La Chronique juin 2012

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Fièvres nationalistes en Europe

Le Grec Nikolaos Michaloliakos, leader de l’Aube dorée (Chryssi Aryi), savoure sa victoire. Le 6 mai, en obtenant 7 % des voix aux élections, il entre avec 21 députés au Parlement. Son programme ? Dénonciation du mémorandum d’austérité, fermeture des frontières et expulsion de tous les immigrés. Quelle que soit leur situation. Un parti révisionniste, longtemps semi-clandestin qui, depuis le début de la crise, sème la terreur, agresse les migrants, prend pour cible les journalistes et promet de se venger de tous les « traîtres ».

Si, en Europe, tous les partis nationalistes ne sont pas « néonazis », beaucoup désignent cependant l’immigration et l’islam comme boucs émissaires du chômage et de la criminalité, rejettent les « élites » ainsi que Bruxelles. Ils sont entrés dans de nombreux Parlements, comme au Danemark, en Suisse et même en Suède. Aux Pays-Bas, Geert Wilders (Parti pour la liberté), le champion autoproclamé des libertés face à « la montée de l’islamisme radical », a fait partie de la coalition au pouvoir avant de la faire éclater. Depuis une dizaine d’années, les discours bannis sont devenus « respectables ».

En France, la campagne présidentielle n’a pas été épargnée en exploitant de façon démagogique certains sujets sensibles. L’immigration ? Rétablissement des frontières et renégociation des accords de Schengen pour empêcher la France de « se diluer dans la mondialisation ». Rupture avec les traités européens sur le regroupement familial, suppression du droit d’asile consacré par le droit international. L’islam ? Intolérance et stéréotypes à l’égard de certaines pratiques religieuses (prières de rue, viande halal, port du voile). Les « élites » ? Stigmatisation des corps intermédiaires, à savoir les autorités indépendantes, le Parlement, les syndicats, les médias, le Conseil constitutionnel, qui prendraient trop de pouvoir. Sans oublier le référendum sur la peine de mort, les « IVG de confort », les fraudeurs aux prestations sociales. Les plus pauvres devenus des « assistés ».

Des discours justifiés par la crise, le chômage, l’incertitude. En novembre dernier, les Espagnols ont élu un nouveau Parlement sans députés nationalistes alors que le taux de chômage atteignait un taux record de 24,4 %, frappant un jeune sur deux. Les discours xénophobes, de rejet et de stigmatisation ne sont pas une fatalité. Juste une facilité. En France, la campagne législative bat son plein. À nous de faire campagne pour rappeler aux candidats que les valeurs fondamentales, l’égalité en droits, la justice, la dignité de chacun, ne sont pas négociables. 

Geneviève Garrigos
Présidente
15 mai 2012 

Cour Pénale Internationale