Israël : Khader Adnan, prisonnier palestinien en danger de mort
[21/02/2012]
Khader Adnan, prisonnier palestinien, observe une grève de la faim depuis le 18 décembre 2011, pour protester contre son maintien en détention sans inculpation ni jugement aux mains des autorités israéliennes. Il se trouve dans un état alarmant.
Khader Adnan a entamé cette grève de la faim le lendemain de son arrestation, à son domicile en Cisjordanie occupée, pour protester contre les mauvais traitements que lui avaient fait subir des membres de l'Agence israélienne de sécurité (AIS).
Le 10 janvier 2012, un commandant militaire a signé son ordonnance de placement en détention administrative pour une durée de quatre mois. Cette ordonnance expire le 8 mai, mais peut être renouvelée indéfiniment.
Khader Adnan se trouve actuellement à l’hôpital dans le nord d’Israël. Après plus de 60 jours de grève de la faim, les médecins ont averti que sa vie était en danger imminent. Il est toujours détenu, enchaîné en permanence à son lit d’hôpital et sous surveillance constante de gardes armés.
La détention administrative est une procédure aux termes de laquelle des personnes sont incarcérées sans inculpation ni jugement pendant des périodes pouvant aller jusqu’à six mois, renouvelables indéfiniment. Cette détention bafoue constamment le droit des détenus à un procès équitable, que garantit l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).
Khader Adnan compte parmi les 309 Palestiniens actuellement placés en détention administrative par les autorités israéliennes, dont un homme incarcéré depuis plus de cinq ans et 24 membres du Conseil législatif palestinien. Des centaines de prisonniers palestiniens se sont joints à la grève de la faim de Khader Adnan.
MISE A JOUR 22/02/2012 :
La décision israëlienne de libérer Khader Adnan le 17 avril 2012 est insuffisante.
L'état de santé extrêmement préoccupant de M. Adnan requiert des soins médicaux spécialisés et sa libération immédiate. M. Adna ne représente pas une menace à la sécurité dans sa confition actuelle. Les autorités n'ont pas présenté de preuve justifiant une mise en détention prolongée.
Amnesty International continue de demander sa libération immédiate, et condamne la pratique de la détention administrative qui va à l'encontre du droit à un procès équitable, droit qui doit être appliqué pour tous les détenus, même dans les situations d'état d'urgence.
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