Nouvel an persan : pour une année de liberté en Iran !

Mohammad S.Kabudvand journaliste et défenseur des droits humains est en prison
Mohammad S.Kabudvand journaliste et défenseur des droits humains est en prison depuis 2007.©DR

[28/02/2012]

La répression de la liberté d’expression en Iran s’est radicalement durcie à l’approche des élections législatives prévues le 2 mars. Dans le sillage des manifestations organisées à l’appel des dirigeants de l’opposition Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi en février 2011, les autorités iraniennes ont progressivement renforcé la répression de la dissidence en droit et en pratique, et lancé une vague d’arrestations au cours des derniers mois.

La répression de la liberté d’expression en Iran s’est radicalement durcie à l’approche des élections législatives prévues le 2 mars.
Dans le sillage des manifestations organisées à l’appel des dirigeants de l’opposition Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi en février 2011, les autorités iraniennes ont progressivement renforcé la répression de la dissidence en droit et en pratique, et lancé une vague d’arrestations au cours des derniers mois.


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La répression constante perce à jour la vacuité des déclarations de l’Iran qui a assuré soutenir les manifestations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Un nouveau rapport d’Amnesty International “We are ordered to crush you”: Expanding Repression of Dissent in Iran” décrit ces mécanismes de répression.


Les défenseurs des droits humains en première ligne

 Le fait de fonder un groupe social sur Internet, de constituer ou de rejoindre une ONG, ou d’exprimer son opposition au statu quo peut vous conduire en prison. Ce terrible constat met en lumière l’hypocrisie du gouvernement iranien qui s’efforce d’afficher sa solidarité avec les manifestants en Égypte, à Bahreïn et dans d’autres pays de la région.

Au cours des derniers mois, une vague d’arrestations a pris pour cibles divers groupes, notamment les avocats, les étudiants, les journalistes, les militants politiques et leurs proches, les membres de minorités ethniques et religieuses, les réalisateurs, et les personnes entretenant des relations avec l'international, en particulier avec les médias étrangers.

Les dirigeants de l’opposition Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi, candidats battus à l’élection présidentielle de 2009, sont placés de facto en résidence surveillée depuis février 2011. Tandis que l’épouse de Mehdi Karroubi a retrouvé sa liberté en juillet 2011, celle de Mir Hossein Mousavi, Zahra Rahnavard, est maintenue en résidence surveillée avec son mari.

À l’approche des élections parlementaires le 2 mars, la situation se dégrade

La répression cible les médias électroniques, considérés par les autorités comme une menace majeure. En janvier, un haut gradé de la police a déclaré que Google n’était pas un moteur de recherche mais un « outil d’espionnage ». Le même mois, l’unité de cyber police récemment créée a exigé des propriétaires de cybercafés qu’ils installent des caméras de surveillance et enregistrent l’identité de leurs clients avant de leur permettre d’utiliser les ordinateurs.

En février, le blogueur Mehdi Khazali a été condamné à quatre ans et demi de prison, assortis de 10 ans d’« exil intérieur », ainsi qu’à une amende, semble-t-il entre autres pour « diffusion de propagande contre le régime », « rassemblement et collusion dans l'intention de nuire à la sûreté de l'État » et « insultes envers des représentants des autorités ».


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Pour les Iraniens confrontés à ce degré de répression, il est sans doute décourageant que les discussions sur leur pays dans les cercles diplomatiques se focalisent principalement sur le programme nucléaire, au détriment des droits humains. Les pays qui traitent avec le gouvernement iranien ne sauraient négliger leurs responsabilités vis-à-vis des défenseurs des droits, des syndicalistes, des minorités et des journalistes iraniens, qui font preuve de courage.

 

 

 

Pour en savoir plus

We are ordered to crush you”: Expanding Repression of Dissent in Iran 
Index : MDE 13/002/2012 février 2012

 

 

 

 

index: Mde 13/002/2012 english