Conférence de Londres : la communauté internationale doit répondre à la crise en Syrie

Conférence de Londres sur la Syrie

[03/02/2016]

Alors que le conflit syrien entre dans sa sixième année, la souffrance quotidienne des Syriens a atteint une ampleur et une intensité inégalées. Les belligérants continuent de commettre des crimes internationaux notamment en assiégeant et en ciblant les populations civiles. 13,5 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire à l’intérieur du pays, et 4,6 millions d’autres sont réfugiées dans les pays voisins, où bon nombre d’entre elles peinent à trouver de quoi se nourrir et loger. 50 familles syriennes ont en moyenne été arrachées à leur foyer chaque heure de chaque jour depuis le début du conflit en 2011.

UN PLAN DE SOUTIEN AMBITIEUX

Les dirigeants présents à Londres cette semaine doivent s’engager à mettre en place un nouveau plan de soutien ambitieux et innovant afin de poser les bases nécessaires au rétablissement et au développement de la région. Cela doit inclure : la mobilisation de plusieurs milliards de dollars sur plusieurs années ; la mise en place de nouveaux partenariats entre gouvernements, institutions financières, secteur privé et société civile pour stimuler la croissance et créer des emplois dans les pays affectés ; et la suppression des obstacles qui empêchent les réfugiés d’accéder au marché du travail dans les pays d’accueil.
 
  Il ne suffit pas de promettre plus d’argent, la Conférence de Londres doit marquer un changement radical dans l’ampleur et l’ambition de la réponse internationale. Après 5 années de crise, il est temps d’aller au-delà d’une assistance humanitaire inadéquate et distribuée au compte-gouttes… ».
Philippe Lévêque, Directeur-General de CARE France
 
Un effort collectif colossal est nécessaire pour aider à stabiliser les économies du Liban, de la Turquie et de la Jordanie. Il faut également donner aux réfugiés syriens la possibilité de contribuer à la croissance économique en levant les restrictions au travail dont ils font l’objet et d’être ainsi acteurs de la construction d’un avenir plus pacifique. »
Claire Fehrenbach, directrice générale d’Oxfam France

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LES ÉTATS DOIVENT AGIR

L’ONU lance un appel humanitaire de 7,73 milliards de dollars pour faire face à la crise syrienne, tandis que les réponses des pays du Levant pour faire face à la crise requièrent 1,2 milliards supplémentaires. Or en 2015, l’ONU n’a pu récolter que 60% des fonds nécessaires à ses opérations. Les gouvernements présents à Londres doivent s’assurer que les Nations unies et les pays de la région reçoivent les fonds nécessaires pour venir en aide aux personnes affectées par le conflit, aujourd’hui et pour les années à venir.
 
Ce plan ambitieux ne doit pas être une  stratégie pour empêcher les flux de réfugiés vers l’Europe. Une hausse de l’aide ne dispense pas les pays non-voisins de la Syrie de leur responsabilité quant à la réinstallation des réfugiés syriens et la garantie de voies sûres et légales pour ceux qui souhaitent demander l’asile en Europe. »
Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde.
 
La coalition d’ONG appelle également les Etats à saisir l’opportunité de cette conférence pour condamner et user de leur  influence diplomatique pour mettre un terme aux principales causes de cette crise humanitaire, à savoir les attaques indiscriminées contre les infrastructures civiles, la pratique des sièges et l’obstruction de l’aide humanitaire.
 
Les scènes d’horreur auxquelles nous avons dernièrement assisté dans la ville assiégée de Madaya devraient nous pousser à agir à la fois sur le plan diplomatique et sur le plan humanitaire»
Karim Lahidji, Président de la FIDH.
 
Seules la fin des combats et une solution politique négociée mettra un terme à la souffrance que vivent les Syriens.  Ainsi, les participants à la conférence doivent ils s’assurer de la participation de la société civile syrienne à ces échanges afin de poser les fondations de l’avenir »
Bernard Pinaud, Directeur-Général du CCFD-Terre Solidaire.