L'Arabie saoudite ne doit pas exécuter les trois étrangers coupables d'infractions à la législation sur les stupéfiants
[16/02/2012]
Ali Agirdas, de nationalité turque, Sheikh Mastan et Hamza Abu Bakir, ressortissants indiens, risquent d’être exécutés d’un moment à l’autre après avoir été condamnés pour trafic et détention de stupéfiants. Le nombre d’exécutions a fortement augmenté dans le royaume depuis le début de l’année.
Ali Agirdas, 31 ans, a été arrêté en février 2007 à Riyadh pour trafic de stupéfiants, et a été condamné à mort par le tribunal général de la ville en juin de l’année suivante.
Sa condamnation est actuellement examinée par le Conseil judiciaire suprême, présidé par le roi. Le Conseil peut l’approuver à tout moment. Ali Agirdas n’avait bénéficié ni des services d’un avocat ni de ceux d’un interprète durant son interrogatoire et n’a été assisté par un avocat que lors de son procès en appel.
Sheikh Mastan et Hamza Abu Bakir sont actuellement incarcérés à la prison d’al Dammam, dans la province de l’Est. Ils ont été appréhendés en janvier 2004 pour détention de stupéfiants, et condamnés à mort par un tribunal d'al Dammam en juin 2006. Très peu d'éléments sont connus au sujet de leur procès, si ce n'est que leur condamnation a apparemment été confirmée en appel.
La situation de ces trois hommes est d’autant plus précaire que les autorités ont, depuis le début de l’année, ôté la vie à huit hommes, dont cinq pour des infractions liées aux stupéfiants. Deux hommes ont été mis à mort mardi 14 février – Muhammad Abdul Malak Ajjaj, un ressortissant syrien, a été exécuté à al Jouf, et Hamad bin Salem bin Muhammad al Ghabari al Yami, un Saoudien, à al Jizan.
Les infractions liées aux stupéfiants n’entrent pas dans la catégorie des « crimes les plus graves » au regard des normes internationales comme les Garanties des Nations unies pour la protection des droits des personnes passibles de la peine de mort, aux termes desquelles la peine capitale ne peut être infligée que s’il s’agit « au moins de crimes intentionnels ayant des conséquences fatales ou d’autres conséquences extrêmement graves. »
Depuis 2007, les autorités saoudiennes ont exécuté au moins 356 personnes, dont 162 étrangers.
Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances.












