Stop Torture : 5 pays à convaincre !

Stop Torture : 5 pays à convaincre !

[09/05/2014]

Nous continuons d'agir à l'échelle mondiale contre la torture. Amnesty International France va se pencher en particulier sur 4 pays dans lesquels cette pratique est monnaie courante et où nous pensons pouvoir obtenir des résultats non négligeables. La campagne s'articulera autour de rapports substantiels contenant des recommandations spécifiques pour chacun de ces pays.

Mexique

Au Mexique, le gouvernement affirme que les cas de torture sont exceptionnels mais, en réalité, il est fréquent que la police et les forces de sécurité pratiquent ce type de sévices, et ce sans être sanctionnées.

Miriam López Vargas, 31 ans, mère de quatre enfants, a été enlevée à Ensenada, où elle vit, par deux soldats en civil qui l'ont emmenée dans une caserne. Elle y a été détenue pendant une semaine, au cours de laquelle elle a été violée trois fois, asphyxiée et électrocutée. Ces actes avaient pour but de l'obliger à « avouer » qu'elle était impliquée dans des infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Trois ans ont passé, Miriam est aujourd’hui libre mais aucun de ses tortionnaires n'a encore été traduit en justice. Lire notre synthèse sur l'utilisation de la torture dans ce pays.

Maroc et Sahara Occidental

Au Maroc et au Sahara occidental, les autorités enquêtent rarement lorsque des cas de torture sont signalés.

Les autorités espagnoles ont extradé Ali Aarrass vers le Maroc malgré les risques qu'il y soit torturé. Des agents des renseignements sont venus le chercher et l'ont emmené dans un lieu de détention secret. Là, il affirme avoir reçu des décharges électriques dans les testicules, avoir été frappé sur la plante des pieds et avoir été suspendu par les poignets des heures durant. Les policiers l'auraient obligé à « avouer » avoir aidé un groupe terroriste. Ali Aarrass a été déclaré coupable et condamné à 12 ans de prison sur la base de ces « aveux ». Aucune enquête n'a été menée sur ses allégations de torture. Lire notre synthèse sur l'utilisation de la torture dans ce pays.

Nigeria

Au Nigeria, policiers et militaires ont couramment recours à la torture. 

Moses Akatugba avait 16 ans lorsqu'il a été arrêté par des soldats. Il a expliqué qu'ils l'avaient battu et lui avaient tiré une balle dans la main. D'après ses déclarations, il aurait été transféré sous la garde de la police et des policiers l'auraient pendu par les bras et les jambes pendant des heures dans un poste de police. Moses Akatugba affirme avoir été contraint, sous la torture, à signer des « aveux » selon lesquels il était impliqué dans un vol. Aucune enquête n'a été menée sur ces allégations. En novembre 2013, après avoir attendu le verdict de son procès pendant huit ans, il a été condamné à mort. Lire notre synthèse sur l'utilisation de la torture dans ce pays.


Justice pour Moses Akatugba, condamné à mort après des aveux obtenus sous la torture

Lors de son arrestation, le lycéen reçoit une balle dans la main et est frappé à la tête et au dos par des soldats.



Ouzbékistan

En Ouzbékistan, la torture est très répandue mais les tortionnaires sont rarement traduits en justice. Amnesty International n'est pas autorisée à entrer dans ce pays. 

Dilorom Abdukadirova a passé cinq ans en exil après que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une manifestation à laquelle elle participait de manière pacifique. À son retour, elle a été arrêtée, empêchée de voir sa famille et inculpée de tentative de renversement du gouvernement. Pendant son procès, elle est apparue émaciée et elle avait des bleus sur le visage. Sa famille est persuadée qu'elle a été torturée. Lire notre briefing sur le pays. Lire notre synthèse sur l'utilisation de la torture dans ce pays.


Liberté pour Dilorom Abdoukadirova, prisonnière d’opinion, torturée en détention

Elle a été torturée et maltraitée pendant la période de détention précédant son procès.



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Date de publication : 13 mai 2014