Tapis rouge pour les demandeurs d’asile !

Manifestation d'Amnesty International France devant la préfecture de police de P
Manifestation d'Amnesty International France devant la préfecture de police de Paris 18. (c) JF Dubost pour AIF

[31/03/2011]

Amnesty International France participe à un pot de bienvenue aux demandeurs d’asile pour inciter les préfectures à respecter la loi.

Le 30 mars à 8h30, le collectif Asile en Ile de France, dont AIF est membre fondateur, a déroulé un tapis rouge devant le bureau d’accueil des demandeurs d’asile de la préfecture de police de Paris et offert jus de fruit et pâtisseries à la soixantaine de demandeurs d’asile présents sur place.

Nombre d’entre eux avaient passé la nuit dehors pour espérer au matin obtenir un hypothétique rendez-vous et c’est bien ce que le collectif dénonçait par cette mise en scène : les conditions d’accueil déplorables des personnes cherchant protection et voulant demander asile.

En effet, pour celui qui arrive sur le sol français, victime de persécutions dans son pays, la France est la terre des droits de l’Homme.

Entrée des demandeurs d'asile à la préfecture de Paris 18 (c) JF Dubost pour AIFEntrée des demandeurs d'asile à la préfecture de Paris 18 (c) JF Dubost pour AIFMais, arrivé à la préfecture, les obstacles sont nombreux : 

  • Accueil indigne d’un service public de l’Etat 
  •  Limitation non justifiée du nombre de personnes admises par jour pour commencer leurs démarches d’asile en préfecture
  • Attente interminable devant la préfecture contraignant les demandeurs à dormir et s’installer devant la préfecture pendant parfois plusieurs jours
  • Absence d’information notamment en langue étrangère, même si la loi le prévoit
  • Complexité grandissante  de la procédure de demande d’asile

Loin de se remettre en question, les préfectures assument leurs pratiques.

Indigné par cette fragilisation du droit d’asile, le collectif Asile en Ile de France a donc lancé une campagne d’actions judiciaires entre le 7 et 18 mars 2011 en faveur des demandeurs d’asile empêchés d’accéder aux guichet asile des préfectures de Paris et du Val de Marne (94).

Pendant ces 15 jours, les tribunaux de Paris et de Melun ont condamné à 29 reprises les préfets de Paris et du Val de Marne pour violation du droit d’asile. Ils leur ont enjoint de convoquer sans tarder les demandeurs d’asile.