Corée du Nord : les autorités nient les camps, un survivant parle

Préparation des cartons de pétitions pour la fermeture des camps
Préparation des cartons de pétitions pour la fermeture des camps ©AI

[10/04/2012]

Alors que les autorités nient l’existence de ces véritables camps de concentration, Amnesty France reçoit Kim Tae-Jin, ancien prisonnier, pour alerter sur le sort de 200 000 prisonniers oubliés du monde.

Le 15 avril 2012, "Jour du Soleil", la Corée du Nord célèbrera en grande pompe le centième anniversaire de la naissance de Kim II-Sung, fondateur de la République démocratique et populaire de Corée et grand-père de l’actuel dirigeant Kim Jong-Un.
A cette occasion, AI France recevra Kim Tae-Jin, survivant du camp de prisonniers politiques de Yodok et directeur de l'organisation sud-coréenne "Free the NK Gulag", composée de survivants des camps.
Kim Tae-Jin témoignera pour la première fois en France du régime d'oppression et de terreur généralisé de la population nord-coréenne, dont les camps sont la pierre angulaire et l'expression la plus inhumaine.

Lire le témoignage de Kim Tae-Jin et comprendre ce que vivent 200 000 prisonniers

L’existence de ces camps, connus sous le nom de Kwanliso, est niée par les autorités nord-coréennes. Des images satellites rendues publiques et analysées par AI ainsi que les témoignages des survivants exilés ont révélé au grand jour cette réalité: environ 200 000 hommes, femmes et enfants vivent enfermés dans au moins six camps de prisonniers politiques. A Yodok, 50 000 personnes sont actuellement détenus sans jugement ou à la suite de procès iniques.

AI a lancé en mai 2011 une campagne internationale visant à faire connaître à l’opinion publique internationale les atrocités perpétuées dans ces camps de concentration au 21ème siècle.
AI et Free the NK Gulag demandent aux autorités nord-coréennes :

  • la reconnaissance officielle de l’existence de ces camps
     
  • leur fermeture et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et de leurs familles
     
  • des détails précis sur le sort de détenus identifiés.

Le 15 avril 2012 marque une étape importante de cette campagne

Une pétition internationale comptant près de 170 000 signatures sera remise au représentant permanent de la Corée du Nord auprès des Nations unies basé en Suisse. Pour suivre la remise de pétition, suivez nous sur twitter et facebook.
En France, Kim Tae-Jin, ancien prisonnier politique et l'un des meilleurs spécialistes actuels de ces camps, témoignera pour la première fois auprès du public français lors d'une tournée de dix jours, entre le 10 et le 20 avril, où il alternera rencontres publiques, rendez-vous médiatiques et entretiens avec les autorités françaises.

Découvrez la préparation de la remise de 165 000 signatures à l'ambassade de Corée du Nord en Suisse

 

Et la remise à l’ambassadeur de Corée du Nord

 

 


En savoir plus

  • Au total, 6 camps de prisonniers politiques ont été recensés par les organisations internationales : ces camps sont divisés en zones de contrôle total et zones de contrôle révolutionnaire. Dans les premières, les peines purgées vont de quelques mois à 10 ans. Dans les zones dites de contrôle total, hommes, femmes et enfants, par familles entières, sont condamnés à y passer le reste de leur vie dans des conditions inhumaines : travail forcé, manque de nourriture, tortures, harcèlement sexuel, voire exécutions sont le lot de toutes les personnes officiellement "disparues" : l'espérance de vie y est particulièrement basse du fait de ces privations extrêmes.
    Les camps regroupent les "opposants" au régime, coupables d'avoir écouté la radio sud-coréenne, critiqué la dynastie au pouvoir, ou encore tenté de trouver refuge dans la Chine voisine.
    Les autorités chinoises traquent et remettent systématiquement ces réfugiés à leur allié nord-coréen, les exposant, en toute connaissance de cause, à la torture, et à la mort à petit feu, quand ils ne sont pas purement et simplement exécutés à leur retour.
    Par ailleurs, selon le système de "culpabilité par association", toute personne appartenant sur trois générations à la famille d’un "opposant" est susceptible d’être emprisonné à vie. On estime qu’au moins la moitié des personnes emprisonnées dans les camps le sont par "association".
    Les images satellite analysées par AI montreraient que la population des camps s’est accrue ces dernières années. Par ailleurs, des sources concordantes ont fait état de purges et disparitions comprenant des centaines de personnes au moment de l’accession au pouvoir de Kim Jong-Un en janvier 2012.
     
  • Découvrir le site (en anglais) de notre partenaire Free the NK Gulag
     
  • Ecoutez les témoignages vidéo de survivants du camp de Yodok (en anglais)