Etats-Unis : des juges dénoncent les violations des droits humains, l'administration doit agir
[12/10/2011]
Après 10 ans de guerre contre le terrorisme, et sa propagation à l’échelle mondiale, l'heure est venue de rendre des comptes, l'administration doit agir
Amnesty International a publié deux rapports : "USA : Remedy blocked again , injustice continues as Supreme Court dismisses rendition cases" index : AMR 51/044/2011, et "USA See No Evil" index : AMR 51/ 005/2011, qui mettent en lumière les nombreuses preuves existantes concernant les violations des droits humains commises par les officiels américains, depuis 2001.
Ils visent également à montrer, par un certain nombre d’exemples non exhaustifs, le fossé existant entre les verdicts de juges, reconnaissant l’utilisation de la torture ou autres abus, et l’absence d’actes effectifs par l’administration américaine, pour que les Etats-Unis s’acquittent de leurs obligations au regard du droit international.
Dans un certain nombre de situations, le rapport "See No Evil" montre comment, que ce soit sous l’administration Bush ou Obama, les autorités américaines ont cherché à faire pression sur les gouvernements étrangers des pays où des procédures judiciaires avaient été mises en œuvre à l’encontre des auteurs présumés des crimes passés. Aucune de ces procédures n’a pu aboutir du fait de ces pressions. Le secret défense est continuellement invoqué pour bloquer toute investigation indépendante et impartiale sur la torture et le programme de détention secrète de la CIA en dehors des frontières des USA, sous prétexte de protéger les relations diplomatiques.
Bien que des juges aient pu reconnaitre comme exactes les allégations de violations de droits humains dans les dossiers qui leur ont été présentés, aucun n'a, à ce jour, transféré ces dossiers aux autorités compétentes afin d'établir des enquêtes complémentaires en vue d'éventuelles poursuites judiciaires.
AI appelle les juges fédéraux à ne plus se contenter de déclarations dénonçant les violations, mais à agir conformément aux lois internationales et à obliger l’exécutif à faire face à ses obligations. L’abdication du pouvoir judiciaire face à ses responsabilités d’examiner les allégations des victimes, laisse ces dernières livrées aux caprices des branches politiques du gouvernement.












