secteur. L'hôpital est en ruines et au moins neuf civils auraient été tués, dont sept membres du personnel.  

Selon certaines informations, d'autres infrastructures médicales ont également été prises pour cibles, dont un hôpital mère-enfants, à Azaz, au nord d'Alep. Au moins un missile sol-sol, tiré semble-t-il par les forces gouvernementales syriennes, a frappé à quelques mètres à l'extérieur du bâtiment, et aurait tué au moins deux civils. 

L'ONG Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits humains) recueille des informations sur les attaques visant les professionnels de santé et les infrastructures médicales dans le cadre du conflit en Syrie. Avant les frappes de ce matin, elle avait déjà recensé 336 attaques contre des infrastructures médicales, ayant fait 697 morts parmi le personnel. On soupçonne le gouvernement syrien et ses alliés d'être responsables de la majeure partie de ces attaques.