Egypte : La répression au plus haut depuis 30 ans

Manifestations place Tahrir 27 novembre 2012 © Matic Zorman/Demotix
Manifestations place Tahrir 27 novembre 2012 © Matic Zorman/Demotix

[11/02/2015]

A la veille des élections parlementaires en Egypte, Amnesty International s’alarme du bilan du régime d’Abdel Fatah al-Sissi, extrêmement préoccupant en matière de droits humains.
 
Depuis son arrivée au pouvoir début juillet 2013, entre 16 000 et 40 000 personnes ont été emprisonnées et nombre d'entre elles ont subi des procès inéquitables.

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Les préoccupations d’Amnesty International concernent tout particulièrement :

•    La violation des droits fondamentaux à la liberté d’expression, d’association et de réunion, notamment depuis que  la loi 107 a été votée le 26 novembre 2013. Cette loi liberticide est contraire aux normes internationales auxquelles l’Egypte a souscrit. Amnesty International demande son abrogation ou son amendement pour la rendre conforme aux normes internationales en la matière ;

•    Les arrestations arbitraires, la torture et les procès inéquitables, notamment en ce qui concerne les journalistes et les militants des droits humains. Amnesty International se réjouit de la libération du journaliste d’Al Jazeera australien Peter Greste mais s’inquiète du sort de ses collègues. Elle demande leur libération immédiate et sans conditions ;


•    Les condamnations à mort qui se succèdent en Egypte. 183 condamnations à la peine capitale ont été prononcées la semaine dernière. En un an, quelque 415 personnes ont été condamnées à cette peine. Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quelles que soient la nature du crime commis, les particularités de son auteur ou la méthode utilisée par l’Etat pour exécuter les condamnés ;

•    Dans le cadre du rassemblement pacifique qui commémorait l’anniversaire de la révolution, le 25 janvier dernier, au moins 27 personnes ont été tuées entre le 23 et le 26 janvier. Selon nos informations, les autorités égyptiennes essaieraient de dissimuler ces homicides. Le ministère public a menacé les témoins d’arrestations et au moins 500 manifestants et passants, parmi lesquels des enfants et deux personnes handicapées, sont actuellement incarcérés dans des centres de détention non officiels à travers le pays ;

•    Malgré certaines réformes, les femmes et les jeunes filles sont victimes en Egypte de violences d’une ampleur très inquiétante, tant dans la sphère privée que dans la sphère publique. Elles subissent notamment des agressions sexuelles collectives et des actes de tortures en détention ;

•    La nouvelle loi relative aux associations renforce les restrictions liées à l’enregistrement, au financement et aux activités des groupes de défense des droits humains. Cette loi est particulièrement draconienne en ce qui concerne les ONG internationales ;

•    La nouvelle loi relative à la lutte contre le terrorisme, qui donne du terrorisme une  définition exagérément large, pourrait ériger en infraction des activités relevant de l’exercice pacifique du droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association.

LIRE / TÉLÉCHARGER  LE RAPPORT

Égypte. Feuille de route pour la répression. La fin des violations des droits humains est loin d’être acquise. Extraits


Index AI : 
MDE 12/005/2014
Date de publication : 23 janvier 2014

Lire aussi la tribune de Ahmed Maher, prisonnier en Egypte parue le 10/2/2015 sur Le Plus "Égypte : je suis en prison pour avoir manifesté. La répression augmente de jour en jour"