Afrique du Sud : Noxolo Nogwaza, militante assassinée en raison de son orientation sexuelle

Des membres de l’EPOC protestent. KwaThema, juin 2011 ©EPOC
Des membres de l’EPOC protestent. KwaThema, juin 2011 ©EPOC

[28/12/2012]

Noxolo était membre du Comité d’organisation de la marche des fiertés d’Ekurhuleni (EPOC). Cette organisation vise à informer les personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexuées), à leur donner des moyens d’agir pour lutter contre les crimes de haine, le harcèlement et l’injustice grâce à des actions éducatives et de sensibilisation.
Noxolo a vécu et est morte à Kwa Thema, un township à l’est de Johannesburg, dans la province de Gauteng. Défenseure des droits des personnes LGBTI, elle était consciente des dangers de vivre son homosexualité au grand jour mais refusait de laisser le climat de peur l’empêcher de vivre comme elle l’entendait. Mère de deux jeunes enfants, c’était aussi une amatrice de football et une grande lectrice malgré le fait qu’elle ait arrêté l’école jeune.


Noxolo Nogwaza © PrivateNoxolo Nogwaza © PrivateDepuis qu’elle a été tuée en avril 2011, il semble que la police n’ait pris aucune initiative importante dans le cadre de l’enquête. De ce fait, aucune preuve majeure n’a été mise en évidence. L’enquête n’a pas avancé et aucun responsable présumé n’a été traduit en justice.
L’indifférence évidente montrée par la police dans cette enquête est révélatrice d’un climat d’homophobie présent dans la police comme dans la société. Les personnes LGBTI dénonçant des agressions à leur égard doivent souvent faire face à une « seconde victimisation » de la part des officiers de police ou des personnels médicaux. Mépris, moqueries ou pour le moins indifférence caractérisent l’attitude de la police au moment de recevoir les plaintes. Cette discrimination a mené à un manque de confiance des victimes dans la capacité et la volonté de la police de les protéger et de faire aboutir les enquêtes, et, par conséquent, à une réticence à dénoncer les agressions.

Marc Levy s'engage avec Amnesty International.
A l’occasion du Marathon 2012 il offre un texte précis, sensible et engagé sur Noxolo Nogwaza, hommage à son engagement pour les LGBT et plaidoyer contre la peur criminelle de la différence.

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Les discriminations, les violences, les crimes de haine contre les personnes LGBTI se sont banalisés en Afrique du Sud. Railleries, insultes et menaces sont monnaie courante, à tel point que de nombreuses personnes LGBTI ne les considèrent même plus comme une forme de violence à leur égard.
Depuis 2007, au moins dix cas de viols de lesbiennes suivis de meurtre ont été signalés dans des townships situés dans diverses parties du pays.